Fermeture du tunnel du mont Royal

192 millions pour un « réseau transitoire »

Les autorités publiques de transport de la région métropolitaine ont annoncé hier le déploiement de services transitoires de bus, de navettes et de voies réservées pour atténuer les répercussions de la fermeture du tunnel du mont Royal sur des milliers d’usagers des trains de banlieue.

Le ministère des Transports du Québec (MTQ) et la filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec CDPQ Infra se partageront les coûts de la création de ce « réseau transitoire de transport collectif » pour lequel on prévoit dépenser un total de 192 millions.

Ces navettes et circuits d’autobus visent à offrir de nouvelles options de transport aux quelque 18 000 usagers quotidiens des trains de banlieue de Deux-Montagnes et de Mascouche, qui n’auront plus d’accès direct au centre-ville de Montréal dès janvier prochain.

Le tunnel ferroviaire sous le mont Royal qu’empruntent ces deux lignes de trains jusqu’à la gare Centrale de Montréal sera complètement fermé au début de 2020.

Des travaux majeurs de transformation y seront réalisés en vue de l’implantation du futur Réseau express métropolitain (REM), un train électrique de 6,3 milliards financé par la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Ce tunnel centenaire de plus de cinq kilomètres, entre la municipalité de Mont-Royal et la gare Centrale de Montréal, va devenir la colonne vertébrale du réseau du REM, et les trains de banlieue n’y circuleront plus après sa réouverture, en 2022.

Plus lent, moins cher

Dans l’intervalle, en raison de ces travaux, environ 15 000 usagers qui empruntent chaque jour la ligne de Deux-Montagnes en direction de Montréal devront désormais descendre à la station Bois-Franc, située dans l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, à presque 15 kilomètres du centre-ville. Les usagers du train de Mascouche, qui sont environ 3000 tous les matins à prendre la direction de Montréal, devront descendre à la station Ahuntsic, non loin de là.

Le déploiement du « réseau transitoire » offrira à ces milliers de « naufragés du tunnel » une série de nouvelles options de transports collectifs pour leur permettre de se rabattre le plus efficacement possible vers le métro afin de se rendre à leur destination habituelle.

Pour les usagers des trains actuels, les mesures mises en place nécessiteront des correspondances d’un réseau à l’autre, et des temps de parcours nécessairement plus longs.

Un parcours jusqu’au centre-ville de Montréal devrait prendre, dans certains cas, jusqu’à 45 minutes de plus, selon les estimations présentées hier.

En retour, les usagers auront toutefois droit à une réduction de tarifs substantielle, qui restera en vigueur jusqu’en 2022, lors de la mise en service partielle du REM.

Ainsi, à compter de janvier, les usagers de la ligne de train de Deux-Montagnes auront droit à quatre mois d’essai gratuits des nouveaux services transitoires, après quoi ils ne paieront que 86,50 $ pour un titre mensuel – soit le même coût que le titre ordinaire de la Société de transport de Montréal (STM), en 2020.

Les usagers du train de Mascouche auront droit quant à eux à une baisse de tarifs pouvant aller jusqu’à 30 %, jusqu’à un tarif minimum de 86,50 $.

Huit secteurs

La préparation du plan de mitigation en vue de la fermeture du tunnel du mont Royal mobilise depuis des mois une vingtaine de municipalités, d’arrondissements, d’organismes de transport, sous la direction du ministère des Transports du Québec (MTQ) et de l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM).

Sa mise en œuvre nécessitera la mise en place de voies réservées ou de feux préférentiels, la construction de nouveaux quais de bus, le réaménagement de terminus, des ajouts de bus à des circuits existants, des modifications de parcours, et tout cela, en seulement quelques mois.

Le « réseau transitoire » prévoit de plus des mesures distinctes, adaptées à chacun des huit secteurs qui englobent les lignes de Deux-Montagnes et de Mascouche.

Dans les secteurs de Mascouche, Terrebonne, Repentigny et L’Assomption desservis par le train de Mascouche, des lignes de bus offriront, à partir des gares, des liaisons express jusqu’à la station de métro Radisson, sur la ligne verte du métro.

La redistribution des usagers du train de Deux-Montagnes vers les autres réseaux de transports collectifs exigera des moyens plus imposants. L’interruption du service quotidien à partir de la gare Bois-Franc actuelle déversera tous les matins environ 15 000 usagers dans les autres réseaux de transport, au moment de la journée où ils sont le plus sollicités.

Les usagers de la banlieue nord et de Laval seront invités à prendre le train à leur gare habituelle jusqu’à la station Bois-Franc, d’où partiront les autobus de la navette 964 en direction de la station Côte-Vertu, sur la ligne orange du métro.

Ce parcours train-964-métro devrait permettre à un usager de se rendre à la station Bonaventure du métro, au centre-ville, en 65 minutes, plus le temps d’attente en correspondance. Un trajet normal actuel, en train de banlieue, prend 45 minutes.

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