L’investisseur avisé

SNC, firme de génie ou de placements ?

Chaque dimanche, nous braquons les projecteurs sur des éléments de l’actualité financière et boursière qui peuvent être utiles à l’investisseur, mais qui pourraient être passés sous le radar.

Ceux qui ne croient plus que SNC-Lavalin est une entreprise de génie-conseil semblent avoir raison, lorsqu’on voit l’action se maintenir à 35 $.

Les experts s’entendent pour dire que la participation de l’entreprise dans l’autoroute 407 – une voie rapide à péage qui passe au nord de Toronto – vaut environ 30 $ par action, ce qui veut dire que les activités de génie n’ont presque aucune valeur. Les analystes qui suivent le titre pensent autrement. La Financière Banque Nationale place d’ailleurs sa cible à 52 $ l’action.

Certains gestionnaires de portefeuille perçoivent SNC comme une société de gestion d’investissements avec une division de génie qui l’aide à obtenir ses placements. Et c’est de cette façon qu’ils évaluent le titre.

« Tu peux décider de soumissionner sur un projet gouvernemental à un prix ridiculement bas avec la condition de pouvoir le gérer pendant 25 ans afin de faire de l’argent avec la gestion. Le génie-conseil devient un outil pour obtenir ce placement », dit le chef des investissements chez le gestionnaire d’actifs Claret, Alain Chung.

« Ça se tient, comme modèle. Ça arrive souvent qu’une entreprise ait deux divisions. Une qui perd de l’argent pour obtenir des contrats dont la gestion par l’autre division sera très rentable. Séparer l’entreprise en deux forcerait le côté génie-conseil à démontrer sa rentabilité. »

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L’action de Dorel s’est fait matraquer au cours des deux dernières séances de la semaine après la présentation de résultats trimestriels décevants et l’annonce d’une réduction du dividende. L’entreprise montréalaise vient d’enregistrer un des plus faibles trimestres dont peut se rappeler l’analyste Derek Lessard, de la TD. « Les perspectives pour l’année sont défavorables. Plus de constance dans l’exécution aiderait, mais ça pourrait prendre encore un certain temps puisque Dorel s’engage dans ce qui risque d’être une longue et douloureuse restructuration. »

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La direction de la pharmaceutique montréalaise Thérapeutique Knight prévoit que la dispute qui l’oppose à un important actionnaire également membre de son conseil d’administration perdure encore un moment. La direction s’attend à ce que ce dissident propose l’élection d’une nouvelle équipe d’administrateurs lors de l’assemblée des actionnaires ce printemps. Les actionnaires auraient ainsi l’occasion de démontrer clairement qui ils appuient.

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Le repli boursier de Transat cette semaine fait dire à Benoit Poirier, chez Desjardins, que l’évaluation du titre demeure attrayante pour les investisseurs patients. Son collègue Turan Quettawala, de la Scotia, souligne pour sa part qu’à la suite d’un autre trimestre difficile et en raison des perspectives, il n’y a aucune raison de s’intéresser au titre même si le recul boursier est d’environ 20 % depuis le début de l’année.

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L’arrivée en Bourse de l’entreprise montréalaise Lightspeed laisse un goût amer à certains investisseurs ayant placé des ordres d’achat auprès de leur courtier plusieurs jours avant l’inscription du titre à la Bourse de Toronto. De petits investisseurs espérant obtenir des actions au prix initial de 16 $ n’ont rien eu. Ils se sont fait expliquer qu’en raison du volume élevé de demandes, leur ordre n’a pu être rempli.

Il faut dire qu’il s’agit d’un relativement petit premier appel public à l’épargne (200 millions de dollars). Des observateurs soupçonnent par ailleurs que des institutionnels ont passé des commandes gonflées sachant qu’ils n’obtiendraient qu’une portion de leur ordre. Une stratégie efficace pour ces grands investisseurs, mais qui a pour effet d’amplifier artificiellement la demande.

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Wealthsimple Trade, qui se présente comme la première application d’opérations boursières sans commission au pays, est officiellement offerte depuis cette semaine. Le concept de transactions sans commission existe toutefois depuis un moment. On n’a par exemple qu’à penser à l’application de Robinhood, aux États-Unis.

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CAE, CGI, GDI, Valener et Bellus sont tous des titres québécois ayant atteint cette semaine leur plus haut niveau des 52 dernières semaines en Bourse.

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