Allemagne

« Le “quartier africain” de Berlin glorifie toujours le colonialisme allemand et ses crimes. »

— Les élus de l’arrondissement de Mitte, à Berlin, dans un texte préconisant de changer les noms de quatre rues du secteur surnommé « quartier africain ». La Ville va rebaptiser plusieurs rues rappelant la colonisation allemande en Afrique et honorer à la place des militants africains de l’indépendance, une nouvelle étape dans la prise de conscience tardive du pays sur son passé colonial. (AFP)

Affaire Skripal

L’analyse de Londres sur la nature du poison est confirmée

L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a confirmé hier les conclusions de Londres sur la nature du poison utilisé contre un ex-espion russe et sa fille en Angleterre, suscitant immédiatement le scepticisme de Moscou. La substance chimique est d’une « grande pureté », a-t-elle précisé, sans toutefois aller jusqu’à établir des responsabilités. Londres réclame du coup une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU pour discuter de ces résultats, réunion qui devrait se tenir mercredi. Le gouvernement britannique avait désigné la substance comme un agent neurotoxique de type militaire de la famille Novitchok, de conception soviétique, et tenu Moscou responsable de l’attaque contre l’ex-agent double russe Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Ioulia, le 4 mars à Salisbury. Aussitôt après l’annonce de l’OIAC, Moscou a exprimé son scepticisme : « La Russie ne croira pas sur parole les conclusions dans l’affaire Skripal, tant que ses experts n’auront pas obtenu l’accès aux échantillons des analyses mentionnées dans l’expertise de l’OIAC », a déclaré la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova.

— Agence France-Presse

Journalistes équatoriens enlevés

Le président évoque une « situation critique »

Le président de l’Équateur Lenín Moreno, arrivé hier à Lima pour participer au Sommet des Amériques, a annoncé qu’il rentrait immédiatement à Quito en raison d’une « situation critique » relative à l’équipe de journalistes détenus par des guérilleros colombiens. « J’ai décidé de rentrer immédiatement en Équateur en raison de la situation critique que nous vivons en ce moment », a écrit M. Moreno sur son compte Twitter. « Je rentre pour être avec les proches de Javier, Paul et Efrain », a ajouté le président équatorien. Le reporter Javier Ortega, le photographe Paul Rivas et le chauffeur Efrain Segarra, qui travaillent pour le quotidien El Comercio de Quito, ont été enlevés le 26 mars lors d’un reportage à la frontière entre l’Équateur et la Colombie. Ils ont été capturés par des dissidents de l’ancienne guérilla colombienne des FARC liés au trafic de drogue. Une grande inquiétude a été suscitée hier en Équateur par la diffusion de photos qui sont en cours d’analyse et qui concerneraient les otages colombiens.

— Agence France-Presse

Birmanie

Facebook critiqué comme vecteur de haine

En Birmanie, Facebook est critiqué pour le rôle qu’il a joué comme vecteur de haine interreligieuse, notamment dans la crise des Rohingya, dans un pays marqué par un fort nationalisme bouddhiste antimusulman.

Être un vecteur de haine religieuse « est dangereux et ils doivent prendre leurs responsabilités », lance Htaike Htaike Aung, à la tête de l’ONG MIDO, signataire avec cinq autres organisations d’une lettre ouverte à Mark Zuckerberg, début avril.

Les statuts haineux que ces ONG signalent régulièrement à Facebook sont retirés en moyenne au bout de deux jours, ce qui leur laisse le temps de devenir viraux sur Facebook, le réseau social de loin le plus populaire en Birmanie.

Des attaques de rebelles musulmans rohingya en août 2017 ont donné lieu à un déferlement de haine, contre les musulmans, mais aussi contre la communauté internationale, l’ONU estimant que l’exil de 700 000 Rohingya est le résultat d’un nettoyage ethnique.

L’ONU a montré du doigt le rôle de Facebook dans la diffusion de la haine anti-Rohingya.

Le 12 mars, la rapporteuse spéciale de l’ONU pour la Birmanie, Yanghee Lee, avait ainsi estimé que Facebook avait incité à « beaucoup de violence et de haine contre les Rohingya et d’autres minorités ethniques ».

Réponse de Mark Zuckerberg

Marzuki Darusman, qui a dirigé une mission d’enquête de l’ONU en Birmanie, estime de son côté que « les discours de haine et les incitations à la violence y sont fréquents sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook ».

Les dirigeants de Facebook essaient de « mieux comprendre les défis propres » à la Birmanie, assure Zuckerberg dans un courriel envoyé aux six ONG birmanes dès le lendemain de leur lettre ouverte.

Le PDG de Facebook y assure que le service birman de Facebook va être renforcé afin de pouvoir retirer les contenus haineux plus vite.

Dans ce pays qui était fermé au monde extérieur jusqu’à l’autodissolution de la junte en 2011, même le gouvernement de la Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi et le chef de l’armée, le général Min Aung Hlaing, utilisent largement Facebook pour leur communication officielle. La première est suivie par 2 millions de personnes, le second, par 1,3 million.

— Agence France-Presse

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