Chronique

Beau décor et belles confidences 100 % naturelles

C’est rare en télé que la forme et le fond d’une émission s’harmonisent parfaitement. Pour son retour hivernal, La vraie nature de TVA maintient cet équilibre fragile entre la beauté des décors et le contenu pertinent des entrevues.

L’émission de dimanche soir, qui a réuni l’animateur Paul Houde, l’humoriste Cathy Gauthier et le sportif Éric Gagné, a été excellente. Partez ici une musique folk réconfortante et enveloppez-vous dans une catalogne lourde et chaude.

Tous les lieux d’entrevue ont l’air de cocons douillets dignes d’un tableau Pinterest dans La vraie nature. Le quai illuminé, la grange aux trésors, la table vintage d’apéro, le salon aux chandelles et foyer ainsi que le petit-déjeuner servi sous les arbres : tout porte à la confidence.

Et ça fonctionne. C’était émouvant de voir Cathy Gauthier, 41 ans, affirmer qu’elle était fière de son parcours. 

« Je suis partie de rien. Je ne veux pas vivre aux crochets de personne. »

— Cathy Gauthier, entre deux sanglots

En se revoyant en légère camisole pendant son spectacle 100 % vache folle de 2005, Cathy Gauthier a eu un choc. « C’était beaucoup trop », concède-t-elle.

L’ex-lanceur des Dodgers de Los Angeles Éric Gagné a admis qu’il ne savait pas précisément quelle quantité d’hormones de croissance il s’injectait. « J’ai triché, je n’ai pas d’excuses », a expliqué le lauréat du trophée Cy Young, qui gagnait à l’époque 12 millions par année. Fait cocasse : Éric Gagné n’avait aucune, mais aucune idée de qui était Cathy Gauthier.

L’animateur Jean-Philippe Dion dose bien ses questions. Il n’agresse pas ses invités, mais finit toujours par leur soutirer des pépites d’information intéressantes.

Paul Houde a parlé de l’intimidation qu’il a subie au collège en raison de son petit gabarit. « Le meilleur moyen de se défendre, c’est d’être nerd », a-t-il rappelé.

Bien aimé aussi les révélations de Paul Houde sur ses débuts raboteux à La fin du monde est à 7 h. C’est sa femme Francine qui l’a convaincu de ne pas démissionner après sa première participation.

Entre La vraie nature et Tout le monde aime de Sonia Benezra, aucune hésitation : je saute dans la chaloupe jaune et je ramerai à contre-courant, s’il le faut.

La voix monte !

Parlons chiffres, maintenant. La voix 7 de TVA a été regardée par 2 037 000 téléspectateurs dimanche soir, en hausse par rapport aux 1 938 000 qui ont visionné la mise à feu de l’an passé.

Tout le monde en parle (949 000) et Vlog (944 000) ont suivi, tandis que La vraie nature a recueilli la faveur de 821 000 adeptes.

Jeudi soir, l’émission 1res fois (572 000) de Véronique Cloutier a été battue par Le bon docteur (702 000) à TVA. Le hockey du Canadien à RDS (666 000) a brouillé la répartition des audiences. En toute honnêteté, l’émission de Véro avec Kim Thúy et Jay Du Temple n’a pas été aussi surprenante que celle de Stéphane Rousseau et Maripier Morin.

Plus vite !

Après la barre des 200, j’ai arrêté de compter vos courriels de réaction à ma chronique de samedi, où je déplorais la stagnation des intrigues dans la majorité des téléromans québécois. Merci pour les commentaires. Je les ai tous lus.

À 99,9 %, vous avez été d’accord avec moi : à bas les intrigues qui n’aboutissent pas, la multiplication des invraisemblances et les histoires qui tournent en rond. Vous êtes nombreux à faire des sudokus ou à éplucher les réseaux sociaux tout en regardant discrètement l’écran. Ce n’est pas normal.

On aime la télé québécoise et on aimerait bien que la télé québécoise nous aide à mieux l’aimer.

D’ailleurs, j’ai l’impression que ça va passer ou casser pour plusieurs émissions cette semaine. La période d’essai prend fin et un grand débranchement s’opérera.

C’est paradoxal, car au moment où plusieurs téléromans traînent de la patte, District 31 a sorti un autre revirement de son chapeau. La réunion au sommet des criminels Donald Welsh (Martin Larocque), Denis Larose (Steve Banner) et Robin Ménard (Jean-Nicolas Verreault), qui ont kidnappé le pauvre Clément Fecteau (Pierre Leblanc) des services secrets, a catapulté le récit dans une autre dimension. Voilà le genre de retournement qui nous accroche à une série. Merci, Luc Dionne.

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