ART ET DESIGN

C’est connu : ici, le design est souvent mis de côté au profit de la soumission la moins chère… Heureusement, plusieurs artistes tentent d’améliorer notre décor. Et ce qui les rassemble, cette année, c’est une volonté de rapprocher les individus. Que ce soit dans les musées ou dans les cours d’habitations à loyer modique, nos nommés utilisent l’art comme vecteur de connexion. Ils nous offrent en fait les plus beaux des ponts…

Elizabeth-Ann Doyle

Redonner couleur humaine à Montréal

C’est fou les miracles qu’on peut accomplir avec des pinceaux et de la bonne volonté. On peut embellir les murs d’une ville, donner de l’amour à des habitations à loyer modique délaissées, inspirer des jeunes défavorisés, rendre hommage aux Québécois qui nous ont fait vibrer, et donner de la job à des artistes talentueux... Enfin, c’est ce qu’Elizabeth-Ann Doyle et son OBNL, MU, parviennent à faire à Montréal !

« Montréal s’affiche comme une métropole culturelle et j’aime l’idée qu’elle l’incarne au-delà de sa programmation de festivals, en célébrant tous ses bâtisseurs culturels, dans tous ses quartiers, sur tous ses murs. »

Pelletier De Fontenay

Allier la vie et le construit

Alors que les villes font trop rarement confiance à des architectes qui n’ont pas encore les cheveux gris, Hubert Pelletier et Yves de Fontenay collectionnent les honneurs avant l’heure. Leur vision les amène cette année jusqu’en République Tchèque, où ils sont invités à bâtir leur ambitieux projet d’école idéale. Plus près de chez nous, ils collaborent à la métamorphose de l'Insectarium de Montréal et sont finalistes pour l’aménagement de la place des Montréalaises. Quand on a vraiment l’espace commun à coeur, pas besoin de grisonner pour transformer une ville.

« On rêve de plus d’ambition pour l’architecture québécoise. Il ne faut pas avoir peur de penser à de nouveaux modèles, de tester de nouvelles idées. On a le luxe de ne pas traîner un héritage trop lourd et limitant, profitons-en ! »

Rafael Lozano-hemmer

La technologie pour mieux se comprendre

Mi-poète, mi-scientifique, Rafael Lozano-Hemmer est l’un des artistes canadiens les plus respectés au monde. Avec ses installations interactives à grand déploiement, il nous invite à jouer avec la technologie et à en décoder les rouages pour mieux comprendre notre société... Objet d’une rétrospective au MAC, l’artiste est passionné par l’humain et son état. Avec son prochain projet, il tentera d’ailleurs de reconnecter les habitants de la frontière américano-mexicaine. Alors que Trump souhaite les diviser avec un mur, Lozano-Hemmer, lui, leur offrira des faisceaux lumineux qui, lorsqu’ils se croiseront, ouvriront un canal de diffusion audio privé. Du génie engagé.

« J’utilise la technologie parce qu’elle est partout. Dans les guerres, la politique, l’économie, la romance, l’environnement. Travailler avec la technologie, c’est étudier notre société. »

Frédéric Palardy

L’art qui guérit

Frédéric Palardy est à la tête des Impatients, un réseau d’ateliers d’art qui bénéficie à des milliers de personnes souffrant de troubles de santé mentale. Sans qu’ils aient à débourser un sou et peu importe leur diagnostic, l’organisme invite les participants à s’exprimer librement à travers la musique, la bande dessinée, la danse ou la peinture. Cette année, l’organisme célèbre son 25e anniversaire ! Et si ça fait un quart de siècle que ça dure, malgré les aléas du financement, c’est que Frédéric Palardy croit dur comme fer que l’art a le pouvoir de soigner non seulement les maux des artistes, mais aussi ceux de la société.

« La création thérapeutique, c’est un moment d’expression et de liberté unique, à l’abri des conventions et des structures normatives qui régissent le quotidien de tous. Aux Impatients, on laisse l’art agir. »

Caroline Monet

Parce qu’on est en 2018

Caroline Monnet, née en Outaouais d'une mère algonquine et d'un père français, pratique son art avec fougue et talent, à cheval entre le cinéma et les arts visuels. Du projet photographique Renaissance — mettant en scène d’audacieuses femmes autochtones — à l’écriture de son premier long-métrage, en passant par une exposition solo, l’artiste multidisciplinaire mène une quête de réappropriation culturelle, de guérison et d’extraordinaire.

«Je veux ramener l’idée que la femme autochtone est de la royauté, de première classe. On a un besoin d’apporter une certaine fierté, une force, à notre culture.»

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