À PETITES DOSES

Quelques milligrammes de toute l’actualité scientifique de la semaine

Haro sur l’infrastructure fossile

Si les infrastructures actuelles et planifiées liées aux énergies fossiles sont exploitées pendant toute leur vie utile, cela quadruplera la quantité de gaz à effet de serre émis depuis la révolution industrielle au XIXe siècle, selon une nouvelle étude californienne. Les économistes de l’Université de Californie à Irvine, qui ont publié leurs résultats dans la revue Nature au début de juillet, estiment que ces émissions de GES équivaudront à 846 milliards de tonnes de CO2. Ils appellent à une mise à la retraite hâtive des infrastructures existantes – pipelines, gazoducs et centrales – et à une interdiction de nouvelles infrastructures afin d’atteindre la cible de 1,5 oC de réchauffement. La cible de 2 oC de réchauffement implique un gel des nouvelles infrastructures mais pas de retraite hâtive des infrastructures existantes.

Quiz

Comment les éléphants évaluent-ils la quantité de nourriture disponible ?

Avec leur odorat. Telle est la conclusion de biologistes américains, présentée en mai dans la revue PNAS. Ils ont fait sentir deux tas de graines cachés par des écrans à six éléphants habitant dans un parc hôtelier de Thaïlande. Après, les éléphants choisissaient immanquablement le tas de graines le plus gros. Les éléphants utilisent peu leur vision pour évaluer la nourriture disponible, étant donné la morphologie particulière de leur crâne.

Le chiffre

2/3

Proportion des émissions humaines de gaz à effet de serre qui pourraient être annulées si les forêts prenaient 30 % d’expansion, selon une nouvelle étude européenne. Publiée dans la revue Science au début de juillet, l’étude menée par l’École de haute technologie de Zurich estime qu’il est possible d’augmenter de 1,8 milliard d’hectares la superficie des forêts sans avoir un effet sur l’agriculture ou les villes. Le Canada est au troisième rang des pays pouvant agrandir leurs forêts, avec 78 millions d’hectares, et la Russie est au premier rang, avec 150 millions d’hectares. Ce plan permettrait d’absorber 205 milliards de tonnes de CO2.

Le petit secret des coraux

Des chercheurs de l’Université Simon Fraser, en Colombie-Britannique, ont élucidé en mai, dans la revue Science, le « paradoxe de Darwin », qui mystifie depuis 150 ans les spécialistes des coraux. Il s’agit de la faible présence de plancton près des récifs de corail, qui pourtant abritent de nombreuses espèces vivantes. Les biologistes canadiens montrent que les récifs sont des refuges parfaits pour des poissons minuscules, pesant parfois moins de 1 g, qui se reproduisent très rapidement et fournissent donc beaucoup de nourriture pour les poissons et crustacés des récifs de corail.

La poterie égalitaire

Contrairement à d’autres sociétés, la poterie n’était pas l’apanage des femmes dans la culture pueblo au Nouveau-Mexique, qui a fleuri voilà 1000 ans. Des archéologues américains, dans la revue PNAS de mai, décrivent l’analyse des empreintes retrouvées sur 800 tessons de poterie du Xe au XIIe siècle dans divers villages. Au départ, il y avait un peu plus d’empreintes de femmes, mais au fur et à mesure que la prospérité de la culture pueblo augmentait, et donc vraisemblablement la demande en poterie, les empreintes des deux sexes sont devenues aussi fréquentes.

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