Productivité

L’écart se réduit avec les États-Unis

Les Canadiens ont toujours eu une forme de complexe économique envers les Américains, considérés comme plus ingénieux, plus efficaces et plus riches. Ce complexe trouvait notamment sa source dans la plus grande productivité des entreprises yankees.

Or, les données publiées jeudi dernier par Statistique Canada indiquent un changement récent de tendance à cet égard. Plus précisément, le Canada a vu sa productivité croître davantage qu’aux États-Unis depuis cinq ans. Est-ce un effet de l’ère Trump ?

Les tout récents chiffres font état d’une hausse de la productivité canadienne de 2,1 % en 2017, soit un écart significatif par rapport au gain de productivité enregistré aux États-Unis (1,2 %). Le gain au Canada est supérieur à celui du pays de l’oncle Trump pour la quatrième fois en cinq ans. Au cours des cinq années précédentes, les Américains avaient surpassé les Canadiens quatre fois sur cinq ans, et souvent par une bonne marge.

La productivité est définie comme la valeur produite par heure de travail. Son évolution est cruciale pour notre niveau de vie. Cette productivité dépend notamment de l’innovation, de l’organisation du travail et des investissements.

La croissance de la productivité canadienne en 2017 s’explique par une progression du produit intérieur brut (PIB) réel des entreprises (3,4 %) supérieure à celle des heures travaillées (1,3 %).

Depuis cinq ans, la productivité a crû de 7 % au Canada, contre 4 % aux États-Unis.

Au cours des 10 années précédentes, cependant, la productivité canadienne avait crû de 7 %, contre 21,4 % aux États-Unis.

Personnellement, je n’envie pas les Américains, dont le système, capable du meilleur comme du pire, a fini par élire un être instable en la personne de Donald Trump. Il reste que les États-Unis ont maintes fois fait preuve de résilience par le passé, et la forte croissance de la productivité en a été un exemple.

Les données de productivité par province pour l’année 2017 seront connues le 23 mai prochain.

***

Un surplus budgétaire ou pas au Québec ?

Le gouvernement du Québec terminera-t-il son année financière avec un surplus budgétaire ou un budget équilibré ?

Voilà la question qu’on peut se poser à la lecture du dernier rapport mensuel des opérations financières, paru vendredi dernier. Cette question n’est pas anodine compte tenu du contexte électoral des prochains mois.

Selon ce rapport, le gouvernement du Québec a engrangé un surplus de 2,9 milliards de dollars au cours des neuf premiers mois de son exercice, soit 577 millions de mieux que l’année précédente. 

Ce surplus accumulé entre le 1er avril et le 31 décembre 2017 s’explique notamment par une économie vigoureuse, qui permet d’engranger davantage de recettes de taxes et d’impôt.

Toutefois, selon le rapport, ce surplus aura complètement disparu d’ici la fin de l’exercice, le 31 mars 2018. Il sera absorbé par l’impact des baisses d’impôt (solde restant de 322 millions), l’accélération des dépenses de programmes (2,3 milliards) et certaines autres mesures (256 millions) entre le 1er janvier et le 31 mars 2018, y est-il écrit.

Une accélération de 2,3 milliards des dépenses de programmes, vraiment ? Je ne suis pas devin, et je n’ai pas accès aux plus récents chiffres du ministère des Finances, mais une telle accélération serait fort importante.

Au cours des neuf premiers mois de l’exercice, Québec a dépensé au rythme de 5,87 milliards par mois. Or, cette cadence mensuelle devra passer à 6,58 milliards au cours des trois derniers mois (de janvier à mars 2018) pour que le surplus soit totalement absorbé, soit une accélération mensuelle de 12,3 %. Cette croissance de 12,3 % est près de trois fois plus importante que le rythme moyen prévu de 4,6 % pour l’ensemble de l’année.

Les chiffres peuvent aussi bouger du côté des revenus, avec un ralentissement de l’économie, peut-être compensé par des revenus plus élevés d’Hydro-Québec (grâce aux grands froids de janvier).

C’est à suivre, donc. Oh, j’oubliais : lorsque l’on exclut les versements au Fonds des générations, le surplus passe à 4,4 milliards.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.