Face à face avec…

Jordan Harris

La saison a été fertile en émotions pour l’espoir des Canadiens Jordan Harris. Il a été choisi par Montréal au troisième tour du repêchage de 2018 (71e au total), il a entrepris sa première saison de hockey universitaire et il vient de remporter le tournoi Beanpot avec son équipe, les Huskies de l’Université Northeastern. Nous nous sommes entretenus avec l’athlète originaire de Haverhill, au Massachusetts, pour en savoir plus sur cette victoire importante obtenue au TD Garden en compagnie de Cayden Primeau, et plus encore.

Félicitations pour cette victoire au tournoi Beanpot ! Raconte-nous comment ça s’est passé.

JORDAN HARRIS : C’était vraiment bien. Surtout que j’ai grandi au Massachusetts et que j’ai suivi ce tournoi-là quand j’étais jeune, alors c’était vraiment palpitant d’y participer. Ma famille et moi allions toujours voir des matchs universitaires durant mon enfance. [Le tournoi Beanpot] faisait assurément partie de la liste de matchs à ne pas manquer au cours d’une saison.

Était-ce l’amphithéâtre le plus vaste et le contexte le plus prestigieux dans lesquel tu aies jamais évolué ?

J.H. : Jusqu’ici, oui, c’est sûr. Surtout qu’il y a eu tous les étudiants de mon université qui sont venus assister au tournoi. Jouer au TD Garden a représenté quelque chose de vraiment spécial. Je dirais qu’effectivement, je n’avais jamais joué devant une foule aussi imposante.

Ç’a eu une influence sur ta préparation et ta performance ?

J.H. : C’est sûr que je l’ai remarqué quand nous sommes arrivés sur place. Mais ça ne m’a pas vraiment affecté jusqu’au match ou même le lendemain. Avant le match, tu es tellement concentré sur ce que tu dois faire. Ça ne t’atteint pas à ce moment-là. Cependant, quand j’ai regardé les photos et quelques-unes des vidéos le lendemain, j’ai réalisé que oui, c’était un peu la folie de se retrouver dans ce genre de situation.

Tu as récolté un point en finale du tournoi. Crois-tu qu’obtenir un point dans un match aussi important te donnera une bonne dose de confiance pour la suite de la saison ?

J.H. : Un peu. J’étais juste content d’avoir pu contribuer. Ça m’a aidé à me calmer un peu et à mieux rentrer dans le match. C’était bien de s’inscrire au tableau collectivement. Ç’a été un petit tonique pour la confiance, c’est sûr.

Raconte-nous comment ç’a été de jouer avec Cayden Primeau, de le voir jouer dans un contexte de tournoi ?

J.H. : Cayden a été formidable. C’est une bonne personne sur la glace et en dehors. Je sais qu’il aime la compétition et il travaille extrêmement fort. Le simple fait d’avoir pu jouer avec lui cette saison… Je l’ai rencontré au camp d’entraînement des Canadiens l’été dernier. D’avoir pu apprendre à le connaître et de voir à quel point il veut gagner, de voir tout le travail qu’il fait tous les jours pour perfectionner son art, c’est plaisant d’avoir un coéquipier comme lui. Il joue bien quand l’enjeu est important. Surtout au Beanpot, où il a été nommé joueur le plus utile à son équipe et meilleur gardien. Pour nous, dans l’équipe, ça n’a pas vraiment été une surprise, parce que ce sont des choses que nous le voyons faire tous les jours. Ç’a été formidable de l’avoir eu pour surveiller nos arrières cette saison, c’est sûr.

Tu es parmi les meneurs de ton équipe pour le différentiel de buts et les tirs bloqués, et tu es bien placé au classement des pointeurs chez les défenseurs des Huskies cette saison. Est-ce juste de dire que la phase de transition entre l’école secondaire et l’université s’est bien déroulée dans ton cas ?

J.H. : Ça s’est bien passé. Je suis content de la façon dont j’ai pu contribuer aux succès de l’équipe. C’est certain qu’il a fallu une certaine période d’ajustement en arrivant de l’école secondaire-la vitesse du jeu, la façon dont notre équipe joue. Les entraîneurs m’ont offert un soutien remarquable et ils ont partagé leurs connaissances. C’était bien. Mes coéquipiers ont été formidables. J’ai discuté avec certains des vétérans et ils m’ont donné de très bons conseils sur la routine à suivre quotidiennement, sur les façons de composer avec le fait que c’est une longue saison, sur la nécessité de bien contrôler ses émotions-jamais trop de hauts ni trop de bas. Je n’aurais pu demander mieux comme environnement ou équipe pour faire mes débuts.

Quand nous nous sommes entretenus avec ton ancien entraîneur, Tim Whitehead il nous a dit que tu étais un très bon joueur à la crosse quand tu fréquentais l’Académie Kimball Union. On imagine que ta carrière dans ce sport est maintenant terminée ?

J.H. : Oui, c’est sûr. Ç’a été plaisant le temps que ç’a duré, mais je ne joue plus à la crosse.

Quel est l’ajustement le plus important que tu aies eu à faire en t’amenant dans les rangs universitaires ?

J.H. : Je dirais que c’est la compréhension du jeu dans son ensemble, mentalement. Le jeu dans les rangs universitaires est plus collectif, et il faut comprendre quelles sont les attentes à ton endroit en tant que joueur qui doit performer à ce niveau plus élevé. À l’école secondaire, ce n’est pas autant axé sur le système. Cette saison, il a fallu se concentrer sur les plus petits détails. C’est la chose qui m’a le plus frappé : veiller à l’exécution de tous les petits détails au meilleur de tes capacités, en tout temps, et rester alerte pendant les 60 minutes du match.

Que penses-tu des chances de ton équipe de décrocher le championnat de l’Association Hockey East et/ou d’obtenir une place au tournoi de championnat de la NCAA ?

J.H. : Nous sommes en bonne position pour y arriver. Je pense qu’il nous reste sept matchs à disputer. Ce seront tous des matchs extrêmement importants pour nous, surtout que notre objectif est de terminer le plus haut possible au classement de la Hockey East et, espérons-le, d’accéder au tournoi de la NCAA. J’ai confiance en notre équipe et en sa capacité de bien faire. La dernière étape est vraiment importante pour nous et nous voulons juste nous donner les meilleures chances possibles de faire un long parcours dans les matchs éliminatoires.

Par Dan Braverman, traduit par Philippe Germain

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