Le secteur minier en 2018

L’impact des poids lourds

Le secteur minier a commencé à se relever de sa chute depuis un bout de temps. « La reprise est commencée depuis le premier trimestre de 2016, quand les marchés boursiers ont recommencé à s’intéresser au secteur », observe Nochane Rousseau, associé chez PwC Canada et spécialiste du secteur minier.

La tendance s’est poursuivie en 2017, comme l’indiquent les chiffres sur les intentions d’investissement des entreprises.

La suite des choses, selon le spécialiste, dépend du rythme de croissance de l’économie mondiale et, surtout, de ses deux poids lourds que sont la Chine et les États-Unis.

La Chine

« La Chine a entrepris de mieux gérer ses enjeux environnementaux, explique M. Rousseau. Des alumineries ont été fermées et les aciéries utilisent du fer de meilleure qualité. C’est ce qui a eu un impact sur la demande de ces deux produits, qui a augmenté. »

Le taux de croissance de la Chine est plus modéré et ses besoins changent, note-t-il. « Après les infrastructures et les routes, la priorité est maintenant de répondre aux besoins de la classe moyenne en produits de consommation. »

Ce changement de cap devrait être positif pour le cuivre, le lithium et les autres matériaux de batteries pour appareils électroniques, mais moins bon pour le fer et l’acier.

Les États-Unis

Aux États-Unis, l’administration en place n’a pas eu beaucoup de succès dans les projets qu’elle avait annoncés. Le gigantesque programme d’infrastructures promis par Donald Trump, par exemple, ne s’est pas concrétisé.

« Mais l’administration américaine a eu beaucoup de succès à créer de la volatilité, ce qui est bon pour les producteurs aurifères. »

— Nochane Rousseau

Au Québec, l’or est roi. La moitié des dépenses du secteur minier sont dans le secteur aurifère.

L’affrontement avec la Corée du Nord et la hausse prévue des taux d’intérêt devraient continuer à alimenter la volatilité et à soutenir les prix de l’or, croit le spécialiste.

La baisse d’impôt des entreprises devrait par ailleurs soutenir l’économie américaine et les prix des métaux de base. 

Les nouveaux produits

Le secteur minier doit répondre aux nouveaux besoins des manufacturiers de batteries et de véhicules électriques, observe enfin Nochane Rousseau, en donnant l’exemple des constructeurs comme Volvo, qui veut mettre en marché uniquement des voitures électriques ou hybrides à compter de 2019.

« Ça crée une nouvelle demande pour le lithium, le cobalt, le graphite, le nickel et l’aluminium », dit-il.

Ces développements ne font que commencer. Ils devraient favoriser l’investissement et l’apparition de nouveaux acteurs dans le secteur minier, croit-il.

« Le cycle actuel n’est pas un super cycle comme celui qu’on a connu, avec une augmentation en bâton de hockey, résume Nochane Rousseau. Mais ce n’est pas mauvais d’avoir une croissance moins rapide et plus durable. »

le secteur minier en 2018

Les investissements miniers au Québec augmentent depuis 2015 et la cadence devrait se poursuivre en 2018. Tour d’horizon.

Le secteur minier en 2018

Les projets miniers à suivre

Champion Iron Mines

Fer

Fermont

350 millions

Attendue depuis très longtemps, la relance de la mine de fer du lac Bloom est prévue pour mars 2018. Même si le prix du fer reste volatil, Champion assure que la qualité de son projet assure sa rentabilité à un prix international de 50 $US la tonne. Le prix de la tonne de fer oscille actuellement entre 60 et 70 $US.

Ressources Falco

Or

Rouyn-Noranda

1 milliard

Le projet Horne 5 est un nouveau départ pour l’ancienne mine Horne exploitée par Noranda de 1927 à 1979. Ressources Falco, dont Redevances aurifères Osisko est le plus important actionnaire, ne commencera pas l’exploitation avant 2021, mais des investissements importants sont en cours pour préparer le terrain de ce qui est annoncé comme la mine la plus technologiquement avancée au Québec.

Canadian Malartic et Odyssey

Malartic

Or

200 millions + entre 200 et 500 millions

Des travaux titanesques sont en cours à Malartic pour agrandir la mine d’or à ciel ouvert située en pleine ville. La route 117 est en train d’être déviée sur 4 kilomètres. Canadian Malartic commencera les travaux de construction sur son projet Odyssey, une mine souterraine adjacente qui pourrait être mise en production en 2021.

Nemaska Lithium

Whabouchi et Shawinigan

Lithium

550 millions

Plusieurs entreprises planchent sur des projets de matériaux de batteries, le nouvel eldorado minier. Après plusieurs retards, Nemaska Lithium pourrait être la première au fil d’arrivée en 2018. L’entreprise vient de livrer 1,5 tonne d’hydroxyde de lithium à un fabricant de matériaux de batteries, une première étape importante vers la production à grande échelle.

Alliance Magnésium

Magnésium

Danville

100 millions

Le projet d’Alliance Magnésium de transformer les résidus d’amiante en magnésium vient de franchir une étape cruciale. L’entreprise a acheté les installations de Noranda et de Métallurgie Magnola à Danville, où a été fabriqué du magnésium entre 2000 et 2003. Alliance Magnésium a l’intention de construire en 2018 une usine de démonstration commerciale pour mettre à l’essai sa technologie brevetée.

Rio Tinto

Aluminium

Alma

2 milliards

Expansion de l’aluminerie de Rio Tinto à Alma

La remontée lente, mais continue du prix de l’aluminium sur les marchés mondiaux pourrait faire revivre des projets d’expansion dans les alumineries du Québec. Lors d’une rencontre avec les investisseurs au début du mois de décembre, Rio Tinto a mentionné l’expansion de son aluminerie d’Alma comme un des projets prêts à démarrer. La demande devrait augmenter de 5 % par année au cours des cinq prochaines années, a indiqué Alf Barrios, chef de la division Aluminium.

Le secteur minier en 2018

Rebond des investissements

Les investissements miniers en exploration et production ont bondi de 17,8 % en 2017. Si la tendance se maintient, ils continueront d’augmenter en 2018, mais à un rythme plus modeste.

Investissements miniers au Québec

(en milliards)

2012 : 5,13 milliards

2013 : 4,57 milliards

2014 : 2,97 milliards

2015 : 2,49 milliards

2016 : 2,56 milliards

2017 : 3,02 milliards (+ 17,8 %)*

2018 : plus de 3 milliards*

*Estimations

Source : Institut de la statistique du Québec

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