La bande annonce préférée de… Sophie Lorain

Chicago

Réaliser une bande-annonce de film est un art en soi. En plus de donner envie aux cinéphiles de voir le long métrage, sans tout révéler pour autant, elle doit établir une ambiance, une signature. Chaque semaine, pendant un mois, des réalisateurs québécois nous présentent leur préférée.

Pourquoi est-elle votre préférée ?

Les bandes-annonces de comédies musicales sont particulièrement difficiles à réussir. Il y a tellement de contenu à livrer que ça peut avoir l’air d’un fouillis. Celle de Chicago est très bien faite, car elle manie bien le fil narratif à travers la musique, la danse et le montage, qui est aussi serré que celui du film. C’est très beau et enlevant ! Ça dit tout ce que ça doit dire, sans tout révéler du film. Et la direction artistique est très forte. J’aime le travail du réalisateur Rob Marshall. Ça prend beaucoup de talent pour créer une comédie musicale au grand écran. C’est l’un des rares moments au cinéma où la mise en scène peut se mettre en avant de tout, en quelque sorte.

Aimeriez-vous réaliser une comédie musicale ?

J’ai été tellement jalouse en regardant La La Land ! C’est l’un des plus beaux films que j’ai vus depuis longtemps ! Il y a de quoi être envieux. Mais ça prend de gros moyens pour faire une bonne comédie musicale. À moins d’avoir un petit bijou de scénario.

Sur quoi misez-vous en créant la bande-annonce de vos films ?

J’aime que les gens puissent être tentés d’aller voir notre travail. C’est un teaser, le mot le dit. Je pense aussi qu’il faut respecter le fait qu’une bande-annonce est un divertissement pur, peu importe le film. C’est important de ne pas tricher en donnant quelque chose que le film n’est pas. On doit en montrer juste assez pour être intéressant, mais sans faire comme les bandes-annonces interminables qui racontent tout le film.

Parmi les films que vous avez réalisés, scénarisés et produits, lequel a la meilleure bande-annonce ?

Celle de Charlotte a du fun, je la trouve belle et simple. Elle dit ce qu’elle a à dire. Elle est rythmée et pas menteuse. Elle se concentre sur le propos : l’éveil de la sexualité et la liberté sexuelle. J’aime aussi celle de C’est le cœur qui meurt en dernier. On est complètement ailleurs. Je trouve qu’elle témoigne du film avec une grande justesse.

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