Réfection des toilettes du parc La Fontaine

Un contrat accordé au conjoint d’une fonctionnaire tourne au cauchemar

Le Bureau de l’inspecteur général (BIG) annonce la résiliation d’un contrat de réfection des toilettes publiques du parc La Fontaine. Une enquête a révélé qu’une employée de la Ville avait aidé son conjoint designer à remporter ledit contrat, marqué par une hausse de coûts substantielle et un retard de sept mois.

Manque de franchise, apparence de conflit d’intérêts, désinvolture : l’inspectrice générale Brigitte Bishop n’est pas tendre envers les personnes impliquées dans le projet.

« On ne saurait tolérer qu’un soumissionnaire ou un cocontractant bénéficie d’un avantage indu à l’égard de la compétition en vertu d’un lien personnel existant avec une personne ayant participé à l’élaboration des documents de soumissions », souligne-t-elle.

un designer exigé

En 2017, la Ville de Montréal a lancé un projet de rénovation du chalet-restaurant du parc La Fontaine. Le projet incluait la réfection des toilettes publiques et de la salle des patineurs.

L’architecte paysagiste responsable du dossier au sein de l’appareil municipal, Louise Blanchet, s’était montrée insatisfaite du concept proposé par la firme d’architecture responsable des plans. La fonctionnaire estimait que la proposition ne respectait pas le caractère patrimonial du bâtiment, selon l’enquête. Elle a donc proposé de s’adjoindre les services d’un designer d’intérieur, malgré l’opposition de plusieurs autres intervenants impliqués dans le projet.

Divulgation d’informations

Comme le contrat était estimé à moins de 25 000 $, la Ville n’a pas procédé à un appel d’offres public pour trouver un designer : elle s’est contentée de solliciter directement quatre firmes, dont la firme Desjardins Bherer, qui appartient à Marc Bherer, le conjoint de la fonctionnaire.

L’enquête a révélé que les trois autres firmes ne possédaient pas l’expertise requise. C’est donc bien évidemment le conjoint de la fonctionnaire qui a remporté le contrat.

L’architecte paysagiste de la Ville aurait même révélé des informations privilégiées à la firme de son conjoint au sujet du contenu d’un addenda au contrat qui n’était pas encore public.

« Portrait trompeur »

L’architecte paysagiste a divulgué son lien avec la firme de design aux autorités municipales, mais sa divulgation donnait un « portrait trompeur » de son implication dans le dossier, selon le BIG. Elle présentait son rôle comme étant secondaire, périphérique, alors qu’elle était aux commandes du projet. Le président de la firme, lui, a carrément passé ce lien sous silence dans sa soumission.

En fin de compte, l’entrée en scène du conjoint de la fonctionnaire s’est soldée par une hausse de coûts de 340 000 $ et un retard de sept mois dans la fin des travaux, précise le rapport.

La résiliation ordonnée par l’inspectrice générale signifie que même si les travaux sont terminés, la firme de design ne pourra recevoir les paiements qui restaient versés par la Ville.

Le BIG recommande aussi l’ajout de la firme à la liste noire des entreprises inadmissibles aux contrats publics, pour une période d’un an.

La Ville n’a pas souhaité réagir dans l’immédiat aux conclusions du BIG. « Le rapport a été remis au Contrôleur général, qui est en train de faire son analyse. Entre temps, les employés impliqués sont absents pour une durée indéterminée. Nous allons attendre les recommandations du contrôleur », indique une déclaration envoyée par le cabinet de la mairesse Valérie Plante.

Montréal

Fini la « course du déneigement » entre les arrondissements

Montréal veut mettre fin au «  derby du déneigement  », qui nuit à la qualité du travail d’enlèvement de la neige, et accorder plus de flexibilité aux arrondissements pour décréter des opérations de chargement sur leur territoire.

« L’hiver prochain, c’est fini, le derby du déneigement, quand on déclenche [l’opération de chargement] et qu’on part une course pour savoir qui finit en premier. La priorité, c’est vraiment la qualité d’exécution sur le terrain », a souligné le responsable du déneigement au comité exécutif de la Ville de Montréal, Jean-François Parenteau, en annonçant, hier, des changements à la politique municipale sur cet enjeu.

Les arrondissements auront dorénavant la latitude, deux fois pendant l’hiver, d’entreprendre le chargement de la neige sur leur territoire s’ils le jugent nécessaire, même si la ville-centre ne décrète pas d’opération déneigement – normalement après une accumulation de 10 à 12 centimètres.

Selon M. Parenteau, les décisions relatives au déneigement doivent demeurer du ressort de la ville-centre, pour assurer une harmonisation des services partout à Montréal. Il estime que les changements annoncés répondent aux préoccupations des élus de certains arrondissements, insatisfaits l’hiver dernier de la fréquence des opérations de chargement de la neige.

« redonnez-nous nos budgets »

Ce n’est pas l’avis du maire de l’arrondissement d’Anjou, Luis Miranda, qui demande toujours que la responsabilité du déneigement revienne entre les mains des administrations locales.

