Hockey junior

Victime d’intimidation, Maxime Comtois réagit

Le capitaine de l’équipe canadienne de hockey junior, Maxime Comtois, est sorti de son mutisme après avoir été la cible d’une vague de haine virtuelle dans les heures qui ont suivi la défaite du Canada contre la Finlande au Championnat du monde junior, il y a une semaine. « La cyberintimidation est une menace présente. Personne ne devrait subir ceci », a écrit le joueur vedette du Canada sur son compte Twitter. « Si vous êtes ou avez déjà été victime d’intimidation, parlez-en ! Vaut mieux prévenir que guérir », a ajouté celui qui était demeuré silencieux jusqu’à présent malgré la controverse provoquée par cette déferlante de messages haineux. — La Presse

Objectif : internationaliser la LCF

Le commissaire de la Ligue canadienne de football (LCF), Randy Ambrosie, est à Mont-Tremblant, où ont lieu les réunions hivernales du circuit. Dans quelques jours, il sera au Mexique pour assister à un camp d’évaluation de joueurs mexicains qui espèrent jouer dans la LCF. Notre journaliste s’est entretenu avec Ambrosie, un commissaire qui voit grand.

Vous avez souvent évoqué l’importance d’internationaliser la LCF. Un camp d’évaluation se tiendra au Mexique le week-end prochain et le renouvellement du contrat de télévision qui lie votre ligue au réseau américain ESPN serait imminent. Sur le plan international, quels sont vos autres principaux objectifs pour les prochaines années ?

À la base, l’objectif est de faire grandir la LCF. On veut obtenir les meilleurs joueurs pour notre ligue, mais on veut également créer plus d’options pour nos jeunes Canadiens. Ils ne peuvent pas tous jouer dans la Ligue canadienne, alors l’un de nos objectifs, c’est de leur ouvrir des portes dans d’autres pays, que ce soit au Mexique, en Allemagne, en France ou ailleurs. Il y a des ligues professionnelles dans 20 pays. C’est l’un de nos autres objectifs sur le plan international.

Deux nouvelles ligues professionnelles verront le jour aux États-Unis, soit l’Alliance of American Football dans quelques semaines et la XFL l’an prochain. Quels impacts croyez-vous qu’elles auront sur votre circuit ?

Je ne crois pas que ça changera de façon importante notre façon de procéder pour le moment. Cela dit, on ne peut pas se mettre la tête dans le sable et nous devrons être attentifs à ce qui se déroulera dans ces ligues. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles nous voulons commencer à évaluer des joueurs dans d’autres pays. Ce sera une autre avenue pour trouver des joueurs de talent. L’idée d’ajouter une saveur plus internationale à notre ligue est très intéressante à mes yeux. Je pense que ce serait particulièrement bon pour des marchés comme Montréal, Toronto et Vancouver.

Les Alouettes ont postulé afin d’obtenir la présentation du match de la Coupe Grey à Montréal en 2020. Est-ce que les difficultés économiques que vivent actuellement les Alouettes seront un facteur dans votre décision ? La LCF pourrait-elle choisir de donner un coup de pouce par la bande aux Alouettes en leur accordant le match de la Coupe Grey de 2020 ?

On a créé un processus qui est très compétitif pour la présentation des matchs de la Coupe Grey. On demande à toutes les villes qui veulent accueillir l’événement de nous faire la démonstration que les partisans vivront une expérience inoubliable. Au bout du compte, c’est assurément le facteur le plus important pour nous.

Ne serait-il pas plus logique de présenter les matchs éliminatoires et celui de la Coupe Grey plus tôt que dans la deuxième moitié de novembre ? À cause du froid, bien sûr, mais également parce que le « momentum » généré par votre ligue durant l’été semble partiellement se perdre durant l’automne, notamment en raison des activités de la NFL et de la LNH.

On étudie fortement la possibilité de devancer le début de notre saison au cours des prochaines années, et on en discutera lors de nos réunions à Mont-Tremblant. Ce ne sera pas en 2019, mais nous réfléchissons sérieusement à la possibilité de devancer le match de la Coupe Grey d’au moins une semaine l’an prochain. On doit travailler avec plusieurs partenaires, dont TSN et RDS, mais on a bel et bien un plan pour évaluer certaines choses au cours des prochaines années.

Le salaire des jeunes joueurs américains dans l’Alliance of American Football sera d’environ 80 000 $US par saison, alors que le salaire minimum dans la LCF est d’approximativement 40 000 $US. Une augmentation du salaire minimum pour les joueurs américains est-elle envisagée afin de convaincre certains joueurs de quitter les États-Unis pour le Canada ?

