santé

Autre tuile pour le vapotage

Une nouvelle étude sur la souris a découvert un risque accru de tumeurs aux poumons et à la vessie. Ce serait la première fois qu’un tel risque est observé chez l’animal.

L’étude

Des 40 souris étudiées par les chercheurs de l’Université de New York (NYU), 23 % ont eu une tumeur du poumon et 58 %, une tumeur de la vessie après trois mois de vapotage. Il n’y a eu qu’un cas de cancer de la vessie chez les 80 souris qui respiraient de l’air pur ou de l’air contenant des vapeurs de solvant de cigarette électronique, mais pas de la nicotine. « C’est une première étape importante, mais il faut voir si ça se retrouve chez l’humain », a expliqué en entrevue l’auteur principal de l’étude publiée dans la revue PNAS, Moon-shong Tang, spécialiste de médecine environnementale à NYU. Il espère avoir la collaboration de collègues qui font des biopsies de poumons chez des victimes de la vague de pneumonies graves liées au vapotage. Robert Schwartz, directeur de l’Unité de recherche sur le tabac de l’Ontario à l’Université de Toronto, confirme qu’auparavant, les seules études sur le risque de cancer lié aux cigarettes électroniques utilisaient des bouillons de cellules humaines.

Nitrosamines

Le risque de cancer n’avait pas été décelé parce que les molécules normalement associées au risque de cancer chez les fumeurs de cigarettes, les nitrosamines, ne sont presque pas détectables dans le sang et l’urine de vapoteurs. Le Dr Tang pense que la taille plus petite des molécules de nicotine dans l’aérosol des cigarettes électroniques les fait pénétrer plus loin dans les cellules, ce qui permet de créer des nitrosamines à l’extérieur du sang et de l’urine.

Des critiques

La Presse a demandé au cardiologue Martin Juneau, directeur des services professionnels, de la prévention et de la réadaptation cardiovasculaire à l’Institut de cardiologie de Montréal, de donner son avis sur l’étude de PNAS. « J’ai vu l’étude et lu des correspondances d’experts européens dans le domaine, commente le Dr Juneau. On me dit que la dose de vapotage est massive, correspondant à des niveaux de vapotage impossibles à obtenir chez l’homme. Par ailleurs, ce type de souris est atteint spontanément d’adénocarcinome du poumon dans un pourcentage de 20 % environ à 1 an. En résumé : une autre étude réalisée dans des conditions sans aucune ressemblance avec le vapotage humain, chez un modèle animal inapproprié. Très bon pour les retombées médiatiques. » Le Dr Schwartz, de l’Université de Toronto, pense quant à lui que les fumeurs ne parvenant pas à écraser doivent encore se faire suggérer la cigarette électronique. « Mais je ne suis plus aussi certain que la cigarette électronique est moins dangereuse, dit le Dr Schwartz. Mais avec la cigarette, on est certain du danger. »

corruption et abus de confiance

Début du procès de l’ex-maire de Terrebonne

Saint-Jérôme — L’ex-maire de Terrebonne Jean-Marc Robitaille a été le maître d’œuvre pendant 12 ans d’un système de corruption basé sur le partage de contrats publics à Terrebonne. Voyages de pêche, séjours à Las Vegas, ristournes en argent comptant, rénovation de chalet : l’ancien élu et deux autres fonctionnaires ont obtenu de nombreux avantages des entrepreneurs profitant du système.

C’est la théorie qu’entend démontrer la Couronne au procès pour corruption dans les affaires municipales et abus de confiance de l’ex-maire et de trois coaccusés qui s’est ouvert, hier, au palais de justice de Saint-Jérôme. L’ex-chef de cabinet Daniel Bélec, l’ancien directeur général Luc Papillon et l’entrepreneur Normand Trudel ont également leur procès. Tous les quatre ont été arrêtés l’an dernier par l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

Jean-Marc Robitaille et ses bras droits ont « permis et maintenu » un système de corruption à la Ville de Terrebonne de 2000 à 2012 visant à « favoriser des firmes d’ingénieurs et des entrepreneurs au détriment des autres » pour en tirer profit, a plaidé le procureur de la Couronne, Me Martin Duquette, dans son exposé introductif.

L’ex-maire de 64 ans lui-même a donné une « directive verbale » pour répartir les contrats entre deux firmes d’ingénierie sur le territoire de la nouvelle ville fusionnée au début des années 2000, selon la théorie de la poursuite. Un coaccusé maintenant décédé, Jean Leroux, de la firme LBHA, bénéficiait d’un territoire protégé pour les anciennes villes de Lachenaie et La Plaine, alors que son concurrent André Maisonneuve profitait du territoire de l’ancienne ville de Terrebonne, avance la Couronne.

« Les promoteurs qui faisaient affaire sur le territoire de Terrebonne subissaient donc les pressions de l’administrateur qui les incitait à recourir à ces firmes pour le développement de leur projet. Cette directive constitue ni plus ni moins que la pierre d’assise du système de corruption mis en place par les fonctionnaires susmentionnés qui ont ensuite tiré profit de diverses façons », a déclaré Me Duquette en ouverture du procès.

