À suivre cette semaine

La Bourse américaine aux aguets des résultats

Très attendue en Bourse, la séance printanière de résultats trimestriels s’est amorcée de façon plutôt réconfortante, vendredi dernier, avec les premiers énoncés de grandes banques comme JPMorgan Chase et Wells Fargo.

Un peu meilleurs qu’attendu, mais encore mitigés pour la suite, ces résultats bancaires ont tout de même suffi à faire sursauter l’indice de marché S&P 500 vers un troisième gain hebdomadaire de suite.

En contrepartie, ce sursaut du S&P 500 près de son niveau record rehausse le risque de déception des investisseurs envers la masse des résultats trimestriels d’entreprises qui déferlent cette semaine et continueront de le faire la semaine prochaine.

Pour le moment, les prévisions de bénéfices pour le premier trimestre parmi les analystes s’alignent vers une baisse annualisée d’environ 3 % pour les entreprises de l’indice S&P 500.

Cette prévision moyenne s’est complètement inversée depuis six mois. Et si elle se confirme au cours des prochains jours, une telle baisse annualisée de bénéfices trimestriels serait la première à survenir depuis trois ans sur la Bourse américaine.

Quant aux prévisions de bénéfices au deuxième trimestre, elles s’affichent encore en hausse annualisée de 2,5 %. Mais elles sont aussi considérées à risque croissant de basculer en zone négative si les résultats du premier trimestre devaient s’avérer plus faibles que prévu.

« La croissance anticipée des bénéfices se retrouve de plus en plus repoussée vers la fin de l’année 2019. Par conséquent, pour maintenir son élan positif, le marché boursier américain a besoin d’une surprise positive à court terme avec les bénéfices des entreprises », a commenté Emily Roland, directrice de la recherche chez John Hancock Investments, à l’agence Thomson Reuters.

Dans ce contexte, un nombre croissant d’analystes sont préoccupés par le potentiel d’une toute prochaine « récession des bénéfices » des entreprises, que l’on définit comme une période d’au moins deux trimestres consécutifs de baisse annualisée des bénéfices.

La dernière « récession des bénéfices » aux États-Unis s’était étendue du troisième trimestre de 2015 au deuxième trimestre de 2016. Or, durant cette période de neuf mois, l’indice S&P 500 avait subi deux épisodes de correction et de rebond à l’équivalent de 15 % de sa valeur initiale à la mi-année 2015.

« Très dommageable »

Selon Michael Wilson, stratège en actions chez Morgan Stanley, une « récession des bénéfices » comme celle qui est envisagée à court terme pourrait être « très dommageable » pour le marché boursier.

« Avec des actions américaines pleinement valorisées et la Réserve fédérale américaine (Fed) proche de sa capacité maximale d’intervention, je crois qu’il faudra des preuves d’un réel maintien de la croissance des bénéfices pour que la Bourse américaine puisse se hisser encore plus haut », indique Michael Wilson dans une note distribuée à ses clients-investisseurs la semaine dernière.

De fait, l’indice S&P 500 a augmenté de 16 % jusqu’à présent cette année. Il se situe maintenant à moins de 1 %, ou 25 points, de son niveau record de clôture de 2930 points, atteint le 20 septembre dernier.

Et en ce début de deuxième trimestre 2019, l’indice S&P 500 a déjà atteint le niveau des 2900 points que l’on anticipe pour la fin de l’année parmi les stratèges de marchés sondés par l’agence Thomson Reuters.

À suivre cette semaine

Mercredi

Bilan trimestriel de Metro

Alors que sa valeur boursière est à un niveau record, l’entreprise qui exploite les supermarchés Metro, Super C et Adonis ainsi que les pharmacies Jean Coutu fera le point sur les résultats de son deuxième trimestre 2019. Les analystes anticipent de bons résultats dans les supermarchés, en raison surtout de l’inflation accrue dans les principaux produits alimentaires. Mais pourront-ils compenser la compression des marges bénéficiaires dans les pharmacies, alors que l’intégration de l’achat de Jean Coutu, il y a un an, reste à compléter ?

Jeudi

Ventes au détail en Amérique du Nord

Aux États-Unis, après trois mois de données très mitigées (chute de 1,6 % en décembre, mince rebond de 0,7 % en janvier et autre recul de 0,2 % en février), les ventes au détail en mars sont attendues en regain d’environ 1 %, ce qui pourrait rassurer les marchés financiers sur la santé financière des consommateurs américains. Au Canada, c’est pour le mois de février que la valeur des ventes au détail sera mise à jour. Après quatre mois de baisse, on s’attend à un rebond proche de 1 %, ce qui serait en suivi de la hausse des prix de 0,8 % déjà mesurée en février (sauf auto et essence), la plus forte observée depuis mars 2011, notent les économistes de Desjardins dans leur billet hebdomadaire.

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