ÉTATS-UNIS

Donald Trump Jr. compare les réfugiés syriens à des Skittles

Le fils de Donald Trump a suscité une véritable tempête médiatique hier aux États-Unis en utilisant une surprenante analogie pour justifier son opposition à la venue de réfugiés syriens. La polémique survient alors que le gouvernement affirme avoir atteint l’objectif du président Barack Obama d’en accueillir 10 000 en un an.

Qu’a dit exactement le fils du candidat républicain ?

Donald Trump Jr., qui n’en est pas à sa première polémique, a mis en ligne sur son compte Twitter lundi soir une photo montrant un bol rempli de Skittles, des bonbons multicolores.

« Si j’avais un bol de Skittles et que je vous disais que trois d’entre eux allaient vous tuer, en prendriez-vous toute une poignée ? C’est ça notre problème de réfugiés syriens », indiquait le texte l’accompagnant. Le fils du candidat a ajouté que l’image et le texte « disaient tout » sur la question des réfugiés et qu’il fallait en finir avec « les mesures politiquement correctes qui ne donnent pas la priorité aux Américains ».

Quelles réactions le tweet a-t-il suscitées ?

Les partisans et les opposants du candidat républicain ont multiplié les messages pour décrier l’intervention de son fils ou l’encenser. Plusieurs internautes ont montré des photos de Syriens blessés lors de récents combats en relevant qu’il s’agit de « vraies personnes » et non de bonbons pour dénoncer le caractère déplacé de son analogie. D’autres ont surenchéri pour critiquer, par l’absurde, les politiques proposées par Donald Trump. « Si vous vendiez des armes à un bol de Skittles et que vous saviez que trois d’entre eux allaient les utiliser dans des fusillades, est-ce que vous autoriseriez des Skittles à acheter des armes ? », a demandé l’un d’eux. Des admirateurs du candidat républicain ont décrié l’indignation des « libéraux » américains en relevant qu’ils étaient plus choqués par l’analogie des Skittles que par les attentats survenus au cours de la fin de semaine à New York et au New Jersey. La société Wrigley, qui fabrique les fameux bonbons, a souligné de son côté que l’analogie entre Skittles et réfugiés ne lui semblait pas « appropriée ».

Donald Trump Jr. a-t-il inventé l’analogie du bol de Skittles ?

Joe Walsh, un animateur de radio conservateur de Chicago qui préconise la ligne dure face aux immigrants et aux réfugiés, s’est félicité hier que le fils de Donald Trump ait repris un message du même genre que celui qu’il avait affiché à la mi-août. « Je suis content que tu sois d’accord avec moi », a-t-il tweeté à son attention. Plusieurs analystes relevaient parallèlement que l’analogie est souvent utilisée par l’extrême droite américaine et revient depuis plusieurs années, parfois avec des M&M’s plutôt que des Skittles. Selon le Washington Post, le fils du milliardaire s’est placé à plusieurs reprises dans l’embarras par le passé en reprenant des messages véhiculés par des suprémacistes blancs. Ironiquement, la BBC a rapporté hier que l’auteur de la photo montrant le bol de Skittles est un ancien réfugié qui avait fui Chypre pour s’installer en Grande-Bretagne. Il a indiqué qu’il n’aurait jamais accepté que le cliché, qu’il avait affiché sur le site Flickr, soit récupéré par le camp Trump, dont il désavoue les politiques.

La sortie de Donald Trump Jr. reflète-t-elle le discours de son père ?

Donald Trump a placé la question de l’immigration et des réfugiés au cœur de sa campagne présidentielle en faisant à plusieurs reprises l’amalgame entre islam et terrorisme. Il maintient, plus particulièrement, que les réfugiés syriens constituent une menace potentielle importante et ne devraient pas pouvoir s’installer au pays. Le candidat républicain fait notamment passer son message à ce sujet dans certaines assemblées politiques en évoquant une chanson de jazz des années 70 où il est question d’un serpent qui mord mortellement une femme après qu’elle l’eut sauvé du froid. Le gouvernement américain maintient de son côté le cap relativement à sa politique d’accueil des réfugiés syriens et s’est félicité récemment du fait que 10 000 d’entre eux avaient été accueillis en un an conformément à l’objectif fixé par la président Barack Obama. Selon la radio NPR, l’administration souhaite par ailleurs réviser à la hausse, de 85 000 à 110 000, le nombre total de réfugiés de toute provenance qui seront réinstallés aux États-Unis en 2017.

EN CHIFFRES

0,9 % 

Pourcentage, en 2015, de la population américaine qui était musulmane, soit 3,3 millions de personnes sur un total de 322 millions

2,1 % 

Pourcentage projeté de la population américaine qui sera musulmane en 2050

46 % 

Pourcentage des 63 000 réfugiés accueillis aux États-Unis en date de la mi-août dans l’année financière 2016 qui sont musulmans

Source : Pew Research Center

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