Bénéfices personnels

L’ex-député fédéral et maire de Terrebonne de 1997 à 2016 a profité personnellement de ce système de corruption, selon la poursuite, notamment par l’agrandissement de son chalet payé par les entrepreneurs Normand Trudel et Aurèle Théberge.

L’ancien élu et Luc Papillon ont participé à plusieurs voyages à Las Vegas aux frais de Jean Leroux, dirigeant d’une firme d’ingénierie. Jean-Marc Robitaille a aussi participé à des voyages de pêche dans des pourvoiries du Québec. « La valeur de ces avantages s’élève à plusieurs dizaines de milliers de dollars répartis sur plusieurs années », avance la Couronne.

Le ministère public entend également prouver que deux entrepreneurs ont versé à Daniel Bélec, alors chef de cabinet du maire, plus de 200 000 $  en argent comptant sur une période de 10 ans. Ces remises étaient faites au profit de MM. Bélec et Robitaille en échange d’avantages aux entrepreneurs, selon la poursuite.

Des dizaines de témoins seront entendus par le ministère public pendant le procès, dont d’anciens hauts fonctionnaires de Terrebonne dès ce matin.

Incendies criminels dans LaSalle

La police demande l’aide de la population

La police de Montréal demande l’aide du public pour l’aider à élucider une demi-douzaine d’incendies criminels survenus ces dernières semaines dans l’arrondissement de LaSalle et dont certains pourraient être liés à la mafia.

La plupart de ces méfaits ont été commis dans le même secteur, dans les environs de la rue Thierry, près du boulevard Newman. Un autre incendie a été allumé plus loin, dans un dépanneur, dans le but évident de commettre un vol qualifié et n’a assurément rien à voir avec les autres.

D’abord les incendies du secteur de la rue Thierry, près du boulevard Newman. Depuis la mi-septembre, entre quatre et six incendies criminels et déversements de liquide inflammable sont survenus dans ce quartier.

Parmi ceux-ci, on retrouve notamment deux commerces d’un petit centre commercial situé au 2057, rue Thierry, qui ont été endommagés par un incendie le 13 septembre dernier, et deux véhicules de particuliers qui auraient flambé dans les jours suivants. 

Même si, pour le moment, la police est incapable d’établir que tous ces incendies ont un dénominateur commun, elle n’écarte pas que certains d’entre eux puissent être reliés et aient comme trame de fond un conflit au sein du crime organisé traditionnel italien.

« Je ne peux pas l’exclure », a dit Dominique Côté, commandant des Crimes économiques et du Module des incendies criminels du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), selon qui les enquêteurs se heurtent à une collaboration limitée des personnes dont les biens ont été visés. 

Le commandant Côté n’a pas voulu donner plus de détails pour ne pas nuire aux enquêtes, mais La Presse a constaté que les incendies sont survenus près de cafés, dans le fief d’un individu que la police considère comme une étoile montante de la mafia montréalaise.

Selon des sources, la disparition de kilogrammes de cocaïne ou des visées immobilières pourraient se cacher derrière un ou certains de ces incendies, mais ces informations n’ont pu être confirmées.

Un commis aspergé d’essence

Quant à l’incendie criminel allumé dans un contexte de vol qualifié, il s’est produit le 24 septembre, aux alentours de 23 h, dans un dépanneur, encore une fois dans la rue Thierry, mais pas dans le même secteur.

Un homme d’environ 40 ans a aspergé le commis avec un liquide inflammable avant de tenter de s’emparer du contenu du tiroir-caisse. Il a ensuite quitté les lieux à pied après avoir infligé des brûlures au visage et aux mains de sa victime, également blessée avec une arme blanche. 

Le suspect est mince et mesure environ 1,70 m (5 pi 6 po). Il a le visage long, la peau noire et une barbiche parsemée de quelques poils blancs. Il était vêtu de vêtements sombres et d’un foulard rouge sur la tête au moment des méfaits. 

La police invite toute personne qui aurait des informations pouvant contribuer à l’enquête ou mener à l’arrestation des suspects à communiquer avec le 911 ou avec Info-Crime Montréal au 514 393-1133. L’information sera traitée de façon anonyme et confidentielle.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse

Justice

Huit ans de prison pour un violent proxénète

Le proxénète Josué Jean ira en prison pendant huit ans pour avoir maintenu sous son joug, pendant plusieurs années, deux jeunes filles qu’il a séquestrées, battues, blessées et exploitées sexuellement, allant même jusqu’à faire tatouer son nom sur la peau de l’une d’elles.

L’usage de violence, pour de longues périodes et de façon répétitive, l’absence de remords du criminel, le jeune âge des victimes et la gravité des séquelles psychologiques qu’elles doivent endurer expliquent cette peine sévère, a indiqué le juge André Perreault en rendant sa décision, hier matin, au palais de justice de Montréal.

