CRITIQUES

Rien de nouveau sous le soleil

WesternThe Magnificent Seven (V.F. : Les sept mercenaires)D’Antoine FuquaAvec Denzel Washington, Chris Pratt, Ethan Hawke, Vincent D’Onofrio2 h 133 étoiles

Il y a des remakes qui nous font poser cette question récurrente : était-ce bien nécessaire ? C’est – on l’aura deviné – le cas de The Magnificent Seven d’Antoine Fuqua (Training Day), remake du film du même titre de John Sturges (1960), qui était lui-même une relecture des Sept samouraïs d’Akira Kurosawa (1954).

Ce qui distingue The Magnificent Seven version 2016 – mettant en vedette Denzel Washington, Ethan Hawke et Chris Pratt – de celle de 1960, c’est essentiellement sa distribution. Parmi les « sept magnifiques », il y a un Noir, un Latino, un Asiatique et un autochtone ; dans le film de John Sturges, ils étaient tous blancs (quoique les acteurs fussent d’origines diverses – russe, allemande, lituanienne –, accent à l’appui).

L’œuvre de Sturges avait acquis un statut de film culte à l’époque parce qu’elle a lancé les carrières d’acteurs jusque-là peu connus (Yul Brynner, Steve McQueen, Charles Bronson, Robert Vaughn, James Coburn). Mais c’est un film d’une autre époque qui a assez mal vieilli, contrairement au chef-d’œuvre intemporel d’Akira Kurosawa qui l’a inspiré.

Toshiro Mifune y illuminait l’écran de sa présence charismatique, chose que ni Yul Brynner et Steve McQueen hier ni Denzel Washington et Chris Pratt aujourd’hui n’arrivent à reproduire.

Malgré quelques images saisissantes, ce Magnificent Seven nouveau genre reste un western conventionnel, revisité et modernisé avec de l’humour ironique, des personnages politiquement corrects et une dose de « pré-post-féminisme » révisionniste (au décolleté particulièrement plongeant pour l’époque).

Un blockbuster divertissant, à l’enrobage moins lisse qu’en 1960, mais s’appuyant sur une trame devenue banale avec le temps : sept mercenaires sont embauchés par des villageois afin de combattre le fossoyeur de leurs terres (cette fois-ci incarné par un méchant capitaliste caricatural à souhait, interprété par Peter Sarsgaard).

Chris Pratt cabotine et arrache des sourires, on retrouve avec plaisir le duo Ethan Hawke et Denzel Washington sous la direction d’Antoine Fuqua – ils étaient de Training Day, qui a valu à Washington l’Oscar du meilleur acteur en 2002 – et on salue le fait qu’un cinéaste noir s’approprie un genre typiquement « blanc ». Mais on ne trouve dans ce remake rien de bien nouveau sous le soleil.

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