États-Unis

Biden favorable à une procédure de destitution contre Trump

Le candidat démocrate à la Maison-Blanche Joe Biden a appelé hier pour la première fois à lancer une procédure de destitution contre le président des États-Unis Donald Trump, aux prises avec l’affaire ukrainienne, en affirmant qu’il avait « trahi le pays ».

« Pour protéger notre Constitution, notre démocratie, nos principes fondamentaux, il doit être visé par une procédure de destitution », a déclaré l’ancien vice-président de Barack Obama, lors d’un discours devant des partisans dans le New Hampshire.

Donald Trump « piétine la Constitution et nous ne pouvons pas le laisser s’en sortir comme ça », a poursuivi Joe Biden, longtemps favori dans la course à l’investiture démocrate et désormais à égalité au sommet des sondages avec Elizabeth Warren.

Donald Trump « ne conçoit aucune limite à ses pouvoirs », a-t-il déploré.

« Une procédure de destitution, cela ne concerne pas seulement ce que le président a fait, mais aussi la menace que le président représente pour le pays si on lui permet de rester dans ses fonctions. »

— Joe Biden

Joe Biden est au cœur de l’affaire qui a poussé les démocrates de la Chambre des représentants à ouvrir une enquête en vue d’une procédure explosive de destitution : cet été, M. Trump a appelé son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, pour qu’il cherche des informations compromettantes sur le démocrate et son fils, Hunter Biden.

Il accuse depuis régulièrement, sans preuve, son rival démocrate d’être « corrompu ».

Malgré cela, Joe Biden avait été, jusqu’à hier, plus prudent que d’autres candidats démocrates à la Maison-Blanche qui appelaient depuis des semaines à l’ouverture d’une procédure de destitution contre Donald Trump.

Le milliardaire a d’ailleurs encore lancé de nouvelles accusations en réagissant, presque en direct sur Twitter, au discours du démocrate.

« Tellement pathétique de voir Joe Biden l’Endormi, qui avec son fils Hunter, et aux dépens du contribuable, a arnaqué au moins deux pays pour en tirer des millions de dollars, demander une procédure de destitution contre moi – alors que je n’ai rien fait ! »

« Merci d’avoir regardé. Arrêtez de faire obstruction au Congrès. Honorez votre serment. Respectez la Constitution », a rétorqué, ironique, Joe Biden sur Twitter.

Le camp Biden furieux contre Facebook

Par ailleurs, l’équipe de campagne de Joe Biden a critiqué Facebook hier pour son refus de retirer une publicité du président Donald Trump relayant de fausses informations à son égard.

La publicité en question affirme que Joe Biden, lorsqu’il était vice-président de Barack Obama, « a promis 1 milliard de dollars à l’Ukraine si elle limogeait le procureur enquêtant sur l’entreprise de son fils ».

Une affirmation « prouvée comme étant complètement fausse », dénonce l’équipe de campagne de Joe Biden dans un courrier adressé à Facebook, et consulté par l’AFP, alors que l’affaire ukrainienne est au cœur de la procédure de destitution menaçant Donald Trump.

« Il est inacceptable pour n’importe quel réseau social de permettre en connaissance de cause à du contenu délibérément trompeur de corrompre sa plateforme », a commenté dans un communiqué le porte-parole de l’ancien vice-président, TJ Ducklo.

Facebook a répondu que les demandes émanant directement de personnalités politiques n’étaient pas prises en compte pour son programme de vérification de faits.

Une autre candidate à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle de 2020, Elizabeth Warren, avait déjà dénoncé en début de semaine la politique du premier réseau social du monde en matière de messages politiques.

« Facebook n’a désormais aucun problème à diffuser des publicités politiques colportant des mensonges éhontés », a-t-elle tweeté.

La publicité du camp Trump, refusée par CNN, a en revanche été diffusée sur d’autres chaînes américaines du câble, ainsi que sur Twitter et YouTube.

L’ancienne capitale des Confédérés élit son premier maire noir

Montgomery, en Alabama, a élu mardi le premier maire noir de son histoire, un symbole pour cette ville du sud des États-Unis qui a brièvement été la capitale des Confédérés lors de la guerre de Sécession et le berceau de la lutte pour les droits civiques. Le démocrate Steven Reed a obtenu plus de 67 % des voix face à son adversaire, propriétaire d’une chaîne de télévision locale, selon les résultats publiés par les médias locaux. Il doit prendre ses fonctions le 12 novembre. Ce magistrat de 45 ans avait été l’un des premiers juges de l’État à accorder des certificats de mariage aux couples homosexuels, en 2015. Sa victoire est un symbole pour la ville de 200 000 habitants, dont 60 % sont Noirs. C’est à Montgomery que les États esclavagistes avaient fait sécession en février 1861 et décidé de former la Confédération sudiste, dont la ville fut la première capitale. Elle a également été le berceau de la lutte des Noirs pour les droits civiques.

— Agence France-Presse

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