D’où viennent les investissements directs étrangers au Canada ?

Amérique du Nord : 413 milliards

Europe : 307 milliards

Asie et Océanie : 78 milliards

Amérique du Sud et Amérique centrale : 24 milliards

Afrique : 2 milliards

Source : Statistique Canada, 2016

Mitch Garber

Un dragon en quête d’investissements pour le Canada

La nouvelle agence de démarchage Investir au Canada, annoncée hier par Ottawa, aura un esprit « plus entrepreneurial que gouvernemental », espère son président Mitch Garber. L’homme d’affaires montréalais – et ex-investisseur à l’émission Dans l’œil du dragon – souhaite puiser dans son réseau de contacts mondial pour convaincre des entrepreneurs étrangers de miser sur le Canada. En entrevue à La Presse, il dit vouloir notamment s’inspirer du travail réalisé par Montréal International.

Quelles sont les plus grandes difficultés que des entrepreneurs étrangers peuvent rencontrer lorsqu’ils désirent investir au Canada ?

Je dirais que c’est la vitesse et la facilité avec laquelle un investissement peut être réalisé. Ça peut inclure les visas de travail, les permis de résidence, la relocalisation des travailleurs, etc.

Dans le cadre de mon mandat, j’aimerais mieux comprendre les délais auxquels les entrepreneurs font face et faire en sorte de diminuer le nombre d’échanges avec les ministères qui sont nécessaires en vue de réaliser une expansion.

En me nommant comme président du conseil, le message que le gouvernement veut lancer, je crois, c’est que l’esprit de cette agence sera plus entrepreneurial que gouvernemental.

Est-ce que l’incertitude qui entoure la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) risque de nuire à votre travail de prospection ?

Tous les pays, même ceux du G20, comportent leur lot d’incertitudes. Sous une foule de critères, le Canada se classe parmi les meilleurs pays au monde pour investir, qu’il s’agisse du niveau de scolarité de ses travailleurs, de la stabilité de son système politique ou du soutien à la recherche et au développement.

Je vois mon travail comme un job de marketing pour s’assurer que ces avantages soient bien connus de ceux qui prennent les décisions d’investissement, et que le Canada s’impose comme le pays présentant la meilleure offre face à ses concurrents.

Comptez-vous accorder une attention particulière au Québec ?

Ce sont les entreprises qui vont décider où elles souhaitent investir. Une société agricole choisira peut-être la Saskatchewan, tandis que le Québec intéressera une firme associée à l’intelligence artificielle. Mon rôle sera de jouer les meilleures cartes.

Chose certaine, le travail effectué par Montréal International pour attirer des investissements au Québec, c’est le modèle à suivre au Canada. Tout ce que je souhaite faire, c’est aider l’équipe dirigée par le PDG Hubert Bolduc à améliorer encore davantage ses résultats.

Justement, des agences comme Montréal International font déjà un travail de démarchage remarqué. Le communiqué annonçant la création d’Investir au Canada parle de la mise en place d’un guichet unique. Comment entrevoyez-vous la collaboration entre ces divers organismes ?

Hubert Bolduc est la première personne que j’ai appelée lorsque j’ai su que je serais nommé président du conseil d’Investir au Canada. Et la deuxième, c’est Jacques Ménard, qui dirige le conseil de Montréal International.

Je leur ai dit : « Vous faites un excellent travail. J’aimerais que le reste du Canada le fasse aussi bien que vous. »

Moins de 10 % des investissements directs étrangers au Canada proviennent d’Asie. À titre de président du conseil du Cirque du Soleil, quelles sont les leçons que vous tirez de la collaboration avec son actionnaire chinois, Fosun International ?

Tous les défis que le Cirque du Soleil a pu rencontrer en Chine sont devenus beaucoup plus simples lorsque notre partenaire Fosun International a pu prendre les devants avec et pour nous. C’est très difficile pour des Canadiens d’attirer des investissements chinois sans avoir établi des relations étroites au préalable.

J’espère pouvoir mettre à profit mon réseau de contacts en Chine afin d’attirer plus d’investissements. Le Canada devrait être l’un des pays préférés des investisseurs asiatiques, ne serait-ce qu’en raison de sa proximité géographique.

Investir au Canada en bref

Annoncée hier par le ministre du Commerce international François-Philippe Champagne, la création d’Investir au Canada s’accompagne d’un financement de 218 millions de dollars sur 5 ans, qui servira aussi à l’embauche de 25 nouveaux délégués commerciaux d’ici 2021. Le directeur général de l’organisme sera Ian McKay, directeur national du Parti libéral du Canada de 2010 à 2013 et ex-directeur général de la Commission économique de Vancouver.

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Proportion de travailleurs canadiens employés par des multinationales étrangères installées au pays

Source : Affaires mondiales Canada

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