C’est l’une des questions qu’on devra aborder avec l’Association des joueurs dans nos discussions pour le renouvellement de la convention collective. Je m’attends à ce que ces discussions soient positives et qu’elles permettent ultimement à notre ligue de grandir et de devenir plus prospère. Et le point que vous soulevez est précisément le genre de chose que nous devrons analyser en profondeur.

Puisque le terrain au football canadien est plus vaste qu’au football américain et que les joueurs sont généralement moins imposants, croyez-vous que le jeu canadien est moins dangereux pour les joueurs que l’est le jeu américain ? Et pour cette raison, voyez-vous un fort potentiel d’expansion du jeu canadien dans les prochaines décennies ?

Avec tout le respect que je dois à mes amis de la NFL, je crois sincèrement que c’est dans la LCF que se joue le football le plus excitant. Le jeu est extrêmement rapide et porté sur l’attaque. Je crois en effet que les ingrédients sont réunis afin que cette ligue prospère de façon marquée. Et c’est pour ça que je veux populariser notre produit internationalement, que ce soit en Amérique, en Europe ou même en Asie. On a un plan pour l’avenir de notre circuit et je suis chanceux de travailler avec des propriétaires d’équipes qui ne sont pas réfractaires au changement.

En gros, l’obtention de contrats de télédiffusion dans d’autres pays serait un générateur de revenus qui pourrait permettre à la LCF de passer à un autre niveau ?

Tout à fait. La planète est grande, alors pourquoi ne pas tenter d’intéresser quelques millions de personnes de plus à notre produit ? Notre sport est excitant, et le sera encore plus pour certaines personnes si elles ont des compatriotes qui jouent dans la LCF et qui y connaissent du succès.

Estimez-vous que l’internationalisation de la LCF est ultimement le pipeline économique dont a besoin votre circuit pour passer à un autre niveau ?

Oui, c’est ce que je crois. Les gens sont très réceptifs à nos idées d’internationaliser notre produit, et dans son essence, c’est un projet qui est une grande occasion sur le plan économique. Qu’il s’agisse de la Premier League au soccer, de la NBA, de la LNH ou du baseball majeur, toutes ces ligues ont grandement profité de leur internationalisation. C’est un modèle qu’on veut suivre à notre tour.

Dès votre nomination comme commissaire, vous n’avez pas caché que votre objectif était d’amener la ligue à un niveau supérieur sur le plan économique. Cela dit, la Ligue canadienne a souvent été très conservatrice avec des traditions bien ancrées. Y a-t-il de l’opposition à vos idées plus novatrices ?

Lorsqu’on propose une vision à d’autres gens, on doit d’abord s’assurer de les convaincre que c’est la meilleure à l’aide de bons arguments et des bonnes informations. Il faut leur présenter la vision d’ensemble [big picture]. Mon travail, c’est de présenter une vision d’ensemble inspirée aux propriétaires d’équipes.

L’arrivée d’une 10e concession, à Halifax, ne semble être qu’une formalité. S’il n’y a pas d’imprévus, quand les Schooners pourraient-ils commencer à jouer ?

Nous avons bon espoir que le plan pour le stade sera finalisé avant la fin de l’été. Alors si la construction commence cet automne, le stade pourrait être prêt pour la saison de 2022. L’équipe pourrait peut-être jouer dans un autre stade en attendant la fin de la construction. Je suis un éternel optimiste, alors je ne ferme pas la porte à 2021 ou même à 2020.

Lorsque le dossier des Schooners sera réglé, seriez-vous ouvert à la possibilité de continuer l’expansion, possiblement dans le nord des États-Unis ?

Je veux toujours étudier chaque possibilité avant de me prononcer, alors je ne vais pas répondre un « non » catégorique. Je garde l’esprit ouvert.

Êtes-vous inquiet de la situation actuelle des Alouettes ? Les assistances ont significativement diminué au cours des dernières années et l’équipe a raté les éliminatoires lors des quatre dernières années.

Les Alouettes ont connu beaucoup de succès dans les années 70 et durant une longue période avec la famille Wetenhall. C’est sûr que c’est un peu inquiétant, car Montréal est une ville de gagnants et personne n’est heureux de la situation actuelle. Cela dit, j’ai la ferme conviction que les Wetenhall veulent s’assurer que l’équipe connaîtra une nouvelle ère de grand succès. Le Québec est une province de football, on peut l’observer avec le Rouge et Or et les Carabins. Le football universitaire et le football amateur sont en bonne santé, et c’est notre responsabilité de nous assurer que l’équipe professionnelle obtienne le même genre de succès.

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