SOUS LA LOUPE PME

Des simulateurs pour toutes les bourses

La liste des clients d’Opal-RT Technologies est impressionnante : General Electric, Hitachi, Mitsubishi, General Motors, Toyota, Renault, Samsung, Airbus… Mais pour poursuivre sa croissance, la PME montréalaise s’attelle maintenant au vaste marché des entreprises plus modestes.

C’est pour « démocratiser » le domaine de la simulation industrielle que Jean Bélanger et Lise Laforce ont fondé Opal-RT en 1997. Pendant 25 ans, M. Bélanger avait travaillé à la conception de simulateurs chez Hydro-Québec. De son côté, Mme Laforce était consultante pour la société d’État.

À l’époque, les simulateurs nécessitaient des systèmes informatiques lourds et coûteux. Les deux entrepreneurs ont trouvé le moyen de créer des outils de simulation en temps réel compatibles avec les ordinateurs grand public.

L’idée était géniale, mais encore fallait-il convaincre les clients potentiels du bien-fondé de cette solution révolutionnaire. « Le marché de la simulation était alors occupé par de grands joueurs, alors il nous fallait trouver des clients prêts à essayer autre chose et qui avaient des moyens de le faire », explique Lise Laforce. Le premier client d’Opal-RT a été l’Agence spatiale canadienne, établie sur la Rive-Sud.

Les appareils d’Opal-RT permettent entre autres de simuler des pannes de courant, de tester des moteurs d’auto et de développer des systèmes avioniques. Ils sont utilisés par plus de 500 clients dans le monde, y compris des dizaines d’universités. La quasi-totalité des revenus de l’entreprise provient de l’exportation : 30 % des États-Unis, 30 % de l’Europe et 40 % de l’Asie, principalement la Chine et l’Inde.

« C’est grâce à cette diversification sectorielle et géographique que l’entreprise a pu survivre, précise Mme Laforce. Quand un marché tombe, un autre monte. »

NOUVELLE GAMME DE PRIX

Le prix moyen d’un simulateur d’Opal-RT oscille entre 100 000 et 150 000 $. Mais dans le but d’élargir son marché, l’entreprise vend maintenant des appareils de base à moins de 5000 $.

Comme ils l’ont fait avec les multinationales il y a 15 ans, les dirigeants d’Opal-RT font maintenant valoir les avantages de leurs simulateurs aux PME.

« En plus d’être en concurrence avec les autres fabricants de simulateurs, nous faisons face à des clients potentiels qui sont attachés à d’autres solutions de développement, comme le prototypage traditionnel, ou qui ont élaboré des outils maison de simulation. »

— Jean Bélanger, cofondateur d’Opal-RT

Comme la plupart des PME, Opal-RT dispose d’un budget de marketing limité. Pour l’entreprise, le moyen le plus efficace de faire parler d’elle est d’être présente dans les foires commerciales et les conférences internationales. Chaque année, elle participe à plus de 30 événements du genre.

Pour une raison qu’Opal-RT ignore, les entreprises canadiennes sont très réticentes à adopter ses simulateurs. Les fondateurs de l’entreprise estiment que les gouvernements devraient obliger les grandes entreprises qui ont droit aux crédits d’impôt de recherche et développement à dépenser 10 % de la valeur de cet avantage fiscal auprès de PME canadiennes.

Quoi qu’il en soit, Opal-RT aimerait se diversifier encore davantage. L’entreprise songe au secteur des services financiers (banques, courtiers, assureurs et places boursières), qui recourent de plus en plus à la simulation. Pour y parvenir, Opal-RT devra dénicher des programmeurs qui connaissent bien le domaine. Ce ne sera pas une mince tâche compte tenu de la pénurie de main-d’œuvre de pointe en informatique. Certes, mais l’entreprise a déjà relevé des défis bien plus grands.

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