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De l’idée à l’entreprise en cinq étapes

Plus que jamais, démarrer une entreprise au Québec en 2018 est accessible. Mais encore faut-il se lancer en affaires de la bonne façon et, surtout, pour les bonnes raisons. Voici cinq étapes incontournables, selon Gaétan Girard, directeur financement service-conseil à PME-MTL Centre-Est, de même que le témoignage de quelques jeunes entrepreneurs.

1. Pourquoi se lancer en affaires ?

« Se lancer en affaires : pourquoi et pour qui je le fais ? demande Gaétan Girard, qui travaille pour l’organisme PME MTL. Fonder une entreprise pour ne plus avoir de patron est une très mauvaise raison, car on est en affaires 24 heures sur 24. Est-ce que je suis prêt à investir beaucoup de temps ? Ai-je des qualités de résilience ? Les réponses doivent être associées à la passion. Or, il n’y a pas de logique dans la passion. Quant aux salaires, ils ne sont jamais intéressants avant plusieurs années, car il faut réinjecter ses revenus dans l’entreprise. Il existe sur le web des questionnaires pour savoir si on a la fibre entrepreneuriale ou pas. »

2. Valider son idée ou son concept

« Les premières questions à se poser sont : est-ce que mon entreprise répond à un besoin ? Est-ce que mon produit ou mon service est une mode ? Qui est la concurrence ? Quelle sera ma valeur ajoutée ? », souligne Gaétan Girard. Selon lui, il faut parler ouvertement de son projet plutôt que d’avoir peur de se faire voler son idée. « On en parle autour de soi, mais il faut aller vendre l’idée et prouver qu’on aura des clients potentiels », dit-il. C’est ce que Maurice Pelletier a fait avant de fonder MTL Gringo, un fabricant de salsa. « J’ai fait des dizaines de recettes de ma salsa et je les ai fait goûter à ma famille, mes amis et même mes collègues de travail », explique ce jeune professeur d’économie en congé sans solde et entrepreneur d’expérience.

3. Établir son plan de match

« Le plan de match va plus loin qu’un plan d’affaires, explique Gaétan Girard. On évalue tous ses besoins. Et surtout, on met l’accent sur ses prévisions financières. À la fin de chaque mois, on étudie ses prévisions et on corrige le tir en conséquence. » Michel Jodoin, président de Soumission Rénovation, suit cette logique à la lettre. « Tous les mois, j’envoie mes chiffres à mes directeurs de comptes ou à ceux qui m’ont prêté de l’argent. Ils auront l’heure juste quand je voudrai un nouveau financement », soutient celui dont la PME de 28 employés aiguille les consommateurs vers l’un des 6000 entrepreneurs de la construction affiliés au site Soumission Rénovation dans quatre provinces canadiennes.

4. S’informer auprès d’organismes venant en aide aux entrepreneurs

« Leurs services sont gratuits ; ce serait dommage de s’en passer. Ils font des prêts et offrent parfois des bourses de démarrage, mais la valeur de ces organismes est le service-conseil et les références offertes », rappelle Gaétan Girard. Lysiane Roy-Maheu, cofondatrice de la champignonnière urbaine Blanc de Gris, est vendue à la cause. « Quand ça allait moins bien, dit-elle, un de ces organismes nous a accordé un sursis dans le remboursement de notre prêt. Influencés, nos deux autres créanciers – des banques – ont fait la même chose. Aussi, la bourse que nous avons obtenue nous donnait accès à des ressources pro bono, dont un avocat et un spécialiste en agroalimentaire qui nous ont beaucoup aidés. »

5. Foncer et bien s’entourer

« Quand on a franchi toutes ces étapes, on est dans le feu de l’action, explique Gaétan Girard, de PME MTL. Il faut maintenant bien s’entourer, trouver des gens qui travailleront avec nous en complémentarité et qui nous aideront dans les secteurs où on est moins bon, que ce soit la vente, la production ou la gestion. » Maurice Pelletier, de MTL Gringo, a beau avoir de l’expérience à titre de franchisé, rien ne le prédisposait à produire de la salsa à grande échelle. « J’ai contacté une femme d’affaires spécialisée en agroalimentaire pour qu’elle me loue une partie de ses installations, dit-il. En plus de m’ouvrir les portes de son entreprise, elle m’a fait gagner du temps pour les questions d’hygiène et m’a aidé à conserver une constance dans la qualité – et le goût – de ma salsa. »

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