Politique

Les échos des collines

Chaque samedi, nos correspondants parlementaires de Québec et d’Ottawa nous livrent un coup d’œil décontracté sur l’actualité de la dernière semaine. — La Presse

Pétition pour la démission de Trudeau

Le suspense est intenable : que répondra le gouvernement de Justin Trudeau ? La députée conservatrice Candice Bergen a déposé jeudi en Chambre une pétition signée par 15 597 personnes qui demandent la démission du premier ministre Justin Trudeau. En vertu du règlement de la Chambre des communes, le gouvernement dispose de 45 jours civils au maximum pour répondre à une pétition. « Je veux que les pétitionnaires sachent que nous en sommes aux derniers jours de cette législature […]. Toutefois, je voulais présenter cette pétition en leur nom et demander au gouvernement de l’examiner sérieusement », a déclaré Mme Bergen en déposant le document. Le chef de l’opposition officielle, Andrew Scheer, a réclamé la démission de Justin Trudeau en février dernier dans la foulée de l’affaire SNC-Lavalin. Le premier ministre est toujours en poste.

Secousse verte

La victoire du Parti vert lors de l’élection partielle qui a eu lieu la semaine dernière dans la circonscription de Nanaimo–Ladysmith, en Colombie-Britannique, continue de faire des vagues à Ottawa. Le Nouveau Parti démocratique et le Parti libéral se livrent à une joute politique à la Chambre des communes dans l’espoir de réaffirmer leur credo environnemental. Les deux partis ont déposé des motions de leur cru visant à décréter une « urgence climatique nationale ». Mais à les entendre cette semaine, on pourrait se demander s’il ne s’agit pas dans leur cas d’une « urgence politique nationale » pour freiner la montée du Parti vert à cinq mois des élections fédérales…

À ne pas inviter au même lancement…

Ce n’est pas un froid, mais bien un vortex polaire qu’il y a entre la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, et la députée libérale Isabelle Melançon, porte-parole de l’opposition officielle dans ces domaines. Elles se chamaillent depuis des semaines à l’Assemblée nationale. La plus récente passe d’armes est survenue jeudi, alors que Mme Melançon a reproché à la caquiste de tarder à réviser les deux lois sur le statut de l’artiste, une mesure prévue à la politique culturelle du Québec déposée par les libéraux en juin 2018. « Que répond la ministre au Conseil québécois du théâtre qui écrit que le milieu se sent pris en otage du bon vouloir et de l’agenda politique du gouvernement dans ce dossier ? Et s’il vous plaît, ne me répondez pas que vous n’avez pas le contrôle de l’agenda comme vous l’avez fait lors de l’étude des crédits. C’était indécent ! », a lâché Mme Melançon. La ministre a répliqué : « J’aimerais dire aux gens du Conseil du théâtre de ne pas écouter les campagnes de peur et de propagande qui se déroulent depuis des mois et qui sont faites par ma collègue, qui se fait un malin plaisir… » Elle n’a pas eu le temps de terminer sa phrase : le leader parlementaire libéral s’est levé pour faire des reproches à la caquiste, et son vis-à-vis du gouvernement a sauté dans la mêlée, tentant de défendre sa collègue… Du théâtre parlementaire, quoi !

Plus vite !

Le premier ministre François Legault a rencontré jeudi tous les hauts fonctionnaires et les sous-ministres, à Québec. Il leur a demandé entre autres de trouver les moyens nécessaires pour que l’implantation de la maternelle 4 ans avance plus rapidement. Une promesse qui s’avère plus coûteuse et plus longue à réaliser que prévu. Déjà l’automne dernier, il avait fait part de sa déception devant les journalistes, alors que l’on apprenait que seulement 250 classes supplémentaires pourraient être ouvertes à la rentrée de 2019. « Ça ne va pas assez vite à mon goût ! », avait-il lancé. Mais « préparez-vous pour la rentrée de septembre 2020, avait-il ajouté. Il va y en avoir, des classes de maternelle 4 ans, pour septembre 2020 ! » Or la réalité l’a rattrapé quelques mois plus tard… Comme l’a reconnu récemment le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, en commission parlementaire, ce ne sont toujours que 250 classes supplémentaires qui seront créées pour la rentrée de 2020, selon les prévisions du Ministère. Ce n’est qu’à compter de 2021 que le rythme sera plus soutenu.

Acrobaties « FCKD UP »

La députée du Nouveau Parti démocratique Brigitte Sansoucy a dû user d’imagination pour éviter de prononcer le nom de la boisson sucrée alcoolisée controversée FCKD UP à la Chambre des communes. Le président de la Chambre, Geoff Regan, a invité la députée québécoise à être « plus judicieuse » dans le choix de ses propos. Mme Sansoucy a habilement réussi à contourner le mot afin de poursuivre sa question. Elle déplorait que le fabricant de la boisson mène une campagne de lobbyisme auprès du gouvernement fédéral malgré la mort récente d’Athéna Gervais, une adolescente qui avait consommé le produit.

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