OPINION 


Un succès d’estime

Le temps joue en faveur du Canada, qui a su obtenir l’appui de la France et de ses alliés européens

Contrairement aux nouvelles véhiculées dans les médias, je crois que le G7 fut un succès d’estime pour la notoriété de notre pays et ouvre la voie au retour du Canada au niveau international.

Pourquoi ? Parce que, pour une fois, le Canada n’était pas à la remorque de son puissant voisin américain. Notre premier ministre, Justin Trudeau, a su garder son calme malgré les attaques et les insultes du président américain. 

Tout le monde comprend maintenant que le respect des valeurs de coopération et des règles de droit du commerce international n’est pas la priorité de la Maison-Blanche.

Grâce à une diplomatie efficace, Justin Trudeau et son équipe ont eu un succès en obtenant 3,8 milliards des pays membres du G7 pour l’éducation des filles dans les pays en situation de conflit. Une priorité qui m’interpelle particulièrement étant le père d’une jeune adolescente.

Ma perception du Sommet du G7, c’est que le président Trump a tout fait pour obtenir l’attention des médias américains en tentant de le faire dérailler avant, pendant et après.

Pourquoi ? Parce qu’il est obsédé par les élections américaines de mi-mandat au mois de novembre prochain, et qu’il utilise toutes les tribunes pour humilier ses partenaires commerciaux sous prétexte de défendre et protéger avant tout l’économie et les emplois américains.

À l’instar de l’ex-premier ministre Jean Chrétien, qui a su résister au président George W. Bush en refusant de s’impliquer dans la guerre en Irak, déclenchée sous de faux prétextes, le premier ministre Trudeau doit résister au chantage économique et politique de la présidence américaine, du moins jusqu’aux élections de mi-mandat, afin de valider si le peuple américain appuie ou non son président dans ses politiques commerciales et diplomatiques.

Le temps joue en faveur du Canada, qui a su obtenir l’appui de la France et de ses alliés européens lors du G7.

Nous verrons d’ici quelques mois si la stratégie d’humiliation et de provocation du président américain a porté ses fruits lors de son passage à La Malbaie.

Entre-temps, cette stratégie a permis contre toute attente à consolider nos alliances internationales. Ça n’a pas de prix, surtout dans le contexte où le Canada aspire à redevenir membre du Conseil de sécurité de l’ONU. Par conséquent, je parie que le Canada et le premier ministre Justin Trudeau ont marqué des points lors du sommet du G7. Ce succès d’estime pourra être payant à plus ou moins long terme.

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