Gala de la gastronomie

Des Lauriers bien variés

Réunissez environ 850 personnes du milieu de la restauration québécoise dans une ancienne église (Le Salon 1861, dans Griffintown) et vous aurez tout sauf une ambiance de recueillement : hier soir se tenait le premier gala des Lauriers de la gastronomie, animé par Christian Bégin.

Le résultat de la remise de prix était agréablement inclusif : des hommes, des femmes, des gens de tous les métiers entourant la gastronomie venus de Québec, de Ferme-Neuve, du Bic, etc. Rappelons que les finalistes et les gagnants étaient choisis par une « brigade » composée de plusieurs centaines de gens du milieu et par un jury de sept personnes, révélé hier soir : le chef Stéphane Modat (président), la reine de la cuisine de rue Gaëlle Cerf, l’écrivain et enseignant Jean-Paul Grappe, Ian Harrison du magazine Ricardo, la sommelière Élyse Lambert, le critique Jean-Philippe Tastet et la journaliste Allison Van Rassel.

L’organisation tenait à tout prix à briser le côté formel de la remise de prix. Plutôt que de monter sur une scène, les lauréats étaient invités à marcher sur une passerelle pour recevoir leur trophée. Colombe St-Pierre, gagnante du prix de Chef de l’année, est même arrivée en faisant une culbute. Antonin Mousseau-Rivard a pour sa part envahi la plateforme avec une vingtaine de membres de l’équipe du Mousso pour aller chercher son prix de Restaurant de l’année.

La soirée s’est conclue avec un cocktail dînatoire et un concert de Radio Radio.

Nouveau pont Champlain

52 accidents de travail depuis le début des travaux

Le chantier du nouveau pont Champlain a été le théâtre de 52 accidents de travail, dont 11 (21 %) qui ont entraîné des absences au travail pour les travailleurs blessés depuis le début des travaux, en avril 2015, selon des données fournies à La Presse par le consortium Signature sur le Saint-Laurent (SSL).

Malgré l’accélération récente des travaux nécessaires pour respecter l’échéancier d’ouverture du nouveau pont, repoussé au 21 décembre par Infrastructure Canada, SSL a réussi à maintenir un bilan de santé et sécurité relativement positif pour un chantier aussi important. Environ 1100 travailleurs sont présentement à l’œuvre pour construire le nouveau pont Champlain, soit presque le double de l’an dernier.

Depuis le début de 2018, certains incidents ont quand même retenu l’attention, et ce, d’autant plus que des représentants syndicaux craignaient que l’accélération des travaux n’engendre des conditions de travail dangereuses.

En janvier, un travailleur qui inspectait des travaux de soudure dans la structure du mât principal a fait une chute de plusieurs mètres dans une poutre-caisson. Blessé au dos et aux jambes, l’homme a dû être secouru à l’aide d’une grue de chantier parce qu’il se trouvait à l’intérieur d’une structure située à 35 mètres du sol.

Un mois plus tard, un autre travailleur a dû être évacué en ambulance vers l’hôpital après avoir été blessé à la tête par une pièce de plusieurs tonnes qui tournoyait sur elle-même alors qu’elle était transportée par une grue.

Plus récemment, une autre grue a heurté une ligne à haute tension. Le conducteur de la grue a heureusement pu sortir de sa cabine sans mal.

« Ce n’est pas beaucoup »

Pour Philippe Lapointe, chargé de communication à la FTQ-Construction, un chantier de construction demeurera toujours « un endroit dangereux ». Le syndicat a toutefois obtenu de l’employeur, dans le cas précis du nouveau pont Champlain, qu’un conseiller syndical en prévention des accidents soit toujours présent durant les travaux, « ce qui permet d’éviter bien des situations. »