« Josué Jean exerçait un contrôle quasi total des deux victimes, s’accaparant presque tout l’argent qu’elles gagnaient, a dit le juge. Il décidait des endroits où elles devaient se prostituer et s’impliquait jusque dans le choix des condoms. Il mettait beaucoup de pression pour qu’elles travaillent beaucoup, beaucoup trop. Elles lui rapportaient des sommes d’argent colossales, régulièrement plusieurs milliers de dollars par semaine, pendant des années. »

L’une des victimes était mineure lorsqu’elle s’est retrouvée sous l’emprise du proxénète, qui a profité de sa naïveté et de sa vulnérabilité pour la manipuler, a aussi souligné le juge Perreault.

Les deux jeunes femmes, présentes dans la salle d’audience, après avoir témoigné au procès de leur tortionnaire le printemps dernier, ont essuyé des larmes quand le magistrat a souligné le courage dont elles avaient fait preuve en le dénonçant.

Éviter les stéréotypes contre les travailleuses du sexe

Le tribunal a été particulièrement soucieux d’éviter que « son raisonnement soit entaché par des mythes et des stéréotypes entretenus au quotidien contre les femmes victimes de violence conjugale et sexuelle, particulièrement alors qu’elles sont travailleuses du sexe », a souligné le juge Perreault au tout début de sa décision.

Brûlures de cigarettes, dents cassées à la suite de coups, blessures à la tête et menaces par arme à feu font partie des sévices endurés par les victimes, qui se faisaient aussi cracher au visage et humilier par celui qu’elles considéraient comme un amoureux.

L’une des filles s’est aussi fait casser des côtes par le proxénète, qui la battait violemment.

Mais les pires séquelles sont psychologiques : les jeunes femmes ne peuvent vivre normalement, puisqu’elles souffrent d’anxiété, doivent se remettre d’un choc post-traumatique et reconstruire leur estime d’elles-mêmes, à la suite du passage de Josué Jean dans leur vie, a noté le juge.

Jean, 42 ans, avait été reconnu coupable en juin dernier de 14 chefs d’accusation, notamment traite de personnes, proxénétisme, agression sexuelle, séquestration et voies de fait armées, pour ses gestes à l’endroit des deux victimes, qui se sont échelonnés de 2002 à 2009.

Résidences pour aînés

Québec crée un guide pour aider les locataires

Québec — Québec lancera aujourd’hui un guide pour aider les locataires de résidences pour aînés à connaître leurs droits et leurs obligations lorsqu’ils signent un bail. C’était l’une des recommandations du Protecteur du citoyen dans un rapport spécial rendu public en 2016 sur les personnes hébergées en résidence. Les guides visent à « démystifier les contenus juridiques » d’un bail, un document pouvant être complexe pour des aînés qui, pour plusieurs, n’en ont jamais signé un, explique la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais. Le financement des centres d’assistance et d’accompagnement aux plaintes a été revu à la hausse afin d’aider davantage les locataires âgés qui s’estiment lésés.

— Tommy Chouinard, La Presse

Québec ne légiférera pas sur le « bonjour-hi »

Le gouvernement Legault ne légiférera pas pour interdire l’utilisation du « bonjour-hi » dans les commerces du Québec. Le cabinet du premier ministre François Legault a confirmé hier qu’aucune loi ne serait déposée en ce sens à l’Assemblée nationale. Québec souhaite tout de même sensibiliser la population au fait que le mot « bonjour » est universellement reconnu et devrait être mis en priorité, a-t-on suggéré, faisant écho à plusieurs motions qui ont été adoptées ces dernières années au Parlement. Lors d’une mêlée de presse, vendredi dernier, le ministre responsable de la langue française, Simon Jolin-Barrette, n’avait pas fermé la porte à légiférer pour interdire aux commerçants privés l’utilisation du « bonjour-hi ». Lors d’une conférence de presse dans sa circonscription, hier, M. Jolin-Barrette a précisé qu’il souhaitait plutôt mettre en place des « incitatifs » pour que les commerces utilisent le mot « bonjour » seulement. « Le gouvernement du Québec doit prendre toutes les mesures, tous les incitatifs pour faire en sorte que les personnes soient accueillies en français dans les différents commerces, mais on ne légiférera pas sur la question unique du bonjour-hi », a-t-il dit.

— Hugo Pilon-Larose, La Presse

Rectificatif

« Le pouvoir gris »

Dans la chronique intitulée « Le pouvoir gris », hier, nous indiquions que le taux de participation aux élections fédérales de 2015 était de 61,1 %. Il était plutôt de 68,3 %. Nos excuses.

Rectificatif

« Vive l’Alberta libre »

Dans la chronique « Vive l’Alberta libre », publiée vendredi dernier, nous avons présenté Amarjeet Sohi comme ministre des Infrastructures, alors qu’il est désormais ministre des Ressources naturelles. Nos excuses.

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