ATTENTAT DE NEW YORK

Un avis de recherche envoyé à des millions de personnes

Le message est arrivé simultanément sur des millions de téléphones cellulaires, hier, aux États-Unis : un certain Ahmad Khan Rahami, principal suspect de l’attaque à la bombe survenue samedi à New York, était recherché par la police. Ce message provenait d’un système d’alertes d’urgence du public spécifique aux équipements mobiles (WEA, pour Wireless Emergency Alerts) dont le but est d’avertir les populations d’une région donnée d’un danger imminent. Explications.

Comment cela fonctionne-t-il ?

Les autorités autorisées à le faire transmettent leur message d’alerte à la Federal Emergency Management Agency (FEMA), l’agence chargée de coordonner la réponse du gouvernement fédéral aux situations d’urgence, qui le transmet à son tour aux opérateurs téléphoniques. Ceux-ci l’envoient à tous leurs clients dont le téléphone est compatible avec la technologie WEA et qui se trouvent dans la région concernée.

À quoi ressemble ce type d’alerte ?

L’alerte contient un texte qui ne dépasse pas 90 caractères, accompagné d’un signal sonore et d’une vibration pour permettre à tous les utilisateurs, y compris ceux qui sont sourds et aveugles, d’être avertis du danger. Si un téléphone est en mode « silencieux », son propriétaire recevra l’alerte, mais le signal sonore ne se fera pas entendre. L’alerte précise l’organisation de qui elle provient, décrit brièvement ce qu’il se passe et indique qui est concerné et ce qu’il est conseillé de faire. L’alerte disparaît quelques minutes après son apparition.

Si je voyage aux États-Unis, vais-je recevoir ces alertes sur mon téléphone canadien ?

Oui. Les alertes sont diffusées par les tours de transmission qui se trouvent dans la zone concernée. Ainsi, tous les téléphones qui y sont connectés les reçoivent, y compris les appareils en itinérance, à condition qu’ils soient compatibles avec la technologie WEA.

Quels types d’alertes peut-on recevoir ?

Le système prévoit l’envoi d’alertes concernant des menaces imminentes, comme des catastrophes naturelles ou des attentats, ainsi que des « alertes AMBER » dans le cas d’enlèvements d’enfants. Il peut aussi relayer des alertes provenant de la présidence des États-Unis. Le système WEA a été mis en place en 2012, mais c’était la première fois, hier, qu’il était utilisé en matière de terrorisme. Le maire de New York, Bill de Blasio, s’est dit « persuadé » que l’alerte avait été « très utile », sans fournir davantage de détails.

Peut-on bloquer ces alertes ?

Partiellement. Il est possible de bloquer les alertes pour des menaces imminentes ou des enlèvements d’enfants, mais pas celles provenant de la présidence des États-Unis.

Les alertes sont-elles payantes ?

Non, elles sont gratuites.

En quoi ces alertes sont-elles spéciales ?

Il ne s’agit ni d’un message texte ni d’une alerte transmise par une application mobile. Les alertes WEA utilisent une technologie spécifique, ce qui permet de les transmettre instantanément, même si le réseau cellulaire est saturé, comme ça peut être le cas lorsque surviennent des événements importants.

Un tel système existe-t-il au Canada ?

Il est en développement. L’actuel Système national d’alertes au public (SNAP) diffuse des alertes essentiellement aux médias afin qu’ils les retransmettent, ainsi qu’aux citoyens qui en font la demande. Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) mène toutefois actuellement des consultations afin de « savoir s’il faut exiger des fournisseurs de services sans fil qu’ils participent au [SNAP], ce qui permettra de veiller à ce que les Canadiens reçoivent promptement des avertissements de dangers imminents à la vie et aux biens sur leur appareil mobile ».

Est-ce que ce système serait comme le système américain ?

Le CRTC cherche justement à déterminer la meilleure technologie à utiliser. Un projet-pilote est en cours en Ontario, où le Service d’alertes sans fil au public (SASFP) est mis à l’essai depuis avril dans la région de Durham, à l’est de Toronto. Il permet au Centre provincial des opérations d’urgence, à la Police provinciale et à Environnement Canada d’envoyer des alertes « à tous les téléphones cellulaires compatibles situés dans un secteur géographique donné », explique le site internet du gouvernement ontarien, qui précise par ailleurs que « les alertes du SASFP diffèrent des messages textes », à l’image des alertes WEA aux États-Unis.

— Avec l’Agence France-Presse

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