Chronique

Léo, un héros loin d’être idiot

Ça prend au moins cinq épisodes avant de découvrir le plein potentiel de la comédie Léo, disponible depuis deux semaines sur le Club Illico de Vidéotron.

Parce qu’au départ, l’intention de cette nouveauté automnale ne nous saute pas en plein visage. Mais qui sont tous ces gens bizarres et peu éduqué qui habitent Walton, un village fictif – certains diront un trou – situé quelque part en Beauce ?

Puis, on découvre la tendresse et l’humanité qui se cachent sous les chemises de chasse et les mèches colorées des personnages de la série. Et on craque. Particulièrement pour le héros Léo (excellent Fabien Cloutier), un gars ordinaire au cœur gros comme son camion bleu.

À 40 ans, Léo vit seul, n’occupe pas d’emploi stable et fréquente des gens peu fréquentables. Les acteurs Vincent Leclerc, Sébastien Dubé et Hubert Proulx incarnent les copains sans-génie de Léo et chacune de leurs apparitions est épique. Hubert Proulx, alias Pouliot (que Léo prononce Poule-Djotte), vous renversera. On voit Pouliot-le- pas-fiable au début revenir triomphalement vers la fin, dans un revirement imprévu.

Cette vie en cul-de-sac, Léo n’en veut plus. Quand Chabot (Steve Laplante), l’ami d’enfance de Léo, fonde sa propre famille, le déclic se produit. Léo désire changer et il y injectera toute son énergie. Il déniche du travail chez Dubeau Gâteau, et la technicienne administrative de cette « shop », la belle Cindy (Marie-Laurence Moreau), lui tombe dans l’œil.

C’est là que Léo m’a conquis. Et j’ai enfilé les épisodes jusqu’à la fin, sans cligner des yeux. Il n’y en a que 11 et ils ne durent pas plus de 20 minutes chacun.

En maniant habilement cette langue colorée qu’on lui connaît, Fabien Cloutier, qui a d’abord créé Léo au théâtre, démontre une réelle affection pour les gens de région, qui ne suivent pas les modes du Mile End et qui mènent des vies plus tranquilles. Pas de deuxième degré ici. On reste dans la vérité.

L’épisode sur les handicapés (le septième) est extrêmement touchant. L’épisode sur les animaux de compagnie (le neuvième) m’a tiré une larme.

C’est aussi très drôle. Le petit Kéven (Elliot Léonard) mal engueulé, qui arbore une coupe Longueuil de champion, vole la vedette à chacune de ses apparitions.

Ça fait du bien de visionner une série comme Léo, dépouillée de cynisme ou de sarcasme.

Les personnages inventés par Fabien Cloutier sonnent vrai, comme la coiffeuse et mairesse de Walton, Jessica, campée par une Anne Dorval très en forme – et spécialiste du tour d’oreille.

Marc Labrèche incarne Couture, le patron macho de Léo à la pâtisserie. Ses collègues, joués par Guillaume Cyr, Mario Jean et Simon Lacroix, ne sont peut-être pas les couteaux les plus aiguisés du tiroir, mais ils sont honnêtes et guidés par de bonnes intentions.

C’est évident que TVA déposera Léo dans sa grille de programmation régulière de 2019-2020. Comme Blue Moon et Victor Lessard, cette très bonne comédie ne restera pas éternellement derrière la barrière payante du Club Illico.

Comme dirait Patrick Swayze dans Danse lascive, on ne laisse pas Léo dans un coin !

Involontairement drôle

Mercredi soir, la grande finale de XOXO à TVA a été comique, mais pour toutes les mauvaises raisons imaginables. D’abord, si on se fie à leurs mines déconfites, aucun des quatre finalistes ne paraissait heureux d’être sur ce plateau, magnifique, il faut le dire.

Personne ne souriait, et l’ambiance ressemblait plus à celle d’une classe d’ados se faisant réprimander pour leurs mauvais comportements durant l’année.

Ensuite, la candidate Selma-Rose a été hostile envers l’animatrice Anouk Meunier pendant 90 minutes. C’était rempli d’agressivité passive. Heureusement, Anouk Meunier est une pro et n’a jamais perdu son aplomb. Moi, je lui aurais rapidement donné son 4 %, à cette Selma-Rose. Ciao, bye, jeune femme. Tes 15 minutes de gloire ont duré 15 minutes de trop.

Le conseiller Olivier Primeau en a aussi décousu avec la même Selma-Rose pour finalement lui avouer qu’il ne l’aimait pas non plus. Bravo pour la franchise.

Dans son salon, le téléspectateur sentait la tension ambiante et l’acrimonie, notamment entre Olivier Primeau et Elisabetta Fantone, incapables de se blairer. C’est rare que ces moments aboutissent en ondes. On ne pourra certainement pas reprocher aux producteurs de XOXO d’avoir maquillé la vérité. C’est peut-être ça, la nouvelle ère de la téléréalité, finalement.

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