Courrier

« Un “beau-père” utile »

Vous avez été nombreux à commenter l’éditorial de Paul Journet sur la sortie de Pauline Marois concernant l’avenir du français, publié samedi. Voici un aperçu des courriels reçus.

Je ne peux que remercier Mme Marois. Elle pose une question plutôt que de présenter une réponse. Elle nous oblige à réfléchir et à nous responsabiliser. Elle est beaucoup plus qu’un beau-père : elle est une sage.

— Michel Marcotte

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Une langue en péril

En 1967, j’avais 15 ans et je me faisais servir en anglais par les vendeuses des magasins de la rue Sainte-Catherine, ce que mes amies et moi refusions. Ça nous offusquait… Aujourd’hui, mon fils de 34 ans répond en anglais à la vendeuse ! Pour moi, ma langue est en péril. Je suis inquiète. Pour lui ? J’en doute…

— Louise Charron

Inutile

Je ne vois pas l’utilité de la présence de Mme Marois dans le présent débat. Elle aurait dû le faire lorsqu’elle était au pouvoir. Nos ex-premiers ministres sont meilleurs après qu’ils ont perdu le pouvoir, bizarre. C’est un gaspillage d’argent et de temps. Nous avons un gouvernement en place qui a les pleins pouvoirs de faire ce travail. 

— André Gasse

Fierté perdue

Mme Marois a bien sûr tout à fait raison. Mais la raison profonde pour laquelle le français s’étiole au Québec, c’est que les Québécois n’ont jamais eu, surtout depuis une vingtaine d’années, de fierté de ce qu’ils sont. Et les fossoyeurs de la langue française à Montréal, qui n’ont jamais rien fait pour protéger cette langue, passeront à l’histoire : ce sont Valérie Plante et Denis Coderre. D’ici peu, la francité au Québec aura totalement changé et, au mieux, sera devenue une langue minoritaire pour disparaître complètement dans quelques générations.

— Jean-Pierre Fortin, Saint-Charles-Borromée

Téléphones intelligents

Les 18-34 ans ne sont pas inquiets de l’avenir du français au Québec, pas plus qu’ils ne sont intéressés à lire votre éditorial. Et j’ose croire que vous savez pourquoi. Ce n’est pas parce que le français n’est pas important ou que vos talents d’éditorialiste sont médiocres, mais bien parce qu’ils sont accros à leurs téléphones intelligents. Et ça se passe en anglais, dans ce truc du XXIe siècle.

— Gaétan Faubert

Une question de perception

Il est possible que la loi 101 et l’immigration francophone aient affaibli le français d’une manière inattendue. L’identité est une question de perception. Dans les années 70, les « autres » ne parlaient pas français. Aujourd’hui, les gens perçus comme étant les « autres » nous parlent en français. Est-ce que le Québécois de souche se sent plus proche d’un immigré pratiquant une religion et originaire d’une culture historiquement très différente de la nôtre que d’un Anglo-Québécois non pratiquant ?

— Marc Blancval, Joliette

Commission d’enquête

Le propos de Mme Marois est utile. Les nouvelles générations ne s’intéressent guère à la question de l’usage du français et de la préservation de la langue et de la culture. Pourquoi ? À quand une commission d’enquête sur l’état du français au Québec dirigée par Pauline Marois ?

— Marc-André Lavigne, Montréal

Un immense talent

Qui de mieux que cette grande Québécoise pour reprendre le flambeau de la défense et de la promotion du français ? Première femme première ministre du Québec, elle n’a malheureusement pas eu le temps de mettre à profit son immense talent pour faire avancer la cause du français qui lui tient tant à cœur.

— André Lebeau, Montréal

Se battre pour le français

J’ai connu l’avant et l’après-loi 101. Il a fallu se battre pour l’avoir, il a fallu se battre pour la faire respecter. Je travaillais pour une entreprise américaine où tout était décidé en anglais ; nous n’avions pas le droit de parole, nous n’avions qu’à faire les moutons.

Tout a changé avec cette loi, mais encore fallait-il se tenir debout. Ils ont tout essayé pour nous faire courber l’échine, mais moi et mes amies, nous nous sommes battues. Les 30-40 ans de ce jour n’ont pas eu à se battre pour la langue ; le français leur était acquis. Un peu comme un jouet qui nous laisse indifférent. C’est même rendu cool de glisser quelques mots en anglais dans une phrase. Mais nous, on n’oubliera pas. Je vais continuer de me battre pour que ma langue reste vivante et forte.

— Céline Boissonneault

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La qualité de la langue

Mesurer l’attachement à la langue par une indifférence au « hi » équivaut, à mon avis, à se mouiller le doigt pour mesurer le vent.

Et si les jeunes trouvaient tout simplement ridicule cette obsession de l’accueil en français ? Peut-être sont-ils farouchement attachés à leur langue et à leur culture, mais pas comme ça ? Peut-être répondraient-ils différemment si on leur posait la bonne question : voudriez-vous vivre en anglais ? J’en suis convaincue.

Par ailleurs, et dans un autre ordre d’idées, on s’attache à une langue si elle est riche et forte, et cela vaut aussi pour les immigrants. Or, quand on sait que la majorité des gens ne savent pas s’exprimer correctement, inutile de s’étonner. Au lieu de s’intéresser aux statistiques et à la quantité, intéressons-nous à la qualité. Je pense que cela contribuera aussi à la fierté et à l’assurance des Québécois.

— Betty Cohen

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