LE MONDE EN BREF

Alep sous les bombes

L’armée syrienne a annoncé hier soir le début d’une offensive dans la partie rebelle de la ville d’Alep, avec l’objectif ultime de reprendre ce secteur qui lui échappe depuis 2012. D’après l’Observatoire syrien des droits de l’homme, des quartiers rebelles de la ville ont essuyé les « frappes les plus intenses depuis des mois ». L’opération s’est produite au moment où des dirigeants d’une vingtaine de pays et organisations internationales étaient réunis à New York pour reprendre le processus diplomatique en vue d’une solution à cette guerre. — AFP

199 500 $US

Somme à laquelle ont été adjugées, lors d’une vente aux enchères de la maison Christie’s à New York, des bottes de cowboy faites de peau d’autruche et de grenouille que l’ex-président américain Ronald Reagan avait reçues en cadeau.

— AFP

L’opposition veut y croire malgré un référendum tardif

L’opposition se remobilisait hier au Venezuela pour maintenir la pression sur le pouvoir au lendemain de l’annonce des autorités électorales qui ont écarté tout référendum contre le président Nicolas Máduro en 2016, faisant disparaître les espoirs d’une alternance politique dans ce pays en crise. Mercredi soir, le Conseil national électoral (CNE) a annoncé que la consultation populaire « pourrait avoir lieu au milieu du premier trimestre 2017 ». Pour que des élections anticipées aient lieu, le référendum devait avoir lieu d’ici au 10 janvier 2017 et être couronné de succès. — AFP

« J’aurais préféré mourir avec eux »

ROSETTE — Comme des centaines de milliers de personnes fuyant la pauvreté ou la guerre en 2016, Mohamed Metwali a voulu, à n’importe quel prix, tenter la traversée de la Méditerranée.

Cet Égyptien de 27 ans, sa femme et son fils se trouvaient à bord du bateau de pêche qui a fait naufrage mercredi à 12 kilomètres au large de Rosette, sur la côte nord de l’Égypte.

Résultat : ses proches sont morts et lui est hospitalisé à Rosette, où des menottes l’attachent à son lit car il a été placé en rétention.

« Il n’y a que moi qui aie survécu, et j’aurais préféré mourir avec eux ».

Son embarcation de fortune, à destination de l’Italie, transportait jusqu’à 450 migrants, selon les témoignages de plusieurs rescapés.

Si 163 personnes ont survécu au drame, au moins 42 sont mortes et des dizaines sont toujours portées disparues.

« J’ai risqué ma vie, celles de ma femme et de mon fils pour leur offrir une vie meilleure. »

— Mohamed Metwali, rescapé du naufrage

Allongé près de M. Metwali, Badr Abdel Hafez pleure en silence.

« Nous étions environ 400. J’étais avec ma femme et mes trois enfants. Ils sont tous morts », lâche dans un souffle le jeune homme de 28 ans.

« J’AI VU LA MORT »

Devant l’hôpital et le poste de police de Rosette, des familles se sont pressées dans l’espoir d’obtenir des informations sur un proche porté disparu.

Et au commissariat, plus de 150 rescapés, de jeunes hommes pour la plupart, étaient placés en rétention : en majorité des Égyptiens, mais aussi des Soudanais, des Somaliens et des Syriens.

10 000

Plus de 10 000 migrants ont perdu la vie en Méditerranée depuis 2014, dont au moins 3200 depuis le début de 2016, selon le HCR

« Tout est devenu plus cher ici. Je ne pouvais pas économiser pour me marier. Je voulais partir en Italie pour me faire de l’argent », confie Mohamed Ahmed, étudiant de 17 ans, qui a déboursé 2000 euros (2900 $) pour pouvoir entreprendre la traversée.

Selon lui, une centaine de personnes se trouvaient dans la chambre froide du bateau. « Seuls moi et mon ami avons réussi à en sortir », dit-il.

Allongée près de lui sur le sol, Soumaya, d’origine soudanaise, a payé 2000 $ pour rejoindre son mari en Europe. « Je ne le referai plus jamais. J’ai vu la mort de mes propres yeux », jure-t-elle.

— Agence France-Presse

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.