Montréal

Purolator veut livrer des colis dans le métro

Récupérer ses colis commandés en ligne à la station de métro près de chez soi pourrait devenir réalité à Montréal. L’entreprise Purolator a approché la métropole afin de mener un projet pilote pour aménager des casiers de livraison près de son réseau de transport souterrain.

Purolator s’est inscrite au Registre des lobbyistes du Québec après avoir entrepris, en octobre dernier, des discussions avec la Ville de Montréal. L’entreprise dit envisager un projet pilote afin de faciliter la collecte des colis livrés aux Montréalais.

L’idée serait d’installer des casiers près de certaines stations de métro. Les Montréalais pourraient faire livrer leurs colis à ces endroits plutôt qu’à leur domicile ou à leur travail. Dans son inscription, Purolator dit souhaiter que Montréal soit partenaire du projet pilote et en finance une partie.

La Société de transport de Montréal (STM) a confirmé avoir des discussions avec Purolator sur l’aménagement de tels casiers. Le transporteur affirme toutefois que le projet est actuellement sur la glace, plusieurs enjeux restant à régler. 

« On a des considérations de sécurité qui doivent être prises en compte. »

— Amélie Régis, porte-parole de la STM

Devant la croissance du commerce en ligne, Purolator cherche depuis plusieurs années à simplifier la livraison des colis dans les grands centres urbains. Durant la récente période des Fêtes, l’entreprise a implanté pour la première fois un « service d’arrêt rapide mobile » dans quatre villes canadiennes, soit Montréal, Toronto, Ottawa et Vancouver.

Dix camions ont été garés à certains endroits jugés stratégiques en raison du nombre élevé de colis livrés dans le secteur. Les gens ayant raté la livraison de leur colis étaient invités à se rendre à ces camions afin de récupérer leur livraison dans un lieu plus près de leur domicile.

Ces camions ont été déployés spécialement pour la période des Fêtes, alors que la quantité de colis livrés augmente considérablement. En novembre, l’entreprise disait s’attendre à gérer 10 millions de colis durant la période des Fêtes.

comme en Europe

L’idée d’utiliser les stations de métro pour la collecte de colis n’est pas nouvelle. En Europe, de nombreux pays offrent de telles installations. En France, pas moins de 170 gares de la Société nationale des chemins de fer français ont été dotées de consignes permettant aux usagers de récupérer leurs colis durant leurs déplacements, baptisées « Pickup Stations ».

Il suffit d’inscrire l’adresse de la gare comme lieu de livraison et, le moment venu, l’usager reçoit un code lui permettant de déverrouiller le casier dans lequel son colis a abouti. Ces consignes sont accessibles jour et nuit, sept jours par semaine. Le projet a été mené en collaboration avec La Poste, qui assure la livraison du courrier dans l’Hexagone.

Réduire les nuisances

Le projet envisagé par Purolator pourrait d’ailleurs s’inscrire dans la volonté de Montréal de réduire le nombre de camions de livraison dans ses rues. Depuis 2016, la métropole cherche à réduire les nuisances associées à la multiplication des véhicules qui se garent fréquemment en double file, perturbant la circulation.

L’administration Coderre avait présenté à l’époque une politique de stationnement dans laquelle la métropole disait vouloir améliorer la gestion des livraisons et des collectes de colis. On constatait à l’époque que « le commerce électronique amène une multiplication des livraisons qui, dans plusieurs cas, se font directement à domicile ». Devant cette « fragmentation des livraisons », Montréal avait entrepris de repenser le « dernier kilomètre » parcouru par les colis. La métropole envisageait la mise en place d’un « centre de distribution urbain » qui miserait sur des véhicules électriques. Ce projet n’a toutefois pas encore vu le jour.

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