« On s’entend qu’un seul accident de travail, c’est toujours un de trop, dit M. Lapointe. Par contre, pour un chantier de cette envergure-là, 52 accidents en trois ans, ce n’est pas beaucoup. Nous pensons que la présence de nos représentants y est pour quelque chose. On est relativement chanceux parce qu’il n’y a pas eu de décès, mais il y a quand même des drôles d’accidents qui sont survenus. »

M. Lapointe indique qu’on a ainsi recensé des cas de barges instables sur le fleuve Saint-Laurent. Une grande partie des travaux de construction doit être réalisée à partir de ces barges présentes sur le fleuve, autour de la structure en construction. Il y a deux ans, un remorqueur a aussi coulé à pic alors qu’il déplaçait une de ces structures fixées au fond du fleuve par un pieu qui ne s’était pas relevé, comme il aurait dû le faire.

Bien que ce dernier incident n’ait pas fait de blessés, il a fait l’objet d’une enquête de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), ce qui a forcé l’immobilisation de nombreuses embarcations durant plusieurs jours.

Transports

Québec lance sa politique de mobilité durable

Le gouvernement du Québec lance aujourd’hui une nouvelle politique de mobilité durable, promise depuis plus d’un an, à laquelle il prévoit consacrer quelque 3,5 milliards sur cinq ans afin de rendre les transports plus « propres », dans les centres urbains aussi bien qu’en régions.

Le développement de services de transports collectifs sera le plus grand bénéficiaire de cette politique, largement axée sur l’essor des transports électriques et la création d’une gamme nouvelle de services plus confortables et attrayants afin d’en favoriser l’utilisation.

La nouvelle politique contiendra toutefois des volets consacrés au transport aérien régional, au transport des marchandises, à l’accélération des investissements sur les pistes cyclables et les sentiers piétonniers, et au soutien des « nouvelles mobilités » comme le taxibus et l’auto en libre-service.

Les sommes prévues par Québec pour financer la plupart de ces iniatives ont déjà été annoncées dans le dernier budget provincial, le mois dernier. La politique qui sera annoncée aujourd’hui contiendra toutefois plusieurs mesures et intentions législatives pour faciliter le virage vers une mobilité plus écologique et durable.

Réduire les GES

Le Québec n’a plus de politique des transports depuis de nombreuses années. Entre 2007 et 2011, une politique de développement des transports collectifs a permis de financer de nombreuses initiatives pour améliorer les services de métro, de trains de banlieue ou de bus. Ces améliorations de services ont entraîné une hausse globale de fréquentation de 11 %, à l’échelle du Québec, dans les transports collectifs. Malgré son succès, cette politique n’a pas été renouvelée.

La nouvelle politique de mobilité durable qui sera présentée aujourd’hui est beaucoup plus large. Elle touchera toutes les dimensions du transport, avec un objectif clair de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) responsables des changements climatiques. Plus de 40 % des émissions de GES, au Québec, proviennent des transports.

Trois grands projets

Au cours des derniers mois, le gouvernement Couillard a donné le feu vert à trois grands projets de transports en commun, soit le prolongement de la ligne bleue du métro dans l’est de Montréal, la construction du Réseau express métropolitain de la Caisse de dépôt et placement du Québec, et un grand projet de tramway et de bus express à Québec. Ces trois grands projets généreront à eux seuls des investissements de 13,5 milliards dans les prochaines années.

Dans son dernier budget, Québec a promis de consacrer 3,5 milliards additionnels à la mise en œuvre de sa nouvelle politique de mobilité durable, dont 845 millions, sur cinq ans, pour l’amélioration des services existants de transports en commun et de transport adapté.

Parmi les engagements financiers visant d’autres volets de sa politique, notons des investissements supplémentaires de 250 millions sur cinq ans pour la réfection de la voirie locale, une somme de 173 millions pour favoriser le maintien des dessertes aériennes dans les régions, et une somme de 65 millions, sur cinq ans, pour « accélérer le développement du transport actif », soit la marche et le vélo, dans toutes les régions du Québec.

