Quelques controverses récentes

15 JUIN

L’administration Trump admet avoir séparé quelque 2000 enfants migrants de leurs familles à la frontière américano-mexicaine depuis la mi-avril. Les images de bambins emprisonnés dans des cages sèment l’émoi un peu partout dans le monde.

11 JUILLET

Donald Trump crée la controverse au sommet de l’OTAN à Bruxelles. Il multiplie les critiques à l’égard des alliés des États-Unis, ciblant en particulier l’Allemagne, qui serait selon lui « prisonnière » de la Russie.

16 JUILLET

Selon plusieurs analystes, un tournant dans la présidence de Donald Trump. Après une rencontre avec Vladimir Poutine à Helsinki, il louange le dirigeant autoritaire et nie l’ingérence russe dans l’élection présidentielle de 2016.

20 JUILLET

Des enregistrements de Donald Trump effectués par son ancien avocat Michael Cohen révèlent leur intention de verser 150 000 $ à une ex-maîtresse du président, la playmate Karen McDougall, pour acheter son silence.

26 JUILLET

Des représentants de l’administration Trump interdisent à une journaliste de CNN l’accès à une conférence de presse. Le président accentue en parallèle ses critiques à l’endroit des médias, qu’il qualifie d’« ennemis » du peuple américain.

5 AOÛT

Donald Trump admet que son fils Donald Jr. a bel et bien rencontré une avocate russe avant l’élection présidentielle de 2016 en vue d’obtenir des informations sur son adversaire Hillary Clinton. Il qualifie cette rencontre de légale et accuse encore une fois les « fake news ».

ÉDITORIAL

ÉLECTION PARTIELLE EN OHIO
Un sérieux avertissement pour Trump

Serait-ce sa performance embarrassante aux côtés de Vladimir Poutine ? Ses discussions secrètes sur un paiement destiné à faire taire son ancienne maîtresse ? La séparation de familles de réfugiés à la frontière mexicaine ? Ou tout simplement son attitude générale, de plus en plus vindicative à l’égard des médias et de ses adversaires ?

Qu’importe la cause profonde, une chose est sûre : Donald Trump vient de recevoir un sérieux avertissement de la part de ses électeurs en Ohio. Un avertissement qui laisse présager une véritable vague démocrate au scrutin de mi-mandat du 6 novembre prochain.

L’élection partielle tenue avant-hier à Columbus aurait pourtant dû être une formalité. Le Parti républicain domine cette circonscription de façon ininterrompue depuis trois décennies. Mieux, le candidat choisi par Donald Trump bénéficiait d’une avance confortable de 10 points sur son rival démocrate il y a quelques semaines à peine.

La multiplication récente des frasques du président semble toutefois avoir refroidi les électeurs. Les résultats sont si serrés – moins de 1 % d’écart – qu’aucun gagnant n’a encore été déclaré officiellement en Ohio. À la dernière élection, les républicains avaient remporté la circonscription par une marge de 11 points.

Donald Trump n’a pas attendu le score final pour déclarer victoire en Ohio, mardi soir. Mais qu’importe si les républicains gagnent ou perdent, le président se retrouve aujourd’hui affaibli.

Vent démocrate

La déconvenue subie dans le 12e district de l’Ohio donne un avant-goût de la dégelée que pourraient subir les républicains dans trois mois. Les 435 sièges de la Chambre des représentants seront remis en jeu aux élections de mi-mandat, de même que le tiers des sièges du Sénat et les postes de gouverneur dans 36 États.

Donald Trump prédit une « vague rouge », mais les prévisions lui donnent tort, du moins à la Chambre des représentants. Plusieurs analystes s’attendent à ce que les démocrates arrachent assez facilement aux républicains les 23 sièges requis pour gagner le contrôle de la Chambre.

La bataille sera chaudement disputée. Des milliards seront dépensés dans la campagne électorale lors des trois prochains mois. Donald Trump tweetera allègrement, et il promet de se faire voir sur le terrain dans les circonscriptions les plus serrées.

3,8 milliards US

Somme totale dépensée lors des dernières élections de mi-mandat, en 2014

Les agissements du président seront scrutés de plus près que jamais – et ils risquent fort d’avoir une influence majeure sur l’issue du scrutin. « Peu importe les enjeux qu’on va mettre de l’avant, ce sera vraiment un référendum sur Donald Trump », nous a fait remarquer Christophe Cloutier-Roy, chercheur à l’Observatoire sur les États-Unis de l’UQAM.

Le Canada dans tout ça ?

Si le raz-de-marée démocrate se produit à la Chambre des représentants, l’administration Trump perdra une bonne partie de sa marge de manœuvre pour appliquer son programme législatif. Les ardeurs du président seront refroidies, mais ceux qui fantasment sur une procédure de destitution ne devraient pas avoir trop espoir, avertissent les experts.

Pour le Canada, une Chambre des représentants à majorité démocrate ne constituerait pas non plus un cadeau tombé du ciel. La renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), l’un des principaux points de litige entre Ottawa et Washington, ne sera pas réglée par magie à la suite de ce revirement. Loin de là.

Le Parti démocrate s’est souvent montré assez réticent au libre-échange – et à l’ALENA –, à tel point que Trump pourrait trouver un allié inattendu dans sa bataille si le dossier n’est pas réglé d’ici là.

Dans le torrent d’attaques et de révélations scabreuses qui risquent de fuser d’ici au 6 novembre, un élément positif ressort. Un nombre record de femmes tenteront de se faire élire à la Chambre des représentants (183) et à des postes de gouverneur (11).

Une statistique qui laisse présager, peut-être, un ton un peu moins agressif à Washington pour les deux années restantes du mandat de Donald Trump.

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