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carnage dans deux mosquées

Au moins 40 personnes ont été tuées aujourd'hui dans deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, dans un acte de violence sans précédent au pays. Le tireur s’est filmé pendant qu’il tuait des gens, et a diffusé ses crimes sur l'internet en temps réel. Trois hommes et une femme ont été arrêtés et des explosifs ont été trouvés.

Au moment d’écrire ces lignes, la nuit dernière, la ville de Christchurch était en état de confinement ; les résidants étaient invités à rester à l’intérieur. Trois hommes et une femme étaient détenus par la police. Après des tueries dans deux mosquées, des engins explosifs artisanaux ont été trouvés dans une voiture avant d’être désamorcés par des spécialistes.

La première ministre de la Nouvelle-Zélande, Jacinda Ardern, a confirmé aujourd’hui qu’au moins 40 personnes avaient été tuées et que 20 autres avaient été blessées gravement. Des enfants figureraient parmi les victimes.

La mort en direct

Sur l’internet, des images non authentifiées ont été diffusées la nuit dernière. Le tireur s’est filmé pendant qu’il tuait des gens, à l’aide d’une caméra sur sa personne, et a mis le tout en ligne en temps réel. « Dix-sept minutes de terreur », a qualifié le New Zealand Herald. Une photo, non vérifiée, montrait des armes et des chargeurs avec plusieurs inscriptions en lettres blanches. Parmi elles, « Alexandre Bissonnette », qui a tué six musulmans et en a blessé grièvement cinq autres lors d’une attaque contre la Grande Mosquée de Québec, en janvier 2017.

La police a demandé aux gens de ne pas partager « des images extrêmement pénibles » après la mise en ligne de la vidéo.

Celui qui s’est identifié comme un Australien aurait rédigé un manifeste de 73 pages sur ses intentions, selon des médias néo-zélandais. Le document en question s’en prend à l’immigration et aux étrangers. L’auteur se décrit comme un « homme blanc moyen ».

Des témoins ont fait état de la panique semée par les tirs.

Un Palestinien présent dans l’un des lieux de culte a raconté qu’il avait vu un homme être abattu d’une balle dans la tête.

« J’ai entendu trois coups de feu rapides et après environ dix secondes, ça a recommencé. Cela devait être une arme automatique, personne ne pourrait appuyer sur la gâchette aussi vite », a dit cet homme à l’AFP sous couvert de l’anonymat.

Nour, interviewé par le Christchurch Star, a raconté sa terreur. Le carnage autour de lui. Le bruit de l’arme rechargée trois fois. Les tirs dans toutes les directions. Et ses efforts pour sortir vivant de la mosquée.

« J’ai vu des gens tomber morts en face de moi. » 

— Nour, un témoin, au Christchurch Star

C’était vendredi en Nouvelle-Zélande, jour de prière pour les fidèles musulmans. Le tireur a ciblé au moins deux mosquées de la ville.

Un important périmètre a été bouclé dans la ville de Christchurch. C’était l’après-midi en Nouvelle-Zélande au moment des événements. Les enfants sont restés confinés à l’intérieur des salles de classe. Les gens sur tout le territoire ont été invités à ne pas sortir dehors. Plusieurs témoins ont raconté aux médias néo-zélandais avoir entendu de nombreux coups de feu. D’autres ont décrit des images tragiques de victimes blessées et de panique dans les rues.

Sur les médias sociaux, le Canterbury District Health Board a invité le public à éviter l’hôpital Christchurch, sauf en cas d’urgence, dans l’après-midi, alors que l’opération policière était toujours en cours. Le personnel et les patients déjà sur place étaient confinés à l’intérieur. Des rumeurs ont circulé sur une possible troisième fusillade près du centre hospitalier, justifiant ces mesures exceptionnelles. L’hôpital se trouve entre la mosquée Al Noor et la mosquée Linwood, où les tueries ont eu lieu.

« Acte de violence sans précédent »

La première ministre du pays, Jacinda Ardern, a parlé d’un des « jours les plus sombres de la Nouvelle-Zélande ». Elle a aussi qualifié la tuerie d’« acte de violence sans précédent » dans une conférence de presse.

« Nombre de ceux qui ont été directement touchés par cette fusillade pourraient être des migrants, ce pourraient même être des réfugiés. »

— Jacinda Ardern, première ministre de la Nouvelle-Zélande

« Ils ont choisi de faire de la Nouvelle-Zélande leur pays, et c’est leur pays. Ils sont nous. La personne qui a commis cette violence contre nous ne l’est pas. »

« Ils auraient dû se trouver dans un environnement sûr », a-t-elle estimé.

La police de Nouvelle-Zélande invitait les gens, aujourd'hui, à rester vigilants et à rapporter tout comportement suspect. Elle a aussi appelé toutes les mosquées du pays à fermer leurs portes, de crainte d’un autre événement tragique.

La mairesse de Christchurch, Lianne Dalziel, a écrit dans un message diffusé par la Ville : « Je n’aurais jamais cru que je me tiendrais devant une caméra et que je parlerais aux gens de Christchurch de cet événement choquant qui nous touche tous. »

— Avec l’Agence France-Presse et le New Zealand Herald

Un pays paisible

Avec moins de 10 meurtres commis par an dans tout le pays avec une arme à feu depuis 2010, la Nouvelle-Zélande n’a pas particulièrement l’habitude des scènes d’horreur comme celles d’aujourd’hui. En 2017, un total de 35 meurtres y ont été recensés. Montréal en a compté 24 au cours de la même période. Les violences communautaires ne font pas non plus partie de son quotidien. D’ailleurs, dans un sondage national réalisé en 2018 par le gouvernement, les Néo-Zélandais ont répondu que la liberté, le pacifisme et la sécurité étaient ce qui définissait le mieux leur pays. Selon le plus récent grand recensement national, en 2013, sur une population de 4,8 millions d’habitants, il y avait 1,1 % de musulmans, 44 % de chrétiens et 38 % ont dit ne pas avoir de religion. 

— La Presse

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