Projet de loi modernisant la vente d’alcool

Les directeurs de police craignent une montée de l’alcool de contrebande

Québec — Les directeurs de police craignent que Québec ne favorise la vente d’alcool de contrebande par son projet de loi modernisant la vente d’alcool, alors qu’on permettrait aux établissements licenciés de préparer des carafons de vin et des mélanges de boissons alcooliques avant qu’ils soient commandés, avec l’obligation de les vendre le jour même.

Dans son mémoire qui sera déposé aujourd’hui à la dernière journée d’auditions de la commission parlementaire étudiant le projet de loi 170, l’Association des directeurs de police du Québec prévient que « des produits non identifiables pourraient être substitués frauduleusement par certains titulaires de permis [d’alcool] pour d’autres produits moins dispendieux, peut-être même de qualité non contrôlée ».

« Certains tenanciers de bar pourraient, par exemple, faire du transvidage et favoriser ainsi la contrebande d’alcool, puisqu’on ne sera pas en mesure de vérifier ce qu’ils versent réellement dans les carafons », plaide Helen Dion, présidente de l’Association, en entrevue avec La Presse.

Selon les directeurs de police, une telle mesure serait « un important recul dans la lutte contre l’alcool de contrebande », ouvrant aussi la porte à d’autres enjeux d’hygiène et de sécurité des consommateurs, notamment en ce qui concerne la présence de GHB et d’autres drogues.

Une voie d’accès au crime organisé ?

Mme Dion présente également certaines inquiétudes quant à la volonté du gouvernement de permettre aux personnes qui ont un permis de travail, mais qui n’ont pas la citoyenneté canadienne d’obtenir un permis d’alcool.

« Toute demande de permis par une personne doit faire l’objet d’une vérification et d’une validation. Elle ne doit notamment pas avoir d’antécédents judiciaires [au cours des cinq dernières années]. On aura de la difficulté à faire cette vérification pour une personne qui vient ici avec un permis de travail. Il faudra prendre contact avec le pays d’origine pour voir si elle est liée ou non au crime organisé », explique Helen Dion.

Dans son mémoire, l’Association des directeurs de police joint également sa voix à celle d’autres intervenants qui ont présenté des mémoires en commission parlementaire et qui souhaitent que les serveurs suivent une formation obligatoire sur le service responsable de boissons alcoolisées.

« Il serait [également] intéressant que des procédures pénales [et] judiciaires puissent être enclenchées à l’égard d’un établissement d’où provient un client si ce dernier cause un accident de la route ayant comme résultat des dommages corporels suite à un état de capacités affaiblies », ajoute-t-on.

Les auditions publiques du projet de loi 170, présenté par le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, se termineront aujourd’hui. Le gouvernement a par le passé affirmé qu’il souhaitait adopter cette loi avant la fin de la présente législature.

Actualités

Ne vous découvrez pas d’un fil…

On avait bien vu les premières terrasses se remplir la semaine dernière, mais l’hiver a repris ses droits hier. Après l’Ontario, ce sont le Québec et les provinces maritimes qui ont eu droit à leur dose de froid et de pluie verglaçante.

La Presse et La Presse canadienne

Fraises contaminées

Adonis élargit son rappel

Des jus, des cocktails et des smoothies à base de fraises vendus chez Adonis ne doivent pas être consommés. Les épiceries Adonis annonçaient samedi qu’une quantité inconnue de fraises congelées de marque Montana provenant d’Égypte et vendues dans ses commerces avaient été contaminées par le virus de l’hépatite A et que des cas de maladie avaient été rapportés. Hier, l’entreprise, en collaboration avec le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), a élargi son rappel aux jus d’Adonis fraise et banane (1 L et 500 ml), aux smoothies « Douceur aux fraises » (1 L et 500 ml) et aux cocktails Adonis, Monsieur Twister et Saveur d’été contenant des fraises. Les boissons ont été préparées avec les fraises congelées. Toute personne ayant consommé l’un de ces produits et qui n’a pas été vaccinée contre l’hépatite A doit consulter un professionnel de la santé, avise le MAPAQ. — Audrey Ruel-Manseau, La Presse

