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Des produits allergènes de marque Ottogi visés par un rappel

Des produits de nouilles de marque Ottogi font l’objet d’un rappel, signale l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA). Les produits visés contiennent des œufs, mais l’ingrédient n’est pas déclaré sur les étiquettes. Le rappel concerne des sachets et boîtes de nouilles vendus en Colombie-Britannique, en Alberta, en Saskatchewan, en Ontario et au Québec. Les produits pourraient avoir été distribués dans d’autres provinces et territoires. L’ACIA indique que « les personnes allergiques aux œufs ne doivent pas consommer les produits visés » : les Jin Ramen Spicy de 600 g, les Jin Ramen Mild de 600 g et de 120 g, et les Snack Ramen (6 x 62 g). — Marissa Groguhé, La Presse

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« Très heureuse d’être dans son nouveau foyer »

La jeune Saoudienne qui a obtenu l’asile au Canada est arrivée à Toronto

Toronto ET Montréal — « Très heureuse » malgré la fatigue, Rahaf Mohammed al-Qunun, la jeune Saoudienne qui avait attiré l’attention du monde entier après avoir fui sa famille en Thaïlande, est arrivée hier matin au Canada, où elle a été accueillie par la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.

La jeune femme de 18 ans a brièvement posé, tout sourire, pour les nombreux journalistes venus l’attendre à l’aéroport international de Toronto, mais elle n’a pas fait de déclaration.

« Elle a fait un très long voyage, elle est épuisée et préfère ne pas répondre aux questions pour le moment », a commenté la chef de la diplomatie canadienne Chrystia Freeland. « Elle est très heureuse d’être dans son nouveau foyer [her new home], même si elle m’a parlé du climat. Je lui ai dit qu’il pouvait faire plus chaud. »

La Saoudienne dit avoir voulu fuir les abus psychologiques et physiques que lui faisait subir sa famille et affirme qu’elle était en danger dans son pays d’origine parce qu’elle avait l’intention de renoncer à l’islam. Après avoir semblé sur le point de trouver refuge en Australie, l’adolescente s’est finalement vu accorder l’asile par le gouvernement de Justin Trudeau.

« Elle voulait que les Canadiens voient qu’elle était arrivée au Canada », a ajouté Mme Freeland, prenant par l’épaule la jeune femme, qui portait une jupe, un chandail à capuchon affichant le mot « Canada » et une casquette bleue aux couleurs du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

La ministre, qui a loué « le courage » de la jeune Saoudienne, n’a pas immédiatement indiqué où précisément l’adolescente allait commencer sa nouvelle vie au Canada.

« Je ne doute pas qu’elle va être prise en charge rapidement d’un point de vue matériel par les autorités canadiennes et les ONG qui vont aussi faire le nécessaire pour qu’elle puisse reprendre les études qu’elle dit avoir interrompues sous la pression de sa famille », a pour sa part expliqué son avocat français, François Zimeray, interrogé par l’AFP.

Odyssée internationale

L’arrivée de la jeune femme au Canada constitue l’épilogue d’une odyssée internationale qui a attiré l’attention sur les réseaux sociaux depuis une semaine. La jeune femme avait rendu sa situation publique en créant un compte Twitter alors qu’elle était barricadée dans une chambre d’hôtel à l’aéroport de Bangkok, multipliant messages et vidéos désespérés qui lui avaient valu une notoriété immédiate et planétaire.

Elle avait aussi affirmé à Human Rights Watch qu’elle souhaitait renoncer à l’islam, ce qui la met « sérieusement en danger », souligne l’ONG.

Elle avait été arrêtée à son arrivée à Bangkok depuis le Koweït, où elle était arrivée avec sa famille avant de lui faire faux bond.

À la suite d’une mobilisation en sa faveur sur les réseaux sociaux, les autorités thaïlandaises, qui effectuent fréquemment des refoulements à la frontière, avaient renoncé à la renvoyer contre son gré et l’avaient laissée quitter l’aéroport avec des représentants du HCR.

« Comme l’a dit le premier ministre [Justin Trudeau], le Canada croit très fort à la défense des droits de la personne dans le monde, et nous pensons fermement que les droits des femmes sont des droits de la personne. »

— Chrystia Freeland, ministre des Affaires étrangères

Vendredi, le premier ministre Justin Trudeau avait lui-même confirmé avoir finalement accordé l’asile à la jeune femme.

Tensions entre Riyad et Ottawa

La décision du Canada risque de raviver la crise diplomatique sans précédent qui mine les relations entre Riyad et Ottawa depuis l’été dernier.

L’Arabie saoudite avait annoncé en août dernier l’expulsion de l’ambassadeur du Canada, rappelé le sien et gelé tout nouveau commerce ou investissement avec le Canada. Cette décision faisait suite à un tweet d’Ottawa, quelques jours plus tôt, appelant à la libération immédiate de militants saoudiens des droits de la personne arrêtés peu avant, dont Samar Badawi, sœur du blogueur emprisonné Raif Badawi, dont la femme et les trois enfants vivent réfugiés au Québec.

L’Arabie saoudite est l’un des pays les plus restrictifs pour les droits des femmes. Elles y sont notamment soumises à la tutelle d’un homme (père, mari ou autre) qui exerce sur elles une autorité arbitraire et prend à leur place les décisions importantes.

L’affaire Qunun a pris une dimension particulière après le meurtre début octobre du journaliste Jamal Khashoggi au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, en Turquie.

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