VOYAGE France

Explorer les musées méconnus de Paris

Paris — Oubliez Pompidou, le Louvre ou les Invalides. Paris regorge de petits musées méconnus qui méritent d’être découverts. Pourquoi ne pas sortir des sentiers battus ? Cinq suggestions, dont deux coups de cœur, pour votre prochaine visite.

Musée de la chasse et de la nature

A priori, le nom n’a rien d’appétissant. On imagine une institution ringarde, la mort et la tristesse. Mais une fois entré, tous les doutes disparaissent. Un autre monde s’ouvre, insoupçonné, magique. De chasse, il est bien sûr question. Fondé en 1967, ce musée compte sur une superbe collection d’artefacts liés à la chose. Des tableaux de chasse ornent les murs. Des natures mortes aussi. Des fusils nacrés. Des mousquets. Des appeaux. Des animaux empaillés. La surprise vient du fait que ces objets se mélangent à des œuvres d’art contemporain, dans une ambiance quasi mystique. Lumières tamisées, effets sonores, mise en scène détonnante. La question du rapport entre l’homme et la nature est ici posée de façon originale, par l’entremise d’objets improbables, allant du grigri postmoderne au chien de faïence ultra-kitsch façon Jeff Koons. À la fois excentrique et éclectique, ce parcours fascine. Paisible étrangeté, qui envoûte et rassure. De muséale, l’expérience devient sensorielle, puis spirituelle… Totalement repensé en 2007, ce « nouveau » musée de la chasse est le fruit d’une vision : celle du conservateur Claude D’Anthenaise. Brillante idée que cette réinterprétation moderne, philosophique et artistique d’un thème vieux comme le monde. Son champ d’action élargi lui permet d’être pleinement pertinent en 2019 et d’être partie prenante de la scène artistique parisienne. D’ailleurs, les chiffres disent tout : de 50 000 visiteurs en 2015, la fréquentation du musée est passée à 130 000 visiteurs en 2018. Succès attribuable à un bouche à oreille grandissant et à une exposition très courue de l’artiste Sophie Calle présentée l’an dernier.

Musée des moulages

Il en faut, du courage, pour endurer ce musée des horreurs. Une expérience éprouvante, mais quelle expérience ! Située dans l’enceinte de l’hôpital Saint-Louis – le plus vieil hôpital de Paris –, cette annexe du département de dermatologie regroupe plusieurs centaines de moulages de visages, jambes, bras, fesses et autres parties de l’anatomie dévorés par des maladies de peau. Ces moulages ont été effectués entre 1867 et 1957, à des fins pédagogiques. On y découvre des maladies aux noms terrifiants comme le lupus tuberculeux, la mycose fongoïde, le pityriasis, la trichophytie, l’adénome sébacé, sans oublier bien sûr la gale, le psoriasis et la syphilis. Le spectacle derrière les vitrines est encore plus terrifiant. Car si ces maladies existent toutes encore aujourd’hui, elles ne se développent plus à des stades aussi avancés. Ici, c’est le royaume de la cloque, de la pustule, de la croûte et de la crevasse à la puissance 10. « Il arrive parfois que les gens aient un malaise », confie la sympathique bibliothécaire, en précisant que les lieux sont déconseillés aux enfants de moins de 12 ans. Soyez avertis que les visites se font sur rendez-vous, en appelant le 01 42 49 99 15. Mais la démarche est gratifiante : au-delà du musée lui-même, l’hôpital Saint-Louis est en soi un lieu fascinant. Comme une ville dans la ville.

Musée de la vie romantique

Lové dans une cour cachée du quartier Nouvelle Athènes (près de Pigalle), ce petit musée rend hommage à la période romantique… et non au romantisme, nuance ! Cette maison appartenait à l’époque au peintre Ary Scheffer, qui y tenait salon. George Sand, Chopin et Delacroix avaient l’habitude d’y passer des soirées. Tableaux, objets, ambiance surannée. Profitez-en pour prendre le thé dans le jardin, un endroit retiré du monde. Entrée gratuite.

Musée de la contrefaçon

Méconnue malgré ses presque 70 ans d’existence, cette petite institution propose une vaste collection d’objets contrefaits, allant du bronze de Rodin aux fausses marques de luxe. Le but étant de nous apprendre à discerner le vrai du faux. Utile en cette ère de fake news.

Musée des éclairages anciens

Anciennes ampoules, lampe à pétrole, à huile, à essence, à alcool et à gaz, bec de lampe, abat-jour à franges. Entre boutique, atelier et musée, Lumière de l’œil vous éclairera sur un sujet pointu et fascinant. Son propriétaire, spécialiste mondial de l’éclairage, vous fera découvrir sa collection dans le détail.

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