Journée sombre pour les Bourses

Donald Trump a une nouvelle fois vivement critiqué la banque centrale américaine, hier, alors qu’un vent de panique boursière a éprouvé Wall Street en raison de l’inquiétude des investisseurs devant la remontée des taux d’intérêt.

« La Fed est tombée sur la tête », a lâché le président américain après la clôture, s’en prenant une fois de plus à la politique de resserrement monétaire de la banque centrale.

Au cours de sa pire séance depuis février, l’indice vedette de la place new-yorkaise, le Dow Jones, a chuté de 3,2 %, à 25 598,74 points, alors qu’il avait atteint un sommet historique il y a huit jours.

Le NASDAQ, à forte coloration technologique, a quant à lui accusé son plus fort recul en plus de deux ans, perdant 4,1 %, à 7422,05 points. L’indice élargi S&P 500 a abandonné 3,3 %, à 2785,68 points.

La chute d’hier a été alimentée par une dégringolade des valeurs technologiques, traditionnel moteur de la hausse des indices, mais particulièrement malmenées depuis une semaine.

L’indice regroupant ces valeurs au sein du S&P 500 a ainsi perdu 4,8 % hier et s’affiche désormais en baisse de plus de 8 % depuis jeudi dernier.

« Les valeurs de la technologie souffrent, car les gérants de portefeuille se détournent de ce secteur de croissance pour aller vers des entreprises qui présentent davantage de sécurité, [voire vers d’autres produits financiers]. »

— Tom Cahill, de Ventura Wealth Management

Véritable champion à Wall Street, Apple a dégringolé hier de 4,6 %, sa plus mauvaise séance depuis avril 2016.

Commentaires troublants

Cette fuite des investisseurs s’inscrit dans un contexte de fin de la politique très accommodante de la banque centrale américaine (Fed), engagée dans un processus de hausse des taux d’intérêt.

Ces relèvements de taux ont pour conséquence de renchérir le coût du crédit pour les ménages et les entreprises. « Les acteurs du marché s’attendent à une hausse des taux cette année et à plusieurs l’an prochain », a affirmé M. Cahill.

Les investisseurs ont été troublés par des commentaires mercredi dernier de Jerome Powell, président de la Fed, estimant que la banque centrale était « encore très loin » du taux « neutre » auquel elle aspire, celui qui favorise la croissance sans nourrir de hausse des prix. Une façon de suggérer qu’il faut anticiper plusieurs remontées de taux dans les mois à venir.

Toronto écope

La Bourse de Toronto a connu sa pire séance en plus de trois ans.

Toutes les catégories d’actifs, à l’exception de l’or et des devises jugées plus sécuritaires, ont affiché d’importants reculs, et l’aversion pour le risque a semblé être le principal thème de la journée, a souligné Candice Bangsund, gestionnaire de portefeuille pour Fiera Capital.

« Je crois que les marchés d’actions ont un peu peur de la hausse des taux d’intérêt, qui va avoir un impact sur leurs évaluations et éroder, potentiellement, les profits des entreprises. Cela survient évidemment à une période où les évaluations boursières se font très généreuses », a-t-elle noté lors d’un entretien.

La Bourse de Toronto a retraité hier pour la quatrième séance de suite.

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a plongé de 336,65 points pour terminer la journée à 15 517,40 points, ce qui représentait son plus important déclin en une seule séance depuis septembre 2015. Cette dégringolade a effacé tous les gains cumulés par le TSX depuis la fin du mois d’avril.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a reculé de 1,79 $US, à 73,17 $US le baril, tandis que celui de l’or a gagné 1,90 $US, à 1193,40 $US l’once. 

MTY répond aux attentes

Le groupe d’alimentation MTY a dépassé les attentes au troisième trimestre en affichant une croissance de ses profits et de ses revenus, stimulée entre autres par l’apport des acquisitions et une variation favorable des devises. Pour la période de trois mois terminée le 31 août, le géant québécois de la restauration rapide a presque doublé sur un an son bénéfice net, qui a été d’environ 22,3 millions de dollars, ou 88 cents par action dilué. Les revenus ont grimpé de 26 %, à 91,2 millions. Cette performance trimestrielle a dépassé les attentes des analystes sondés par Thomson Reuters Eikon, qui tablaient sur un profit net par action de 73 cents en vertu de recettes de 89,20 millions.

— La Presse canadienne

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.