FOOTBALL

Un bon choix... et le plus logique

Le moment n’aurait pu être plus propice pour procéder à un changement d’entraîneur-chef. Parce que les Alouettes ne joueront leur prochain match que le 2 octobre, bien sûr, mais surtout parce que le climat au sein de l’équipe était carrément devenu malsain.

Tout le monde dans le club savait que Jim Popp ne serait pas de retour comme pilote en 2017. En confirmant qu’il y aurait un autre entraîneur-chef au plus tard la saison prochaine, comme il l’a fait lors d’une entrevue avec La Presse il y a une dizaine de jours, Popp a rendu impossible son travail à la barre de l’équipe. Comment pouvait-il diriger ses dizaines de joueurs lorsque ceux-ci savaient pertinemment que c’était un arrangement temporaire ?

Les Alouettes comprennent fort bien l’urgence de la situation. L’équipe a une fiche de 9-21 depuis le début de la saison dernière. Les assistances au stade Percival-Molson diminuent de match en match. Les partisans sont passés du stade de la déception à celui de la frustration. Bref, ça tape du pied.

La nomination d’un francophone pour remplacer Jim Popp était une décision qui allait de soi. Elle sera bien accueillie par les amateurs et dans le paysage médiatique québécois.

Les Alouettes disent avoir pris la décision en groupe et que la sélection de Jacques Chapdelaine a fait l’unanimité. On peut toutefois présumer que le président Mark Weightman s’est assuré que la famille Wetenhall saisisse parfaitement l’importance de choisir un francophone à ce moment charnière.

Kavis Reed, coordonnateur des unités spéciales, avait beaucoup d’appuis dans le vestiaire de l’équipe et a de l’expérience comme entraîneur-chef dans la LCF. Mais sa nomination n’aurait pas été aussi bien reçue que celle de Chapdelaine par les partisans et les médias francophones. Et actuellement, l’organisation doit précisément faire ce que les partisans souhaitent, autant que possible, du moins.

PRÊT POUR SA CHANCE

Chapdelaine est un bon choix sur le plan des relations publiques, mais il l’est probablement encore plus sur le plan sportif. Homme de football très respecté, il possède une vaste expérience dans la Ligue canadienne et il a une bonne tête sur les épaules.

Jacques Chapdelaine a remporté la Coupe Grey à trois reprises comme entraîneur adjoint, et c’est lui qui dirigeait le Rouge et Or de l’Université Laval lors de sa première conquête de la Coupe Vanier.

De tous les entraîneurs actuels des Alouettes, Chapdelaine était celui qui méritait le plus d’obtenir une promotion. Son nom a circulé à plusieurs reprises lorsqu’il y a eu des ouvertures au poste d’entraîneur-chef au cours de la dernière décennie – et pas seulement à Montréal. Comme on dit, il était dû.

Avec seulement six matchs du calendrier à disputer, les Alouettes devaient choisir un candidat à l’interne. Un entraîneur francophone était presque une obligation, compte tenu de la pression extérieure. Il y avait ces deux facteurs, mais Chapdelaine est un bon entraîneur, un homme sérieux et bien organisé, il est parfaitement bilingue et il saura imposer le respect par ses connaissances, son expérience et son approche. Bravo aux Alouettes d’avoir enfin choisi le bon...

L’AVENIR DE POPP

Andrew Wetenhall n’a pas voulu confirmer le retour de Popp comme directeur général en 2017, mais en lisant entre les lignes, il serait extrêmement étonnant qu’il y ait un changement.

« Il est difficile de ne pas avoir confiance en un directeur général qui est peut-être le meilleur de l’histoire de la ligue », a dit le fils du propriétaire et gouverneur de l’équipe. Plutôt difficile de ne pas y voir un vote de confiance, vous en conviendrez.

En écoutant Popp au cours des dernières semaines, on a généralement eu l’impression qu’il parlait comme quelqu’un qui serait de retour la saison prochaine, malgré les virulentes critiques qu’il a dû essuyer.

« Je me suis toujours donné à fond pour cette organisation, corps et âme. Alors c’est difficile d’entendre des choses qui ne sont pas vraies ou qui ont même été inventées », a commenté Popp, hier.

Le DG a été fouetté dans son orgueil. Hué par les partisans du club, critiqué par certains de ses joueurs, poliment invité à se retirer comme entraîneur-chef... S’il conserve bel et bien son poste au terme de la saison, on peut s’attendre à un retour en force et à une grosse année du renard argenté. Il risque d’y avoir de l’action en matière de transactions.

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