Acériculture

Une bonne saison pour le sirop d’érable

Les 7400 entreprises acéricoles du Québec ont produit plus de 159 millions de livres de sirop d’érable cette année, un rendement que les producteurs et productrices de la province qualifient d’excellent. Les producteurs rappellent que la saison 2018 avait été faible et marquée par un rendement très variable d’une région à l’autre. Or, ce printemps, malgré le fait que la production a débuté tard, les acériculteurs de la province ont produit 41 millions de livres de sirop d’érable de plus que l’an dernier. Le Québec produit 72 % du sirop d’érable de la planète, dit le regroupement, qui dit viser des ventes de l’ordre de 185 millions de livres dans un horizon de cinq ans. L’association de producteurs souligne par ailleurs que 14 millions de dollars ont été investis, depuis 14 ans, pour financer plus de 100 projets de recherche et approfondir les connaissances sur l’érable. — La Presse canadienne

Viande végétale

Le milieu agricole nuance l’enthousiasme du patron de Beyond Meat

Conscient de l’appétit grandissant des consommateurs pour un régime qui comprend davantage de légumineuses et moins de viande rouge, le milieu agricole nuance toutefois les propos tenus par Ethan Brown, fondateur de l’entreprise Beyond Meat, qui prône une transition de la viande animale vers un produit préparé avec des substituts végétaux.

« Remplacer de la viande par de la fausse viande, je ne pense pas que ce soit ce que cherchent les consommateurs », lance sans détour le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau.

Le grand patron de la société californienne qui a fait son entrée en Bourse sur NASDAQ en mai était de passage dans la métropole, mardi, à l’occasion de la Conférence de Montréal. Au cours d’une discussion qui portait sur la prochaine révolution agroalimentaire, Ethan Brown, dont l’entreprise produit – en tentant d’imiter la viande – des galettes et des saucisses de protéines végétales, a déclaré qu’il fallait davantage s’orienter vers des cultures de substituts de viande.

Les propos de l’homme d’affaires ont fait sourciller le président de l’UPA. « C’est sûr qu’il prêche pour son entreprise et les bénéfices qu’il peut en tirer, affirme Marcel Groleau. Le monsieur n’est pas nutritionniste, c’est un homme d’affaires. Les consommateurs recherchent des produits frais, le moins transformés possible », souligne-t-il, rappelant du même souffle que les boulettes de Beyond Meat affichent une longue liste d’ingrédients.

S’il admet qu’au Canada et au Québec, les gens consomment moins de bœuf, M. Groleau rappelle qu’ils mettent davantage de volaille et de porc dans leur assiette. Alors qu’il se consommait 27,8 kg de bœuf par habitant au Canada en 2010, on en mangeait 25,29 kg en 2017, selon Statistique Canada. Pour la même période, indiquent les Éleveurs de volailles du Québec, la consommation de poulet a augmenté, passant de 30,5 kg à 33,1 kg.

Le président de l’UPA affirme par ailleurs que les productions de légumineuses ainsi que celles de fruits et légumes ont connu de fortes hausses.

« On a doublé la production de légumineuses au cours des dernières années. Tout ça se fait de façon naturelle. Graduellement, on ajuste notre production. »

Environnement

En ce qui concerne les bienfaits de la production d’une galette végétale sur l’environnement évoqués par M. Brown, Marcel Groleau estime qu’ils sont « exagérés ». Le patron de Beyond Meat a en effet déclaré que son type de production nécessitait 99 % moins d’eau.

« Toute l’eau qui tombe sur la prairie n’est pas retenue par les plantes qui servent à alimenter le bœuf, il y en a une partie qui s’en va dans les nappes phréatiques », nuance le président de l’UPA.

Du côté des transformateurs, chez Olymel, le porte-parole Richard Vigneault ajoute que l’élevage des animaux se fait selon les règles de l’art dans le respect de l’environnement.

Par ailleurs, rappelons que Beyond Meat s’était attiré les foudres du milieu agricole au début du mois de mai. L’UPA reprochait à l’entreprise l’utilisation du mot « viande » et souhaitait faire changer l’étiquetage. L’Union a porté plainte à l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA).

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