Le show Adonis Stevenson

Québec — Le spectacle Adonis Stevenson était en ville, hier. Dans un accoutrement dont lui seul a le secret, le boxeur faisait la promotion de son combat à venir, le 1er décembre à Québec, contre l’Ukrainien Oleksandr Gvozdyk.

Fidèle à son habitude, le champion du monde WBC des mi-lourds est arrivé avec une demi-heure de retard au Centre Vidéotron, l’endroit où il a rendez-vous avec Gvozdyk dans deux mois. Suivi de sa cour royale, dont ses deux gardes du corps, sa fiancée et son entraîneur, le roi portait couronne, lunettes fumées et manteau de fourrure zébré s’agençant à celui de madame.

Simone God est dans la mode et la fourrure. Le couple attend un enfant à la mi-novembre, un cinquième héritier pour Stevenson. Une fille, Adonia.

« C’est bien pour novembre ? » a-t-il demandé à sa chérie, comme quoi sa tête est toujours à la boxe. Stevenson, 41 ans, ne grimpe pourtant dans le ring que pour la troisième fois depuis juillet 2016. Dans son seul combat en 17 mois, en mai, il a livré une nulle.

« Adonis avait un peu pris Badou Jack à la légère et il a dû puiser dans ses entrailles pour garder sa ceinture. Mais si on retrouve le même Adonis qu’à ce combat-là ou à ses autres avant, j’ai très confiance contre Gvozdyk. »

— Yvon Michel

« Comme c’est arrivé à Bernard Hopkins à 50 ans, à la boxe, tu peux tomber vieux d’un coup. Si Adonis se met à glisser un peu, s’il perd une fraction de seconde et devient un peu hésitant, il pourrait se faire jouer un tour », croit le président de GYM.

Stevenson (21-1-1, 24 K.-O.) livrera sa 10e défense de titre, une cinquième à Québec. Il est le champion du monde actif qui a le plus long règne, presque cinq ans et demi. Il dit se donner encore deux ou trois ans avant la retraite.

Qui est Gvozdyk ?

Gvozdyk (15-0, 12 K.-O.) est l’aspirant obligatoire et champion intérimaire au titre WBC. Originaire de Kharkov, en Ukraine, il fait partie d’un trio ukrainien de très haut calibre avec Vasyl Lomachenko, champion WBA des 135 livres, et Oleksandr Usyk, champion WBC, WBO et IBF des 200 livres. Trois médaillés des Jeux olympiques de 2012 – Lomachenko et Usyk en or et Gvozdyk en bronze.

Dix ans plus que jeune que Stevenson, mais quand même âgé de 31 ans, il habite à Oxnard, en Californie, où il vient de s’adjoindre les services du réputé entraîneur Teddy Atlas.

Toujours sans visa pour le Canada et impossible à joindre à son camp d’entraînement, le challenger brillait par son absence, hier. Mais le président de l’écurie de promotion américaine Top Rank Todd Dubeof était sur place, tandis que le gérant du boxeur, Egis Klimas, commentait par Skype. « C’est le temps que les jeunes prennent la place », a dit en substance Klimas.

Gageons que Gvozdyk fera le nécessaire pour venir chercher sa bourse de 665 000 $US le 1er décembre, en plus d’un possible bonus de 200 000 $US attribué au vainqueur. Stevenson est assuré de 1,235 million US.

Seul à avoir passé le knock-out au dur à cuire malawien Isaac Chilemba, qui a fait 12 rounds contre le Colombien Eleider Álvarez, le Russe Sergey Kovalev et le Kirghize Dmitry Bivol, Gvozdyk a été moins convaincant à sa dernière sortie face au Français Mehdi Amar, remportée par décision unanime.

Sept combats, sept ceintures

La soirée pourrait présenter deux combats de championnat du monde, si la championne uruguayenne des super-mi-moyens de l’IBF Chris Namús (24-4, 8 K.-O.) signe le contrat pour affronter la Québécoise Marie-Ève Dicaire (13-0, 0 K.-O.). En fait, chacun des sept combats au programme devrait impliquer une ceinture.

Sébastien Bouchard (Québec ; 16-1, 6 K.-O.), Mikaël Zewski (Trois-Rivières ; 31-1, 22 K.-O.), Oscar Rivas (Montréal ; 24-0, 17 K.-O.) et Shakeel Phinn (Brossard ; 18-2, 12 K.-O.) devraient se battre pour un titre régional. Zewski, détenteur du titre WBC international, se frottera au Sud-Africain de 40 ans Ali Funeka (39-10-3, 31 K.-O.), qui a perdu ses cinq derniers combats.

Le promoteur Yvon Michel s’attend à une foule de 7000 à 8000 personnes pour une soirée qui sera lancée dès 17 h et dont le combat principal, Stevenson-Gvozdyk, se tiendra à 20 h, avant ceux de Bouchard et de Dicaire.

La télé Showtime dirigera le spectacle à Québec, servi comme mise en bouche du choc de lourds entre le Britannique Tyson Fury et l’Américain Deontay Wilder, tenu à Los Angeles. Ce duel sera retransmis en fin de soirée sur grand écran au Centre Vidéotron.

Un hommage sera de plus rendu à l’ex-boxeur Patrice L’Heureux, mort lundi. Le monde de la boxe québécoise est aussi en deuil du père de Jean Pascal, mort de vieillesse à 89 ans en Haïti. Le sort du combat de Pascal contre le Canadien Gary Kopas, prévu le 9 novembre en Nouvelle-Écosse, reste pour l’instant en suspens.

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