Mon clin d’œil

La dénucléarisation, c’est bien, mais la détrumpisation, c’est pour quand ?

OPINION

SANTÉ MENTALE CHEZ LES JEUNES
Allumer de grands feux de joie

Influençons la jeunesse à saisir toutes les beautés de l'existence

J’avoue ne pas avoir connu Kate Spade ni Anthony Bourdain si ce n’est leur renommée, mais leur mort m’a profondément touché, parce qu’elle m’a ramené à celle d’un de mes acteurs préférés : Robin Williams.

Parti beaucoup trop tôt, ce génie avait pourtant affirmé que « nous nous voyons attribuer qu’une petite étincelle de folie ; il ne faut surtout pas la perdre ». Malgré le geste posé, l’acteur demeure pour moi une inspiration au sens où il assumait pleinement sa folie, l’ex-enfant qu’il était. D’une authenticité qui faisait figure de modèle, Robin Williams courtisait l’intensité. Jusqu’à en perdre cette étincelle qui nous l’a fait connaître.

En me référant à ces personnalités pour qui tout semblait réussir, je ne peux m’empêcher de penser aux nombreux enfants carencés que je croise dans les écoles.

Certes, du point de vue économique, les écarts sont immenses et ce sont nos petits qui en font souvent les frais. Mais au-delà des dollars, il y a les étoiles. Ces lumières qu’il est urgent de rallumer, des regards parfois éteints, avides de savoir pourquoi ce monde n’en a trop souvent que pour les faux-semblants, les mensonges, les stratégies, la performance et l'instantanéité.

Comme l’a si bien écrit Stéphane Laporte récemment, nous avons la responsabilité de donner priorité à ce qu’il appelle l’aide médicale à vivre. Cesser de rafistoler pour travailler dans la durée et le durable. Travailler en amont, l’éducation, et non pas seulement en aval, le purement médical.

La santé, ça se vit sur le long terme, pas juste ici et maintenant, dans les cliniques et en politique.

Pour être en santé, il faut être aimé, se sentir aimable, et avoir espoir d’être aimé la vie durant et de redonner cet amour. Se sentir aimable, ça donne le goût d’attribuer de la valeur. À soi-même. À la vie.

Mais pour influencer cette jeunesse à saisir toutes les beautés de cette existence, nous nous devons avant toute chose de soigner ce qui nous habite. Décorer la maison, d’intérieur comme d’extérieur. Panser nos plaies. S’offrir la plus belle des musiques : des airs de goût de vivre. Et affirmer que nous ne pouvons y arriver toujours seul. Pour enseigner à notre relève qu’il est normal et souhaitable d’être accompagné, il n’y a rien comme le fait de demander de l’aide.

Ainsi pourrons-nous, une fois solidifiés, nos racines sorties de l’éphémère et ses fragilités, nous tourner vers notre étincelle de folie, si petite soit-elle, afin d’allumer de grands feux de joie. Nos enfants, notre avenir, en ont un urgent besoin.

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