Expertise locale

Des manteaux québécois
pour braver l’hiver

Parce qu’ils ont quelques rudes hivers derrière la cravate, les Québécois ont acquis une certaine expertise dans la confection de manteaux chauds. Portrait de la marque Audvik et suggestions de manteaux résistants au froid polaire.

UN DOSSIER D'OLIVIA LÉVY

La relance d’Audvik

En 2012, Sophie Boyer n’avait que 24 ans lorsqu’elle a acheté Audvik, une marque de manteaux qui existe depuis 1979, mais qui était en déclin. Elle venait de terminer ses études en administration des affaires à l’Université de Sherbrooke, où elle était athlète étudiante. Elle a pratiqué le ski de fond à un très haut niveau.

« Très jeune, je savais que j’allais travailler dans les vêtements de sport, ça a toujours été une passion, ma famille est dans le domaine, et j’ai eu cette chance de pouvoir acquérir Audvik [qui signifie “qualité de vie” dans la légende inuit] », dit Sophie Boyer, très enthousiaste, que nous avons rencontrée dans son atelier situé dans le quartier Chabanel, à Montréal.

Les manteaux, elle connaît ça, car elle a travaillé pendant toutes ses études chez Sports Experts et y a acquis une expertise. « Je savais tout ce qui se faisait sur le marché, ici et à l’étranger », lance-t-elle.

Réinventer le parka

Depuis six ans, Sophie Boyer a rajeuni la marque, et s’est employée à la faire connaître auprès des jeunes de son âge. « J’ai tenté de réinventer le parka avec une coupe plus droite, un double capuchon qui donne un style plus urbain en plus d’être ultraléger. J’ai voulu transmettre à l’entreprise mon amour pour le sport et le plein air. » C’est sa mère qui est la designer de tous les manteaux. « Ma mère travaille pour un studio de design. Elle a toujours dessiné des vêtements de sport. Il était donc très naturel de l’embaucher ! »

Audvik compte maintenant une dizaine de modèles de manteaux de style intemporel pour hommes et pour femmes, tous fabriqués au Québec. Ils portent des noms de villes : Ibiza, Monaco, Miami, Rio, « des villes où il fait chaud, car les manteaux tiennent au chaud ! », tient-elle à préciser.

Les parkas urbains s’appellent Montréal et Toronto, puis ceux d’inspiration scandinave sont nommés Oslo et Stockholm. La particularité ? « Ils sont tous très performants », répond Sophie Boyer sans hésiter. Cet aspect a toujours été très important à ses yeux lorsqu’elle était elle-même athlète. Elle explique que l’isolant synthétique utilisé est le plus léger et le plus chaud qui se fait sur le marché. Le tissu extérieur de tous les manteaux est 100 % imperméable en plus d’être très respirant. « Il protège du froid jusqu’à-30 degrés Celsius. »

Sophie Boyer observe que les gens ont envie d’acheter des manteaux qui sont fabriqués au Québec, car on vit dans le froid, on sait comment l’apprivoiser et notre expertise en la matière est reconnue.

« Il y a une vraie valeur ajoutée à acheter un manteau conçu et fabriqué au Québec, car en plus d’être de vrais spécialistes, je pense qu’il y a aussi une volonté d’acheter un produit local. »

— Sophie Boyer, propriétaire d’Audvik

Elle est bien consciente que cela a un prix. « C’est un investissement qui coûte entre 600 et 800 $ pour un produit de qualité, qui sera durable et qui est garanti à vie. » Audvik fabrique 1000 manteaux par année.

Et la fourrure ? Elle est en option sur les manteaux.

« On a de la fourrure recyclée, les gens ont le choix d’en ajouter au pas. »

Des défis

Audvik mise notamment sur les réseaux sociaux pour se faire remarquer, par l’entremise des ambassadeurs de la marque comme Charles Hamelin, Marianne St-Gelais, Charles-Antoine Sinotte, de TVA Sports, la blogueuse Camille Dg, la youtubeuse Éliane Duquet, ainsi que des photographes d’aventure qui aiment la nature.

Son plus grand défi ? Trouver une main-d’œuvre qualifiée. « Mes deux couturières principales confectionnaient des maillots de bain avant ! On les a formées, et elles sont incroyables », estime Sophie Boyer.

Dans l’avenir, elle souhaite augmenter sa production, être présente dans le reste du Canada et en Europe, où elle sent qu’il y a un vrai intérêt.

Les manteaux Audvik se retrouvent dans différents points de vente au Québec, dont Sports Experts, La Cordée et Sportium. On peut aussi prendre rendez-vous pour un essayage à l’atelier pendant la semaine.

D’autres manteaux québécois

Coup d’œil sur les modèles offerts par trois autres fabricants de manteaux d’hiver québécois.

Kanuk

Fondée en 1970, Kanuk est une entreprise qu’on connaît bien, son atelier-boutique est situé au cœur de Montréal, rue Rachel. Kanuk fabrique ici des manteaux de qualité qui protègent du grand froid.

Ookpik

Ookpik signifie « harfang des neiges » en inuktitut. La marque créée par Sylvain Roy conçoit ici des parkas nordiques élégants tout en étant performants face aux grands froids.

Quartz Co

Fondée en 1997 à Saint-Hyacinthe, Quartz Co s’est vite fait connaître avec ses manteaux chauds et résistants au froid, au design très urbain.

La marque vient de lancer la collection EDITION, une ligne de parkas inspirée de classiques canadiens et repensée pour le code vestimentaire d’aujourd’hui. 

Canada Goose

Née dans un petit entrepôt de Toronto en 1957, Canada Goose est l’un des plus grands fabricants de vêtements haut de gamme. Les manteaux ultra-performants et vêtements sont produits au Canada, à Toronto, Winnipeg et Boisbriand. Le premier magasin situé en sol québécois ouvre ses portes le 16 novembre à Montréal au 1020, rue Sainte-Catherine Ouest, au coin de Peel. 

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