Un homme honnête

Max Pacioretty l’avoue : Montréal et ses anciens coéquipiers lui ont manqué. Mais pas la pression exercée par les médias et les partisans.

Ottawa — Est-ce que tu t’es ennuyé des médias de Montréal ?

« Désolé, mais non. »

Une réponse honnête de Max Pacioretty, rencontré à Ottawa à la veille du match entre les Golden Knights de Vegas et les Sénateurs. L’ancien capitaine du Canadien affrontera son ancienne équipe samedi au Centre Bell.

Pacioretty a toujours dit ce qu’il pensait, pour le meilleur et pour le pire, et ça ne va pas changer parce qu’il est dans un nouvel uniforme. Même qu’il a refusé de nous dévoiler ses plans pour la journée de congé des Golden Knights vendredi à Montréal. « Je ne voudrais pas que vous me suiviez. »

Ça a le mérite d’être clair. Assurément, pour ceux qui en doutaient encore, ce n’était pas la portion de son travail qui lui plaisait le plus, même s’il s’en acquittait généralement avec diligence.

Cela dit, Pacioretty s’est ennuyé de ses anciens coéquipiers, dont il prend encore des nouvelles régulièrement. Un porte-parole du Canadien a aussi confirmé que l’équipe, de son côté, lui préparait un hommage pour le match de samedi. La transaction fracassante de l’été n’a rien changé aux amitiés bâties au travers des années, de ses succès et de ses épreuves. Pacioretty s’est aussi ennuyé de Montréal, la ville, un endroit où sa famille était heureuse, insiste-t-il.

« J’aimais vivre là. Ma famille aussi, mais c’est la vie. Tu passes à autre chose, je l’ai fait, j’ai tourné la page. Je suis prêt à être aussi heureux à Vegas. Le soleil a aidé beaucoup. »

— Max Pacioretty

Pacioretty a maintes fois déclaré son amour pour la métropole, encore plus au moment où son statut était incertain. Il s’était même dit prêt à signer sur-le-champ une prolongation de contrat avec le Canadien peu avant d’être échangé au milieu de la nuit. Mais maintenant, Pacioretty a goûté à autre chose à Vegas.

Chez les Golden Knights, il est l’un parmi tant d’autres, et malgré un engouement certain, la pression médiatique et des partisans est sans commune mesure. Son rendement de 2 buts en 11 matchs ne fera pas la une des journaux ou des émissions de fin de soirée. Tout le monde est trop occupé avec Céline ou le Cirque du Soleil.

« Cette organisation a été bâtie de rien. Tu peux bien le faire ou mal le faire. Ils l’ont bien fait. Ce sont les meilleurs candidats à chaque position. Ça a rendu la transition plus simple. Les coéquipiers m’ont aidé aussi beaucoup. Maintenant que je suis à l’aise, c’est l’heure de gagner et, pour moi, de contribuer à la victoire. »

La nouvelle vie

Pacioretty insiste pour dire que les bouleversements n’ont rien à voir avec sa fiche modeste cette saison.

N’empêche, les premiers jours dans sa nouvelle vie, après 10 ans à Montréal, n’ont pas été de tout repos. Sa femme, enceinte du quatrième enfant du couple, s’est retrouvée avec une énorme liste de tâches à accomplir.

« Être échangé quelques jours avant le camp d’entraînement, avec trois enfants et une femme enceinte, n’est pas facile. Mais on s’en est tirés. Les enfants sont à l’école, on a trouvé notre maison. C’était beaucoup de travail, et je me sens mal pour ma femme qui a tout fait pendant que j’étais à l’aréna. Mais comme famille, on a passé au travers. »

Sur la glace, Pacioretty s’est entraîné hier avec Cody Eakin et Alex Tuch. Eakin remplaçait Erik Haula, qui s’est blessé à une jambe en troisième période contre les Maple Leafs, mardi. C’est Paul Stastny qui avait commencé la saison avec Pacioretty, mais le fils de Peter n’a pas joué depuis le 8 octobre. Pacioretty lui-même vient de rater quatre matchs pour une blessure au haut du corps.

Bref, ça roule à l’infirmerie, et c’est bien sûr difficile dans ces conditions de mettre en place une chimie. Mais le plus inquiétant reste peut-être le pourcentage de succès sur tirs de Pacioretty, à 7,1 %, le plus bas depuis qu’il est un joueur régulier dans la LNH. Cette statistique avait été le premier signal d’alarme la saison dernière. Tout le contraire de ce qu’espérait le directeur général George McPhee lorsqu’il a accordé à Pacioretty une prolongation de 4 ans et 28 millions.

« Nous ne marquons pas, a résumé le 67. Je ne sais pas si on tient le bâton plus serré, mais on doit marquer ces buts. On ne veut pas parler des blessures, personne ne va se sentir mal pour nous. »

« Nous avons du travail à faire, quand les rondelles vont rentrer, elles vont rentrer en grande quantité. »

— Max Pacioretty

Le principal intéressé croit que son jeu est adéquat, et qu’il allait dans la bonne direction avant sa blessure. Son entraîneur Gerard Gallant partage son avis. « Je ne suis pas inquiet pour Max, je sais qu’il va aider notre équipe. »

Quand même, tout semble un peu plus difficile cette fois pour les Golden Knights, après être passés si près du rêve. Ils croupissent à l’avant-dernier rang dans l’Ouest, et les buts ne viennent plus aussi facilement. Ce qui a valu cette analogie hivernale à Gallant : « On dirait qu’on doit pousser le traîneau vers le haut de la pente. »

Golden Knights de Vegas c. Canadien, samedi soir (19 h) au Centre Bell

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