Courrier : « Protéger la grande œuvre de Taillibert ? »

À lire les nombreux commentaires à l’éditorial de François Cardinal publié samedi sur la grande œuvre de Roger Taillibert, le Parc olympique ne laisse personne indifférent. Voici un aperçu des courriels reçus.

Un magnifique éléphant blanc

Je pense que cette magnifique œuvre architecturale n’en demeure pas moins un éléphant blanc. C’est un symbole de la mégalomanie du maire Jean Drapeau. Taillibert a répondu à la commande du maire en créant un stade qui, aussi grandiose soit-il, ne sert à rien ! Pas de soccer, pas de football, pas de baseball ! Même plus de salons de l’auto ou de l’habitation. Alors, un symbole de quoi au juste ? Du vide ?

— Jean-Pierre Beaulieu, Saint-Lambert

Chérir nos biens patrimoniaux

Je considère que c’est un bien inestimable pour les Montréalais et tous les Québécois. Au Québec, les biens patrimoniaux n’ont malheureusement pas la cote et c’est très dommage car on voit partir des biens d’une valeur incalculable. On doit tous réfléchir à notre façon de les chérir et de préserver ceux qui restent. Si on aime le Québec, on doit aimer et mettre en valeur ce qui nous a forgés.

— Fleurette Riverin

L'image de Montréal

Comment se fait-il que ce grand monument ne soit pas encore déclaré officiellement monument historique à protéger et à entretenir sans restriction ? Il est devenu un monument reconnu mondialement, comme la tour Eiffel à Paris. Qui en doute ? Quand on cite Montréal, tout de suite l’image du stade vient en premier. Ne rechignons pas, gardons précieusement ce joyau qui attire à lui seul tant de visiteurs. Donnons-lui son mérite.

— Gabriel Gendron, Trois-Rivières

Inutile monstre de béton

Je reconnais que cet ouvrage a de bien belles courbes, mais ce stade ne s’est jamais bien intégré au secteur environnant. À quoi sert ce stade maintenant ? La réalité, c’est que personne n’en veut. Ce monstre de béton qui a coûté si cher ne peut accueillir aucune équipe sportive parce qu’il est trop gros et qu’il y a toujours des problèmes avec son toit. On n’a pas fini de payer cette structure qui nous apporte toujours des problèmes. Et ça coûterait une fortune pour s’en débarrasser. Pour moi, cette vue de l’esprit, fruit de la mégalomanie et de l’orgueil de Jean Drapeau, n’apporte pas une plus-value pour l’investissement constant qu’elle requiert et le peu d’utilité qu’elle nous apporte. Désolé, M. Taillibert, mais votre stade, ce n’est pas Montréal.

— Jacques Bournival

Le souffle coupé

Je suis d’accord, il faut protéger cette œuvre magistrale. Je suis une fan du stade depuis mon adolescence. J’ai assisté à la construction du grand complexe olympique de près, ayant fréquenté l’école Marguerite-De Lajemmerais, mes examens de fin d’année avaient comme bruit de fond la machinerie déployée pour cet immense projet. Rendue au cégep, l’œuvre était mon sujet favori dans mon cours de photo. Je suis sortie de Montréal, ma ville chérie, mais chaque fois que je passe devant le stade, j’ai le souffle coupé par la beauté de cette œuvre. Oui, c’est une grande œuvre, merci de soulever ce point, M. Cardinal. Je suis bien d’accord d’élever le statut de notre stade au rang de monument historique.

— Danielle Latendresse

Encore émerveillée

Je serais bien curieuse de savoir ce que pense réellement l’ensemble de la population. Personnellement, à l’aube de mes 90 ans, je suis encore émerveillée par l’œuvre de M. Taillibert. Et c’est toujours avec grand plaisir que je revois ce symbole de notre ville, que ce soit du haut des airs, du haut du pont Samuel-de-Champlain, de notre montagne ou… sur place ! Je suis absolument d’accord avec l’entièreté de votre éditorial. Merci de voir plus loin.

— Réjeanne Huneault

Distinguer l'œuvre et les scandales

Oui, c’est une œuvre historique, et tous les scandales qui la salissent sont l’œuvre de nos responsables et entreprises locales qui, avec l’aide des yeux fermés de plusieurs autres, ont fraudé et fait exploser les coûts et délais. Nous avons tout ce qu’il faut pour faire de grandes choses, mais ces agissements doivent cesser. Les grands voleurs sont aussi de chez nous ! Arrêtons de parler en mal de cette réalisation et soyons fiers de ce qu’elle est, au lieu de nous plaindre de ce qu’on a laissé faire, car oui, tout le monde savait ce qui se passait.

