COUPE DU MONDE DE HOCKEY

Encore le meilleur

TORONTO — Vendredi, Max Pacioretty avait qualifié Patrick Kane de meilleur joueur au monde. Et hier matin, l’entraîneur adjoint de la formation tchèque Jaroslav Spacek avait dit de son ancien coéquipier Carey Price « qu’il y a dix mois, il était encore le meilleur au monde ».

Mais au terme de la première journée de la Coupe du monde, Sidney Crosby s’est arrangé pour qu’on ne l’oublie pas. Il n’est peut-être plus un kid, mais il est toujours l’homme de la situation.

Le Canada a entamé hier son tournoi de la Coupe du monde en se moquant de la République tchèque 6-0. Une domination écrasante qui a mis une quinzaine de minutes de jeu à s’installer. C’est Crosby qui a planté le décor, se retrouvant partout où les Tchèques ne le voulaient pas – notamment sur la feuille de pointage, où il revendique un but et deux aides. Mais son nom est aussi écrit quelque part en blanc sur le troisième but du Canada…

« Je me sens bien, a-t-il confié. Le fait d’avoir joué tard au mois de juin fait en sorte qu’en débarquant dans un hockey de ce niveau, je suis à même de m’ajuster. Et c’est sûr que d’avoir trouvé rapidement une chimie avec mes compagnons de trio rend les choses plus faciles. »

EN SYMBIOSE AVEC BERGERON

Le palmarès de certains sportifs individuels comme Serena Williams ou Usain Bolt est indiscutable. Mais en sports d’équipe, quand le qualitatif s’en mêle – quand on se demande en quoi Untel est le meilleur –, le débat se rouvre sans cesse. Et c’est comme si on se lassait de garder la même personne sur le trône.

Certains ont traité Sidney Crosby de pleurnichard au fil des ans, d’autres se sont demandé s’il était heureux à Pittsburgh. Et tous ont fait état de ses périodes de léthargie des dernières saisons. En d’autres mots, l’accent était mis sur ce qui pouvait ne pas fonctionner.

En ce sens-là, il fait bon de le voir rappeler à tous qu’il est encore capable d’être le meilleur.

Il l’a fait ce printemps en remportant le trophée Conn Smythe dans la conquête de la Coupe Stanley des Penguins de Pittsburgh. Et le voici reparti, depuis le premier jour du camp d’Équipe Canada, alliant intelligence et virtuosité aux côtés de Patrice Bergeron et de Brad Marchand. Quel trio ils forment, ces trois-là !

Par le passé, trouver de bons ailiers à Crosby était un casse-tête. Mais Bergeron, avec qui la complicité remonte au temps du Mondial junior, s’avère le meilleur complément pour lui.

« On communique beaucoup sur la glace et en dehors, a expliqué le Québécois. J’essaie de jouer mon match en lisant bien ce qu’il fait. »

« D’habitude, [Crosby] a un pas d’avance sur tout le monde, donc il s’agit de bien lire ça et de me placer en position de bien l’aider. »

— Patrice Bergeron

« Il a été incroyable, ce soir, a ajouté Bergeron. Son énergie et son élan nous ont nourris. »

PRICE EN GRANDE FORME

Si Crosby rappelle qu’il est encore là, Carey Price, lui, a démontré qu’il était de retour.

Ce serait facile, dans la foulée d’une telle explosion offensive, d’oublier la performance du gardien. Or, la vedette du Tricolore a contribué à éteindre les aspirations des Tchèques, surtout en début de match, lorsqu’il a étendu la jambière droite pour arrêter une déviation d’Ondrej Palat.

En lui faisant confiance pour amorcer le tournoi, Équipe Canada optait pour un gardien qui n’avait pas joué en près de 10 mois au détriment du plus récent lauréat du trophée Vézina et d’un gardien qui avait gagné deux Coupes Stanley lors des quatre dernières saisons.

Autant ça allait de soi quand on l’a confirmé, autant la chose n’est pas banale quand on s’y arrête. Car encore fallait-il que Price démontre qu’il pouvait retrouver rapidement le niveau d’excellence auquel il nous a habitués.

Or, le gardien du Tricolore a entamé le tournoi à la ronde en affichant sa plus belle forme. Son aplomb, ses déplacements et son suivi de rondelle donnaient l’impression qu’il ne s’était jamais absenté.

Cela fait maintenant 224 minutes qu’il n’a pas accordé de but dans l’uniforme du Canada…

On ne s’emballera pas trop. La Coupe du monde est encore jeune et les hommes de Mike Babcock auront des adversaires plus coriaces que les Tchèques sur leur chemin. Mais ils n’auraient pu mieux amorcer ce tournoi.

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