Montréal

Encore plus de chantiers en 2018

La saison 2017 des chantiers dans l’île de Montréal a été pénible ? L’année 2018 s’annonce plus intense encore alors que la métropole prévoit réaliser pour 1,2 milliard de dollars de chantiers, en hausse de 50 % par rapport à l’an dernier. Les travaux toucheront tout près de 500 km de rues et conduites.

Pendant encore « plusieurs années »

Aux prises avec des infrastructures tombant en ruine, la Ville de Montréal a entrepris depuis plusieurs années d’accélérer la cadence dans les travaux de réfection. Et la nouvelle administration Plante a décidé de maintenir le pied sur l’accélérateur. « Il faut être réaliste, les chantiers feront partie du paysage montréalais pendant plusieurs années. Notre responsabilité est d’en diminuer le plus possible les impacts », a indiqué Éric Alan Caldwell, élu responsable des transports. La facture des chantiers planifiés cette année devrait s’élever à 1,2 milliard, alors que les travaux réalisés l’an dernier avaient coûté 788 millions.

Records de travaux

L’ampleur des travaux prévus est inédite. On compte ainsi refaire la surface de 363 km de rues en mauvais état. Pas moins de 145 intersections feront l’objet de travaux afin d’être sécurisées, nettement plus que les 33 réalisées l’an dernier. De plus, 18 ponts et tunnels seront retapés contre 14 l’an dernier. En plus des rues, les travaux toucheront l’équivalent de 129 km de conduites d’aqueducs et d’égouts. Largement épargné des travaux en 2017 en raison des célébrations du 375e anniversaire de fondation de Montréal, l’arrondissement de Ville-Marie (le centre-ville) verra de nombreux chantiers au cours de l’été. Même scénario dans le secteur voisin du Plateau-Mont-Royal, où plusieurs travaux sont prévus.

Enfin du rattrapage

Si cette somme de 1,2 milliard en travaux peut sembler élevée, Montréal affirme qu’investir autant s’impose. En fait, la Ville indique que 2018 sera la première année où elle rénovera son réseau plus rapidement qu’il ne se dégrade. En effet, la métropole accumule depuis des dizaines d’années un déficit d’entretien, ses infrastructures se dégradant plus rapidement qu’elle les répare. L’élu Sylvain Ouellet, responsable de l’eau, a notamment rapporté qu’au moment des fusions en 2002, le budget d’entretien des conduites d’égouts et d’aqueducs était d’à peine 16 millions. L’été prochain, Montréal prévoit investir 13 fois plus, soit 220 millions.

Qualité contre quantité

Projet Montréal ralentira la cadence dans le développement du réseau cyclable. On prévoit aménager 33 km de nouvelles pistes contre 59 km réalisés en 2017. L’administration Plante dit vouloir miser sur la qualité des aménagements plutôt que sur la quantité. « On ne veut pas simplement ajouter des kilomètres, mais amener plus de gens à utiliser le vélo et la marche comme moyen de se déplacer au quotidien. Quitte à en faire moins, on va en faire des meilleures. On va travailler sur la qualité », a indiqué Marianne Giguère, élue responsable du vélo. Parmi les projets, on aménagera une vélorue rue Saint-André, qui donnera priorité aux cyclistes. L’administration prévoit annoncer d’ici le début de l’été le déploiement du Réseau express vélo, promis en campagne, qui consistera en sept axes rapides pour les cyclistes.

Fini la reconstruction à l’identique

Afin d’améliorer la place réservée aux piétons et aux cyclistes, l’administration Plante dit vouloir profiter des futurs travaux pour revoir la configuration des rues, celles-ci ayant longtemps été conçues d’abord et avant tout pour les voitures. « La rue est à tout le monde et, dans ce qu’on construit, il faut que ce message soit évident. Quand on est dans la rue, il faut que ce soit clair que chacun y a sa place, que chacun doit être en sécurité », a indiqué Marianne Giguère. Un chantier prévu rue Lajeunesse a ainsi été retardé d’un an afin de prévoir un meilleur aménagement de la piste cyclable, qui consiste pour le moment en une simple bande peinte au sol.

Éviter de recommencer

La Ville de Montréal dit travailler à mieux coordonner les chantiers des diverses entreprises faisant des travaux dans ses rues, comme Bell, Vidéotron ou Hydro-Québec. Une nouvelle politique sera présentée cette semaine afin de partager avec ces sociétés la facture pour ouvrir les rues. Des « frais de dégradation » seront imposés lorsqu’une entreprise force la tenue d’un chantier dans une rue récemment refaite, en plus d’imposer un moratoire de cinq ans à la suite de travaux majeurs. « Quand on construit des infrastructures, on veut éviter d’avoir à les refaire », a indiqué Sylvain Ouellet, élu responsable des infrastructures de l’eau. Cette façon de faire pourrait réduire l’impact des travaux, évalue Montréal. « En concevant l’ensemble des travaux comme un seul et même chantier, les travaux s’enchaînent plus rapidement et leur durée s’en trouve raccourcie », dit Éric Alan Caldwell.

Absence dénoncée

L’opposition à l’hôtel de ville estime que l’administration Plante a toutefois renié « deux de ses promesses phares » faites en campagne en n’annonçant pas la mise en place d’une brigade de chantiers et d’une escouade mobilité. « Ç’aurait été le moment d’annoncer cela. Ça démontre que Projet Montréal est en contradiction avec leur promesse électorale », a dénoncé Lionel Perez, chef intérimaire d’Ensemble Montréal. Pour le reste, l’élu qui était justement responsable des infrastructures sous Denis Coderre estime que le plan des chantiers dévoilé hier s’inscrit en droite ligne sur celui de l’ancienne administration. « On met un nouvel emballage, mais c’est dans la continuité des objectifs », a dit Lionel Perez.

La saison des chantiers en chiffres

Réalisé en 2017 Projeté en 2018

Budget 788 millions 1176 millions

Chaussées 284 km 330 km

Égouts et aqueducs 126 km 138 km

Intersections sécurisées 33 145

Voies cyclables 59 km 33 km

Ponts et tunnels 14 18

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