Montréal

La Métropolitaine sera reconstruite sur plus de 5 km

Un appel d’offres du MTQ annonce la première étape d’un chantier de « quelques milliards de dollars »

La plus importante voie de circulation de la grande région de Montréal, l’autoroute Métropolitaine (A40), sera modernisée et en partie reconstruite sur une distance de plus de 5 km entre les boulevards Provencher et Saint-Laurent, a annoncé vendredi le ministère des Transports du Québec (MTQ).

Il s’agit de la première étape d’un gigantesque chantier de réfection majeure qui occupera une bonne partie de la décennie qui commence, et dont le coût se situe dans un ordre de grandeur de « quelques milliards ».

Le MTQ a lancé vendredi un appel d’offres public pour la conception des plans et devis de la première portion du projet, qui s’étendra sur une distance de 5,2 km. Cette partie de l’autoroute est constituée de 32 structures différentes qui surplombent une quinzaine de boulevards et de grandes avenues de Montréal.

Le MTQ espère pouvoir attribuer le contrat dès le printemps 2020. La conception des plans et devis devrait ensuite prendre environ trois ans.

Selon les documents d’appel d’offres, presque tous les éléments structuraux de cette autoroute inaugurée en 1960 seront reconstruits ou remplacés : les colonnes qui soutiennent les structures seront réparées, les chevêtres et dessous de salle, restaurés, et le tablier de béton sera refait, avec ajout d’une membrane d’étanchéité.

Glissières, joints de dilatation, système de drainage, éclairage : tout sera reconstruit, remplacé ou rafraîchi de manière à ce qu’aucune intervention majeure ne soit nécessaire sur cette partie de l’autoroute avant 25 ans.

Ces grands travaux ne devraient toutefois pas débuter avant 2024. Le tronçon d’autoroute surélevé de la Métropolitaine située à l’ouest du boulevard Saint-Laurent fera ultérieurement l’objet de travaux d’une envergure semblable, d’ici la fin de la décennie.

Mais « étant donné l’envergure de ce projet, le Ministère a opté pour une division des travaux en deux secteurs ».

UN AUTRE MÉGA-CHANTIER

L’autoroute Métropolitaine est la colonne vertébrale du réseau autoroutier de la grande région de Montréal. Elle fait 21 km de long, de la sortie du pont Charles-De Gaulle jusqu’à l’échangeur de l’autoroute Décarie. Les débits de circulation oscillent selon les secteurs entre 100 000 et 180 000 véhicules par jour, soit parmi les débits les plus élevés sur les routes du Québec.

Inaugurée en 1960, elle accuse aujourd’hui son âge, tant par sa conception d’une autre époque que par la détérioration avancée de ces structures. Les 47 structures composant sa partie surélevée, faisant plus de 6 km de long, montrent de grandes fissures, des plaques de béton éclaté et de sérieux dommages à certaines colonnes de soutien, sous le tablier.

« Le secteur visé », explique le document d’appel d’offres public, « présente plusieurs déficiences liées principalement à un mauvais drainage et à l’absence d’une membrane d’étanchéité », qui prévient l’infiltration d’eau et de sels sous la chaussée et à l’intérieur de la structure de béton.

« Ces déficiences ont contribué à la contamination du béton par des ions chlorure et à la corrosion des armatures. Cela s’ajoute à l’augmentation de la circulation continue et au vieillissement de l’infrastructure. »

— Extrait du document d’appel d’offres public

Le devis d’appel d’offres précise aussi que les glissières latérales, en bordure des voies de circulation, et la glissière médiane, qui sépare les deux directions du trafic, seront entièrement reconstruites. L’installation d’une membrane d’étanchéité sous la chaussée entraînera le retrait complet du pavage pour une période indéterminée.

L’appel d’offres ne précise pas combien de voies de circulation devront rester ouvertes durant le chantier. Les entreprises qui répondront à l’appel d’offres devront toutefois proposer des solutions pour gérer la circulation durant ces travaux majeurs, qui s’étireront sur des années.

Le document stipule d’ailleurs que « minimiser l’incidence du chantier sur les usagers pendant les travaux est un enjeu majeur et un objectif principal du mandat », qui sera attribué par le MTQ le printemps prochain.

En 2017, lors de l’étude des crédits de son ministère, à l’Assemblée nationale, l’ex-ministre des Transports Laurent Lessard avait affirmé publiquement que le projet de réfection majeure de l’autoroute Métropolitaine nécessiterait des investissements de l’ordre de « quelques milliards de dollars ».

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.