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Pas facile, la transformation de l’aluminium

Un an après s’être attelé à la tâche de doubler les activités de transformation de l’aluminium, le président-directeur général d’AluQuébec a pris la mesure du défi. Ce ne sera pas facile.

« L’objectif est de doubler la transformation. Mathématiquement, c’est intéressant. Mais si on ne s’en va pas dans la valeur ajoutée, je ne vois pas comment on peut y arriver », explique Jean-Luc Trahan en entrevue avec La Presse.

C’est très clair dans son esprit : si on fait des portes et fenêtres, il faut faire des portes et fenêtres haut de gamme. « Sinon, on va résister un certain temps, mais c’est tout. »

De consultations en visites d’entreprises, le président d’AluQuébec a aussi découvert la réalité de l’industrie de l’aluminium. Le Québec a beau être un important producteur mondial d’aluminium primaire, ses transformateurs travaillent avec des alliages importés, le plus souvent d’Asie.

C’est une question de marché, qui est trop petit, selon lui. « Ce qu’il faut qu’on fasse, c’est augmenter le nombre d’entreprises qui font de la deuxième transformation et en faire des acteurs mondiaux, dit-il. Le défi de l’industrie de l’aluminium aujourd’hui est le même que celui de l’industrie aéronautique il y a 20 ans. »

C’est aussi un défi de marketing, estime Jean-Luc Trahan. L’aluminium du Québec est un produit aux propriétés exceptionnelles, qu’on ne connaît pas vraiment et qu’on n’utilise pas assez. Il coûte plus cher, mais pas si on tient compte du cycle de vie du produit et de sa capacité d’être recyclé, précise-t-il.

AluQuébec travaille donc aussi sur le front des décideurs et des donneurs d’ouvrage, pour que l’aluminium soit considéré dans les appels d’offres, avec l’acier et le béton. Et pour que les architectes et les ingénieurs pensent à l’utiliser dans leurs projets.

Il n’y a pas encore de stratégie concertée d’utilisation de l’aluminium au Québec. « Je suis surpris de ça, mais ça veut dire qu’il y a du travail pour nous », dit le président d’AluQuébec.

Alors, le Québec réussira-t-il à doubler les revenus générés par la transformation de l’aluminium ? « Ça va être un combat de tous les instants, croit maintenant Jean-Luc Trahan. Je pourrai vous le dire dans neuf ans. »

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