Analyse

Vaincus par Dame Nature et le blitz

Hier soir, au stade Percival-Molson, la LCF a pour la première fois de son histoire mis fin à un match alors qu’il restait du temps à jouer. Parce qu’on avait franchi le milieu du troisième quart et que la menace d’orages planait toujours sur la région montréalaise, la partie entre les Alouettes et les Roughriders de la Saskatchewan a officiellement pris fin alors qu’il restait 2 min 41 s à jouer au troisième quart. Les Riders l’ont ainsi emporté 17-10.

Les deux équipes et les 16 580 spectateurs ont dû quitter le terrain et les tribunes en raison d’éclairs un peu après 21 h. Environ une heure plus tard, la Ligue canadienne a mis un terme à la rencontre et a expliqué sa décision un peu plus tard dans le communiqué qu’elle a publié.

« La décision de mettre fin au match a été prise en tenant compte du protocole élaboré conjointement par la LCF et par le conseil de gestion, composé de présidents de clubs, pour faire face aux situations où, pendant un match, la sécurité des joueurs, des officiels et des partisans peut être affectée par de mauvaises conditions météorologiques. »

La déception était vive dans le vestiaire des Alouettes.

« Nous avions le ballon au moment de l’arrêt de jeu et nous sentions que nous pouvions marquer des points. C’est très dommage. Dame Nature a donné la victoire aux Roughriders et on n’y peut rien », a résumé le porteur de ballon Jeremiah Johnson.

« J’aurais aimé qu’on continue le match. Un match dure quatre quarts et 60 minutes, mais c’est le règlement », a commenté Matthew Shiltz.

« C’est très frustrant. On sentait que c’était un match qui était loin d’être terminé. »

— Khari Jones, entraîneur-chef

Il s’agit d’une deuxième défaite crève-cœur de suite, pour les Alouettes (3-4), et elle pourrait venir hanter l’équipe dans la course aux éliminatoires. Chaque fois que cette équipe connaît une bonne séquence, la malchance la frappe.

Pipkin retiré du match

S’il y avait encore des doutes, ils ont été dissipés, hier soir : Vernon Adams fils est le quart partant de cette équipe. Jones l’a d’ailleurs confirmé après le match. « Il est effectivement notre quart-arrière », a affirmé le pilote.

À son premier départ depuis le match d’ouverture, Antonio Pipkin a connu une soirée aussi courte que difficile, hier. Il a été retiré du match au profit de Matthew Shiltz au deuxième quart.

Les malheurs de Pipkin ont commencé tôt dans la rencontre. Il n’a jamais vu Derrick Moncrief s’amener sur un blitz, ce qui a mené à un échappé. Le joueur de ligne défensive Earl Okine a pris possession du ballon et a filé dans la zone des buts pour le majeur.

Pipkin aurait également pu être victime de deux interceptions au premier quart. Une pénalité de Charleston Hughes pour l’avoir rudoyé a annulé la première, puis les officiels ont jugé que le ballon avait touché au sol avant que Moncrief ne capte le ballon sur la deuxième.

Khari Jones en avait tout de même assez vu et a procédé au changement en remettant les clés de l’attaque à Shiltz.

« C’est extrêmement décevant. J’ai joué du mauvais football ce soir. Je dois m’améliorer et retrouver mon rythme. Je pense trop actuellement et j’ai perdu confiance en mes moyens. »

— Antonio Pipkin, quart-arrière

« [Pipkin] a eu l’air chancelant à quelques reprises et je pense qu’il a perdu confiance », a estimé Jones, qui a par ailleurs annoncé que Shiltz serait probablement le partant si Adams est incapable de jouer, samedi prochain, à Calgary.

« Je pense que Vernon pourra jouer, mais il devra tout de même passer les étapes du protocole des commotions cérébrales avec succès », a indiqué Jones.

Ça s’était plutôt bien amorcé pour Shiltz. Sa première série s’est terminée avec un placement de 43 verges de Boris Bede. Les choses se sont toutefois corsées à partir de là.

Sur un jeu pratiquement identique à celui qui avait mené au touché d’Okine, Shiltz a été frappé par Cameron Judge, et cette fois, c’est le bon vieux Charleston Hughes qui a cueilli le ballon avant de filer dans la zone des buts, où il a bien sûr célébré avec sa danse de surfeur. C’était alors 16-10 en faveur des hommes en blanc et vert.

Ni Shiltz, ni le bloqueur à droite Chris Schleuger, ni personne d’autre sur le jeu n’a vu Judge quitter sa position de secondeur sur le blitz. Et il n’y avait aucun demi-offensif pour arrêter le joueur des Riders. Que cela se produise deux fois en une demie est inacceptable.

« Ce n’est pas comme s’ils avaient caché leur intention. Ils étaient en couverture zéro. Je n’ai pas assez bien préparé mes joueurs pour un tel scénario. Je vais prendre le coup sur le menton. C’est très décevant d’accorder deux touchés de cette façon », a dit Jones.

Bede rate deux fois

Les unités spéciales des Alouettes n’ont pas mis de temps à rebondir après leur désastreux match de la semaine dernière. À sa deuxième partie avec les Als, Shakeir Ryan a ouvert la marque avec un touché de 101 verges sur un retour de botté de dégagement. Puis, au deuxième quart, c’est Greg Reid qui a réussi un beau retour de 45 verges.

En revanche, Boris Bede a raté un converti d’après touché, de même qu’un placement de 37 verges. Lorsqu’un journaliste lui a demandé si le moment n’était pas venu d’envisager la possibilité de changer de botteur, Jones n’a exclu aucun scénario.

« Je ne sais pas. On doit tout regarder. On laisse trop de points sur la table dans cet aspect du jeu. »

Seize étudiants-athlètes à l’honneur

C’était la remise annuelle des bourses de la Fondation de l’athlète d’excellence du Québec (FAEQ), hier, et 16 jeunes joueurs de football ont été récompensés. Il s’agit de joueurs universitaires, collégiaux et issus d’écoles secondaires. Les 16 joueurs ont obtenu des bourses de 1000 $ des Alouettes.

« Depuis 1998, les Alouettes soutiennent la persévérance scolaire partout à travers le Québec. Ce partenariat avec la FAEQ incarne parfaitement ce volet de notre implication communautaire. Grâce à ces bourses, de nombreux athlètes pourront concentrer tous leurs efforts sur leur réussite académique et sportive », a commenté le président des Alouettes, Patrick Boivin.

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