« Redonnez-nous nos budgets comme on avait avant, indexez-les, et laissez-nous fonctionner, a-t-il demandé en point de presse. Je suis d’accord pour qu’on ait des critères à respecter, mais ce n’est pas nécessaire de tout centraliser. »

« D’un arrondissement à l’autre, les besoins peuvent être très différents, ça peut être plus froid dans l’Est que dans l’Ouest. »

— Luis Miranda, maire de l’arrondissement d’Anjou

L’hiver dernier, le maire d’Anjou s’était excusé auprès des citoyens de son arrondissement pour le mauvais déneigement des rues, en blâmant l’administration de Valérie Plante pour l’état déplorable des chaussées.

La ville-centre avait refusé la demande de l’arrondissement, qui voulait entreprendre en novembre une opération de chargement de la neige. Luis Miranda avait souligné que si c’était à refaire, il aurait défié l’administration centrale.

La possibilité de mener deux opérations de déneigement supplémentaires, sans l’avis de la ville-centre, n’est pas suffisante pour assurer une meilleure qualité des services, selon lui.

Ces changements ne changent rien à l’insuffisance systématique des budgets attribués au déneigement, souligne aussi Lionel Perez, chef de l’opposition à l’hôtel de ville.

« On parle de l’impact des changements climatiques, mais il n’y a pas eu d’augmentation du budget depuis deux ans, ce qui est incohérent », affirme-t-il.

Les changements à la politique de déneigement devront être approuvés aujourd’hui par les élus municipaux, alors que se poursuivra l’assemblée du conseil commencée hier.

Les élus devront aussi approuver une hausse de 15 % des coûts pour une trentaine de contrats liés à l’enlèvement de la neige. Pour la valeur totale de ces contrats – 100,2 millions –, les frais supplémentaires atteignent 15,6 millions.

Montréal

Les élus inaugurent leur hôtel de ville temporaire

Les élus municipaux de Montréal inauguraient hier leur nouvelle maison temporaire, juste à côté de l’hôtel de ville, qui recevra une cure de rajeunissement au cours des trois prochaines années. Pour la première fois, l’assemblée du conseil municipal avait lieu dans l’édifice patrimonial Lucien-Saulnier, ancien palais de justice construit entre 1851 et 1857, qui accueillait auparavant d’autres services municipaux. Les 65 élus y siégeront jusqu’à l’été 2022. L’édifice a été rénové au coût de 9,6 millions pour recevoir, de façon temporaire, le bureau de la mairesse, ceux des autres élus ainsi que certains services municipaux, en plus des assemblées publiques. Le coût des rénovations à l’hôtel de ville, d’abord estimé à 116,4 millions, pourrait atteindre 139,6 millions, étant donné les analyses et les expertises qui restent à effectuer.

— Isabelle Ducas, La Presse

Actualités

Montréal appelle Québec à maintenir l’aide alimentaire aux élèves défavorisés

Le conseil municipal de Montréal demande à Québec de maintenir l’aide alimentaire distribuée dans les écoles aux élèves défavorisés, pour que les jeunes dans le besoin y aient accès, peu importe où ils vivent. « La pauvreté à Montréal est peut-être moins concentrée qu’avant dans certains quartiers, mais elle est toujours présente », a souligné la conseillère municipale Nathalie Goulet. « Il y a une gentrification du quartier, mais les plus pauvres n’ont pas disparu », a renchéri Pierre Lessard-Blais, maire de l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve. Les élèves de quatre écoles de l’arrondissement sont menacés de perdre l’aide alimentaire parce que le revenu moyen du secteur a augmenté, a-t-il souligné. Dans toute la ville, les changements à la « carte de la défavorisation » feraient en sorte de priver d’aide alimentaire 25 000 enfants dans une trentaine d’écoles, alors que rien ne permet de conclure que la pauvreté est moins présente.

— Isabelle Ducas, La Presse

Montréal

« What the fuck ! », lance Ferrandez en plein conseil municipal

Le maire de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, a utilisé le terme « fuck » en pleine séance du conseil municipal, hier, le même qui lui avait valu des remontrances à la fin du mois d’avril, après un commentaire sur Facebook. Le bouillant élu s’est énervé en répondant à une question du conseiller de l’opposition Aref Salem sur la revitalisation de la rue Saint-Denis. Le conseiller Salem soulignait que le taux d’inoccupation des commerces de cette artère atteint 25 % et que les commerçants se plaignent de ne pas être écoutés par l’administration municipale. Piqué au vif, le maire Ferrandez a rappelé que son confrère faisait partie de l’administration de l’ancien maire Denis Coderre, qui avait réalisé les travaux d’infrastructure de la rue Saint-Denis à l’époque sans en modifier l’aménagement pour la rendre plus agréable et conviviale. « Vous étiez au pouvoir, M. Salem ! Rappelez-vous, j’étais allé vous voir en disant : “What the fuck, Aref, esti ! Tu refais la rue à l’identique, ça n’a pas de bon sens !” [...]. » La présidente du conseil, Cathy Wong, est intervenue pour souligner le vocabulaire inapproprié utilisé par M. Ferrandez. — Isabelle Ducas, La Presse

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