Tabac

British American Tobacco tranche dans ses effectifs

Le fabricant britannique de cigarettes British American Tobacco (BAT) va supprimer 2300 emplois afin de répondre aux bouleversements d’un secteur devant composer avec l’essor des cigarettes électroniques, mais a assuré que le siège social canadien de Montréal serait peu touché par les compressions.

Le groupe, l’un des poids lourds mondiaux, qui, comme ses concurrents, fait face à la baisse inexorable des volumes vendus de cigarettes traditionnelles, a dévoilé hier ce plan de restructuration qui concerne l’ensemble de ses activités dans le monde et doit s’achever d’ici janvier 2020.

Les suppressions d’emplois prévues représentent près de 5 % des effectifs totaux du groupe, qui compte quelque 55 000 salariés dans le monde.

Imperial Tobacco Canada, dont le siège social est situé dans le quartier Saint-Henri à Montréal, compte quelque 500 employés partout au pays. Les suppressions d’emplois annoncées sont une « initiative à l’échelle internationale dont les conséquences seront moindres au Canada », a assuré la porte-parole de l’entreprise, Kataryna Wnek, dans un courriel envoyé à La Presse.

BAT, connu pour ses marques Lucky Strike, Dunhill, Kent et Rothmans, précise qu’il entend simplifier son organisation et compter moins de niveaux hiérarchiques. Les réductions d’effectifs porteront ainsi sur environ 20 % des postes à responsabilité.

Le groupe dit vouloir mieux accompagner les nouveaux modes de consommation, au moment où les populations des pays développés ont tendance à réduire leur consommation de cigarettes, et faire des économies pour investir davantage dans les nouveaux produits du type cigarettes électroniques.

Cette restructuration est la première mesure d’ampleur prise par le nouveau directeur général Jack Bowles, en poste depuis avril dernier.

« Mon objectif est de changer les choses pour faire croître la catégorie des nouveaux produits et de simplifier significativement notre manière de travailler tout en assurant un retour sur investissement de long terme pour nos actionnaires », explique le patron de BAT dans le communiqué.

Fusion géante

Il ajoute que ce plan devrait permettre au groupe d’atteindre plus facilement son objectif d’un chiffre d’affaires de 5 milliards de livres d’ici 2023-2024 dans les nouveaux produits.

Le marché a semblé apprécier la nouvelle. Le titre du groupe a pris 1 % à 30,73 livres sterling (49,88 $CAN) à la Bourse de Londres.

BAT n’est pas le seul à tenter de réagir dans un secteur où les cartes sont rebattues afin de trouver la parade face au déclin de la cigarette traditionnelle.

L’actuel numéro trois mondial des cigarettes, Japan Tobacco, avait annoncé début septembre une vaste réorganisation de ses fonctions administratives en dehors du Japon, qui devrait affecter 3720 salariés, soit 6 % du total de ses effectifs.

Surtout, fin août, deux des plus grands cigarettiers mondiaux, Philip Morris International et Altria, ont dévoilé des pourparlers pour fusionner à nouveau face à l’inexorable chute des ventes de cigarettes, dix ans après leur séparation.

BAT, sous l’ère de Nicando Durante, prédécesseur de M. Bowles, avait quant à lui notablement accru sa présence aux États-Unis avec l’acquisition de Reynolds American, bouclée à l’été 2017 pour près de 50 milliards de dollars.

Cette acquisition a permis à BAT non seulement de prendre sous son égide les marques Camel et Newport, mais aussi de devenir un acteur majeur de la cigarette électronique.

Revue boursière

Optimisme sur Wall Street

La Bourse de New York a terminé en petite hausse hier, portée par l’espoir d’avancées dans les négociations sino-américaines après des gestes de bonne volonté des deux parties et les mesures de soutien de la Banque centrale européenne. Les trois grands indices de Wall Street ont été aidés par l’impression que « le processus de négociations entre les États-Unis et la Chine devient un peu plus fluide », estime Art Hogan de National Securities.

Traitement dentaire

Dure entrée en Bourse pour SmileDirectClub

Le spécialiste du redressement et du blanchiment des dents SmileDirectClub, qui propose des appareils d’orthodontie à prix réduit, a levé plus de 1,3 milliard de dollars, hier, à l’occasion de son entrée à la Bourse de New York. Le prix d’introduction de l’action a été fixé à 23 $, au-dessus des prévisions initiales de l’entreprise qui misaient sur une fourchette comprise entre 19 et 22 $. L’action a toutefois reculé de 27,52 %, ou 6,33 $, pour clôturer à 16,67 $. Le groupe n’est pas encore bénéficiaire : pour un chiffre d’affaires de 423 millions en 2018, il a encaissé une perte nette de 75 millions. — Agence France-Presse

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