— Sylvain Fabris

Un chancre architectural

Il faut se le dire, cette espèce de soucoupe volante ridicule qui semble s’être écrasée au milieu de nulle part et qui se voulait futuriste est un chancre architectural qui bloque et sclérose un espace immense. Elle est coûteuse et d’une inutilité totale. Cet engin spatial grandiloquent est en inéquation complète avec le paysage historique urbain de Montréal.

— Michel Foucault

De mauvais souvenirs

Si plusieurs Québécois n’aiment pas le stade, ce n’est pas à cause de son architecture ou de Taillibert. C’est parce que la construction du stade leur rappelle de très mauvais souvenirs. Les magouilles que vous rapportez dans le domaine de la construction de nos jours sont de la petite bière en comparaison de ce qui se faisait lors de la construction du chef-d’œuvre de Taillibert. Il y a aussi le fait que le stade est sous-utilisé. Comme on peut le constater, la haine n’a rien à voir avec Taillibert, n’en déplaise à Lise Bissonnette. Toutefois, il est beau en titi et c’est la signature de la ville de Montréal.

— Gaétan Faubert

Regrets olympiques

Bien d’accord ! Je ne peux pas croire qu’on ne pourrait pas aujourd’hui trouver une solution au toit pour qu’il s’ouvre et se ferme sur demande. De plus, comme M. Taillibert, j’ai toujours été peiné qu’on ait converti le formidable vélodrome que nous avions. On ne devrait jamais se lancer dans l’aventure olympique si on n’a pas l’intention d’utiliser et de conserver ses infrastructures.

— Paul Lévesque

Extraordinaire... de l'extérieur

Effectivement, de loin, et de proche, à l’extérieur, le stade a une allure extraordinaire. Pour ne pas dire extraterrestre. Sauf que c’est à l’intérieur que ça se gâche. Qui veut voir un match de baseball ou de football au stade ? Personne. Le stade est une œuvre de son époque, un stade multifonction qui, essentiellement, n’est bon que pour des Jeux olympiques et des compétitions de trucks monstres. Quelle somme d’argent sommes-nous prêts à payer pour maintenir une silhouette dont l’intérieur principal ne sert à rien ?

— Mark Osterman

Classer, protéger

Oui, il faut protéger tout le complexe immobilier entourant le Stade olympique. C’est évident que nous avons là une œuvre exceptionnelle qui doit être classée et protégée.

— Florent Bélanger, Québec

Achevons-le

Bonjour, je suis 100 % d’accord, il faut protéger ce chef-d’œuvre architectural. Étant ontarien, je n’ai pas eu à payer pour ce stade, mais combien je bénéficie de cette œuvre. Paris a sa tour, Montréal a son stade qui est indiscutablement sa signature. Penser à s’en débarrasser ? C’est d’une absurdité éhontée. Plus même, le stade devrait être achevé avec le toit rétractable, ce qui lui rendrait encore plus cet aspect unique.

— Michel Charron

Regarder vers l'avenir

Nous avons la chance d’avoir un concept unique avec le stade. Le problème n’est pas le concepteur. Le vrai problème a été la participation d’entreprises corrompues qui ont profité d’un manque de surveillance et de contrôle à l’époque pour s’en mettre plein les poches avec toutes sortes de stratagèmes frauduleux. Arrêtons de regarder en arrière et pensons à préserver ce joyau moderne.

— Serge Loyer, Victoriaville

Plus beau que la tour Eiffel

Je n’ai jamais vécu à Montréal. J’y suis allée souvent, en « visite ». J’ai toujours été fascinée par cette structure tout en courbes et en finesse, malgré cette quantité de béton qui la compose. Je ne peux imaginer ne plus voir le Stade olympique. Il est en quelque sorte notre tour Eiffel… en plus beau ! Aussi, je ne crois pas que les magouilles qui ont accompagné sa construction pourraient justifier qu’on le néglige.

— Marie-Anne LeBlanc

Fière silhouette

J’ai 73 ans, et je me rappelle tous les problèmes liés à la construction de ce stade, mais je l’aime, ce stade et toute l’esplanade. On ne peut pas blâmer M. Taillibert pour les méthodes pourries des entreprises de construction. Sans leur malhonnêteté crasse, le stade aurait coûté beaucoup moins cher, aurait fort probablement été terminé à temps et sa réputation n’en aurait pas souffert. Les Montréalais (tous, je ne sais pas) ne l’aiment pas, mais moi, j’habite Saint-Lambert et quand je traverse le pont Jacques-Cartier et que je regarde vers l’est, j’aime voir sa silhouette. C’est la même chose quand on atterrit à Montréal, quelle fierté ! À Paris, on cherche des yeux la tour Eiffel et c’est la même chose à Montréal.

J’espère que les élus des différents gouvernements auront le courage de protéger ce joyau de notre patrimoine. Il a coûté assez cher, il ne faudrait pas l’abandonner à son sort. Et il faut très vite penser à la meilleure façon d’honorer la mémoire de son célèbre architecte.

— Jocelyne Désautels

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