Demandeurs d’asile

Ses services « saturés », Québec réclame l’aide Ottawa

L’afflux de personnes qui entrent de façon irrégulière au Québec afin d’y faire une demande d’asile est si important que les services d’accueil provinciaux sont « saturés ». C’est ce qu’a expliqué hier à Montréal le ministre de l’Immigration, David Heurtel, qui appelle Ottawa à prendre le relais. « On ne peut pas faire plus. Ce sera au gouvernement fédéral de décider ce qu’il veut faire ensuite », a dit M. Heurtel, qui était accompagné de trois collègues ministres : Lucie Charlebois, Jean-Marc Fournier, et Sébastien Proulx. À partir du 24 avril, si les 1850 places dans les quatre centres d’hébergement temporaires montréalais sont occupées à 85 %, le gouvernement du Québec cessera donc d’y admettre de nouveaux demandeurs d’asile. Depuis le début de l’année, le gouvernement québécois a observé une hausse de plus de 300 % dans le nombre de demandeurs d’asile par rapport à la période correspondante l’an dernier. Entre 2012 et 2016, le Québec recevait en moyenne 3500 demandeurs d’asile par an, alors qu’en 2017, la province en a reçu près de 25 000.

— Nicolas Bérubé, La Presse

Requête du Barreau

Une « insulte aux parlementaires », plaide le PQ

Véronique Hivon est « estomaquée » par la requête, dévoilée hier par La Presse, du Barreau du Québec et de sa branche montréalaise, qui profèrent selon elle une « insulte aux parlementaires québécois » en s’adressant aux tribunaux pour faire invalider les lois qui ont été adoptées de façon « pratiquement unilingue » en français, ce qui ne serait pas conforme à la Constitution canadienne, jugent-ils. La porte-parole de l’opposition officielle en matière de justice et vice-cheffe du Parti québécois (PQ) juge que le Barreau « met ainsi en cause les droits constitutionnels des parlementaires de pouvoir œuvrer et légiférer dans la langue de leur choix ». « Étant députée dans le seul État francophone au Canada, ça va de soi que je dois pouvoir légiférer uniquement dans ma langue, faire les travaux parlementaires dans ma langue, m’exprimer en commission dans ma langue et que tout cela se passe en français comme c’est le cas présentement », a dit Mme Hivon. La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a de son côté affirmé que « les lois sont déposées, adoptées et sanctionnées dans les deux langues officielles ». — Hugo Pilon-Larose, La Presse

Travaux publics

Le groupe TNT vendu à une filiale du géant français Vinci

Le géant français du bâtiment Vinci confirme avoir signé, via sa filiale Eurovia, un accord pour l’acquisition de l’entreprise de travaux publics québécoise TNT, qui réalise un chiffre d’affaires de près de 170 millions de dollars. Le Groupe TNT est une filiale de Transelec Common (Groupe TCI), détenue par la famille Gauthier (le fondateur Claude Gauthier et son fils, Stéphane). En septembre 2014, le Groupe TCI avait acheté les principaux éléments d’actif du Groupe Hexagone, constitué de cinq entreprises appartenant jusque-là à l’entrepreneur Tony Accurso, qui connaissait des difficultés financières importantes. La société TNT, qui compte 430 salariés, « exploite une carrière de taille significative à Laval, ainsi que des usines à Montréal et Laval », précise Vinci dans un communiqué diffusé hier. Cette acquisition, dont le montant n’est pas divulgué, va « renforcer les équipes et le réseau d’Eurovia Québec, qui réalise des projets d’infrastructures de transport et d’aménagements urbains auprès de clients publics et privés » dans « dix régions de la province », indique-t-il. — Agence France-Presse

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