MBA

Un diplôme moins exclusif, mais plus global

L’Association des MBA du Québec (AMBAQ) a été fondée en 1973. Si la maîtrise en administration des affaires était un programme relativement exclusif il y a 46 ans, sa popularité a éclaté depuis. Le président de l’AMBAQ, Luc Bisaillon, témoigne de son évolution.

Quelle était la perception des MBA dans les années 70 ?

C’était un programme plus exclusif, à temps plein et un peu plus général. Il s’adressait surtout à des cadres en exercice pour les amener au prochain niveau de leur carrière. On devait respecter un préalable d’années de travail, généralement 10, avant de faire un MBA.

Pourquoi désiriez-vous un MBA au début des années 90 ?

J’étais directeur de comptes pour les entreprises à la Banque Royale. Je me disais que si je voulais gagner de l’expérience en tant que gestionnaire, j’avais besoin de plus de connaissances et de compétences qui devaient être développées au niveau universitaire. J’ai aussi réalisé à quel point c’était un moyen extrêmement efficace de bâtir un réseau de contacts important, des compétences organisationnelles, une meilleure gestion du temps, des priorités et des urgences. Pour moi, c’était un mouvement naturel.

Je l’ai fait à temps partiel durant cinq ans à l’Université Concordia. J’étudiais les soirs et les week-ends, sans manquer le travail, contrairement aux étudiants d’aujourd’hui qui peuvent souvent partir le vendredi pour étudier. En plus, durant ces années-là, j’ai changé de poste deux fois, avec tout l’apprentissage que ça implique. Heureusement, j’ai eu beaucoup de soutien de mon employeur.

Quels sont les principaux changements aux MBA depuis votre diplomation ?

Le marché est rendu global. Les gens sont très mobiles, avec tous les étudiants étrangers qui viennent au Québec et les Québécois qui s’exilent. On offre des MBA trilingues. Certains étudiants font des sessions dans plusieurs pays durant deux ans. Des partenariats sont ratifiés avec la Chine. Je dirais aussi que les programmes sont plus adaptés aux agendas des gens, qu’il y a plus de spécialisations offertes et que le MBA offre désormais une formation continue, avec des conférences et des liens entre les diplômés et leurs universités.

Les MBA sont-ils plus populaires qu’avant ?

Les déclinaisons de programmes se sont multipliées par quatre depuis 10 ans. Il y a maintenant des programmes à distance, des programmes conjoints entre les universités, des programmes en plusieurs langues et des programmes exécutifs intensifs. Il faut s’adapter à la demande, selon la culture des gens et l’accessibilité au contenu. Je crois aussi que l’offre est plus invitante qu’avant. On attire énormément d’étudiants étrangers, des Asiatiques en particulier, mais aussi beaucoup d’Américains. Aussi, j’ai tendance à croire qu’il y a une augmentation naturelle chez les Québécois. Les MBA sont présents dans plusieurs sphères de l’économie.

À quoi ressemble l’avenir des MBA ?

Plutôt que de se fier à un enseignement plus traditionnel qui revient d’une année à l’autre, il faudra être capable de montrer aux étudiants comment gérer dans des environnements qui changent rapidement, avec les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle.

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