États-Unis – Vers les élections de mi-mandat

Six courses dans notre viseur

Si on additionne les 435 sièges à pourvoir à la Chambre des représentants, les 35 sièges du Sénat, les 39 postes de gouverneur, les 300 maires, procureurs, juges et les autres élus locaux… ce sont près de 1000 courses électorales qui connaîtront leur dénouement le 6 novembre ! Quelles sont les plus intéressantes à suivre ? En voici six, choisies par notre équipe.

Texas – Sénateur de l’État

Ted Cruz contre Beto O’Rourke

Qui sera candidat démocrate à la présidentielle de 2020 ? À la liste déjà longue des prétendants, on ajoutera le nom de Beto O’Rourke s’il réussit l’impossible et ravit au républicain Ted Cruz son siège de sénateur du Texas. À première vue, O’Rourke, membre de la Chambre des représentants âgé de 46 ans, ne devait pas constituer un rival embarrassant pour Cruz. Celui-ci profite d’un profil national aux États-Unis et le Texas n’est pas exactement un royaume démocrate. Mais voilà que, grâce à son charisme et à ses idées progressistes, O’Rourke a resserré l’affrontement. Un peu à la manière d’un jeune Obama, il est un communicateur exceptionnel. O’Rourke président des États-Unis en 2021 ? Un pari fou, bien sûr ! Mais à l’automne 1990, un certain gouverneur de l’Arkansas commençait lui aussi à faire parler de lui dans l’arène nationale. Et deux ans plus tard, Bill Cinton accédait à la Maison-Blanche. — Philippe Cantin, La Presse

Californie – Chambre des représentants

Dana Rohrabacher contre Harley Rouda

Les inclinations prorusses du représentant californien Dana Rohrabacher mettront-elles un terme à son règne ininterrompu de 30 ans au Congrès ? Considéré comme l’un des bastions républicains les plus sûrs de la Californie, le district d’Orange County pourrait bientôt basculer entre les mains des démocrates. Les récents sondages montrent le candidat à égalité avec son adversaire, l’avocat démocrate Harley Rouda. Le New York Times a rapporté qu’en 2012, le FBI avait prévenu le politicien de 71 ans que le Kremlin le considérait comme une source si importante qu’il lui avait attribué un nom de code. Son nom a par ailleurs été associé à celui de l’espionne russe Maria Butina, avec qui il a soupé en février 2017, ainsi qu’à celui de l’avocate Natalia Veselnitskaya, qui est dans la ligne de mire du procureur spécial Robert Mueller.

— Daphné Cameron, La Presse

Géorgie – Gouverneur de l’État

brian kemp contre stacey abrams

À 45 ans, l’avocate, politicienne et écrivaine Stacey Abrams a déjà marqué l’histoire en devenant la première candidate noire à un poste de gouverneur aux États-Unis. Si elle remporte le vote en Géorgie, elle pourrait pousser plus loin le précédent en devenant la première femme noire jamais élue à un tel poste. Stacey Abrams a siégé au sein de la législature de la Géorgie pendant 10 ans. Elle a aussi vendu des dizaines de milliers d’exemplaires de ses « suspenses romantiques » publiés sous le pseudonyme de Selena Montgomery. La candidate qui représente l’aile progressiste démocrate fait face au gouverneur sortant Brian Kemp, un républicain conservateur qui a reçu l’appui de Donald Trump. Les sondages placent les deux candidats à égalité. 

— Agnès Gruda, La Presse

Arizona – Sénateur de l’État

Martha McSally contre Kyrsten Sinema

En Arizona, la course pour remplacer le sénateur républicain Jeff Flake – ce critique de Donald Trump qui lorgnerait, murmure-t-on, la présidence en 2020 – est tellement serrée que les analystes n’osent pas se prêter au jeu des prédictions. Une chose est sûre, cependant : peu importe qui l’emportera, ce sera la première femme à représenter l’Arizona au Sénat. Côté républicain, Martha McSally, 52 ans, qui a servi en Irak et en Afghanistan et a été la première femme pilote américaine à participer à des combats. Côté démocrate, Kyrsten Sinema, 42 ans, qui a vécu une partie de son enfance à la dure, dans une station-service abandonnée de Floride. Une histoire touchante, mais… un peu exagérée, a révélé le New York Times. Si elle est élue, Mme Sinema marquera l’histoire d’une autre façon : elle deviendra la première sénatrice bisexuelle des États-Unis. — Isabelle Hachey, La Presse

Dakota du Nord – Sénateur de l’État

Heidi Heitkamp contre Kevin Cramer

En 2017, Heidi Heitkamp a été l’un des trois élus démocrates au Sénat à voter en faveur de la nomination du juge conservateur Neil Gorsuch, choisi par Donald Trump, à la Cour suprême. Elle n’avait pas vraiment le choix : le Dakota du Nord vote républicain à la présidentielle depuis 1968 et elle avait remporté son siège à l’arraché en 2012, alors qu’elle succédait à un sénateur démocrate de longue date qui gagnait généralement par 20 % des voix. Jusqu’à l’été dernier, la sénatrice Heitkamp – qui s’est fait connaître dans cet État peu populeux du Midwest comme procureure générale en poursuivant avec succès les sociétés de tabac dans les années 90 – n’avait qu’un à quatre points de retard sur son opposant républicain, Kevin Cramer. Mais le débat sur la nomination de Brett Kavanaugh a propulsé l’avance de Cramer, qui a publiquement dénigré le témoignage de Christine Blasey Ford, à 10 points devant son adversaire démocrate. — Mathieu Perreault, La Presse

Virginie-Occidentale – Sénateur de l’État

Joe Manchin contre Patrick Morrisey

Le sénateur démocrate de la Virginie-Occidentale, Joe Manchin, se bat cet automne contre son opposant républicain, le procureur en chef de l’État, Patrick Morrisey. Cette course devrait en principe être facile à remporter pour les républicains : les deux tiers des électeurs de la Virginie-Occidentale ont appuyé la candidature de Donald Trump à l’élection présidentielle de 2016, et le président demeure populaire dans l’État. Or, Manchin est lui aussi populaire et jouit d’une campagne mieux financée que celle de son opposant. Donald Trump a tenu plusieurs rassemblements dans l’État au cours des derniers mois, et a vanté le travail « impeccable » fait par M. Morrisey. Mais rien n’est joué : dans le passé, Patrick Morrisey a été lobbyiste pour des sociétés pharmaceutiques, et les démocrates l’accusent d’avoir contribué à la crise dévastatrice de dépendance aux opioïdes dans l’État. — Nicolas Bérubé, La Presse

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