« Ça fait partie du sport »

David Lemieux préfère ne pas penser aux risques associés à la pratique de la boxe

S’ils sont au courant des risques qu’ils courent en montant sur le ring, la plupart des boxeurs préfèrent en faire abstraction. David Lemieux ne fait pas exception.

« En fait, je n’y pense jamais, a-t-il affirmé au cours d’un entretien téléphonique avec La Presse canadienne, hier. C’est certain que ce sont des événements qu’on ne veut pas qui se produisent, alors tu te prépares en conséquence. Un coup de poing de trop peut signifier la fin. On ne souhaite ça à aucun athlète.

« C’est très triste comme événement. Ce sont par contre des choses qui peuvent se produire dans un sport de contact ou un sport extrême. Ça fait partie du sport, malheureusement. »

Lemieux fait allusion à la fin du combat d’Adonis Stevenson, qui se trouve plongé dans un coma artificiel depuis samedi à la suite du violent K.-O. dont il a été victime lors de son combat de championnat du monde des mi-lourds du World Boxing Council (WBC) contre l’Ukrainien Oleksandr Gvozdyk.

Le CHU de Québec-Université Laval n’a pas publié de mise à jour de l’état de santé de Stevenson depuis lundi. On indiquait alors que son état était stable. Une porte-parole de l’établissement a précisé hier qu’aucune mise à jour ne serait faite tant que l’état de santé de Stevenson n’aurait pas changé.

Quelques observateurs – plusieurs n’ayant pas de lien avec ce sport – ont remis en question cette semaine la pertinence de la boxe. Certains ont même demandé son abolition. Lemieux croit qu’il faut prendre un peu de recul.

« Les événements du week-end peuvent facilement influencer l’opinion des gens. De mon côté, je trouve qu’il y a plus de contacts et de commotions cérébrales au hockey, par exemple, que dans la boxe. »

— David Lemieux

Il rappelle également le suivi extrêmement serré auquel doivent se soumettre les boxeurs afin d’obtenir le permis qui leur permet de participer à des combats.

« On subit plusieurs examens médicaux ; ce n’est pas facile d’obtenir un permis de boxe ! Mais des incidents comme celui du week-end peuvent survenir dans n’importe quel sport extrême. Je crois que de penser à bannir un sport par rapport à un incident comme ça, c’est irréaliste. C’est certain que ce n’est jamais plaisant à voir, mais ce ne sont pas des incidents qui se produisent fréquemment.

« En boxe, il n’y a aucun moyen de savoir si un athlète est bien hydraté, si tout fonctionne bien chez lui. Comme professionnel, il faut être capable de digérer ça et de se maintenir dans une forme optimale. Ton corps, c’est comme ta voiture : le carburant que tu mets dedans, c’est ce qui va te propulser. »

Lemieux admet toutefois être affecté par les derniers incidents.

« C’est un cas très sensible. Je le connais personnellement. Aucun athlète ne mérite ça. Je souhaite qu’il s’en sorte avec le moins de séquelles cérébrales possible. C’est triste à dire, mais ça fait partie des risques de pratiquer un sport extrême. »

Encouragements de Gvozdyk

En après-midi hier, Gvozdyk a diffusé quelques mots d’encouragement pour Stevenson sur les réseaux sociaux.

« Adonis, tu es un homme très fort et tu dois le rester, a-t-il dit dans une vidéo sur Instagram. J’aimerais que tu te remettes rapidement. Je sais que tu vas passer au travers. »

En matinée, la conjointe de Stevenson, Simone God, avait réagi publiquement pour la première fois depuis que son mari s’est retrouvé sous sédation contrôlée à l’unité des soins intensifs de l’hôpital de l’Enfant-Jésus.

« Adonis est un battant et va continuer à se battre comme un champion, a-t-elle écrit sur son compte Twitter. Je vais faire tout ce que je peux pour le soutenir et l’aider à se remettre sur pied le plus tôt possible afin qu’il soit de retour dans notre famille. Merci de le garder dans vos prières. »

Stevenson a été conduit à l’hôpital de l’Enfant-Jésus de Québec, spécialisé en neurochirurgie et en traumatismes crâniens, samedi soir, quelques minutes après le combat tenu au Centre Vidéotron. À son arrivée, il présentait de graves symptômes de commotion cérébrale.

Stevenson a alors été mis en observation pour une période d’au moins six heures, mais sa condition s’est détériorée à un point tel que les médecins ont décidé de le plonger dans un coma artificiel.

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