La débâcle est totale

Fort de 62 victoires en saison, le Lightning de Tampa Bay a été éliminé en quatre matchs par les Blue Jackets de Columbus.

Nous allons bien humblement résumer la saison 2018-2019 du Lightning de Tampa Bay en ces mots : 128 points à la poubelle.

C’est ce qu’on peut penser, et c’est probablement aussi ce que pense la direction du Lightning de cette sortie à la fois rapide et renversante, en quatre petits matchs, face aux Blue Jackets de Columbus.

Les Blue Jackets ont gagné 7-3 hier.

Le Lightning a conclu la saison avec 62 victoires, égalant la marque des Red Wings de Detroit de 1995-1996. Dans quelques semaines, à l’occasion de la remise des trophées de la LNH, il n’est pas impossible que l’entraîneur-chef Jon Cooper, le gardien Andrei Vasilevskiy et l’attaquant Nikita Kucherov quittent tous le gala avec, respectivement, le trophée Jack-Adams, le Vézina et le trophée Hart entre leurs mains.

Et puis, tout ça pour quoi ? Tout ça pour rien.

Avant d’aller plus loin, il importe de souligner la qualité du jeu, et aussi l’intensité, des Blue Jackets. On ne sort pas un club comme le Lightning par hasard. Sergei Bobrovsky s’est comporté comme à ses beaux jours, et le défenseur David Savard a eu l’air d’un prétendant au trophée Norris, entre autres merveilles.

C’est sans oublier le flair du directeur général Jarmo Kekalainen, qui a choisi de mettre tous ses jetons sur la table à la date limite des échanges et qui a pris le pari de conserver les gros noms sans contrat pour la prochaine saison (Bobrovsky, Artemi Panarin), en plus d’ajouter d’autres gros noms pour se donner une chance, dont Matt Duchene (il y a sans doute une blague facile à faire sur l’immobilisme du Canadien juste ici, mais bon, ce ne serait pas notre genre).

Ça ne veut pas dire que les Blue Jackets vont s’en aller en grande finale, mais en sortant la puissance du circuit en quatre matchs rapides, c’est un gros pas dans cette direction.

Des changements ?

Maintenant, tout le monde va se poser la même question, à Tampa mais aussi un peu partout sur la planète LNH : que s’est-il passé, au juste ?

Le premier réflexe sera de regarder derrière le banc.

Non, Jon Cooper ne s’en va nulle part – la direction vient de lui accorder une prolongation de contrat de plusieurs saisons –, mais une partie de ce désastre lui revient. Assez rapidement dans cette série, il était clair que les Blue Jackets allaient avoir recours aux tactiques défensives d’une autre époque pour fermer le jeu et forcer le Lightning à tirer la rondelle en fond de territoire.

À un certain moment hier soir, on a vu cinq joueurs des Jackets se masser à leur propre ligne bleue. Mais Cooper n’a jamais été capable de trouver une solution pour permettre à ses gros canons offensifs de se démarquer.

Ensuite, les statistiques vont nous rappeler que Nikita Kucherov, le meilleur marqueur de la ligue cette saison, a conclu cette série avec 4 points en 4 matchs, ce qui n’est pas si mal, mais ce que les chiffres ne diront pas, c’est à quel point monsieur a passé la série à essayer d’arracher la tête aux rivaux, ce qui lui a d’ailleurs valu une suspension d’un match à un bien mauvais moment. Quand l’enjeu est si grand, un joueur d’une telle importance ne peut pas perdre son temps à perdre la tête.

Le pire, c’est que Kucherov n’a pas été le plus mauvais. Steven Stamkos (2 points), Brayden Point (1 point), Yanni Gourde (1 point)… Autant d’absents, et autant de joueurs qui ont pourtant tous été au sommet des marqueurs du club cette saison. On a aussi vu les limites du Lightning en défense, surtout en l’absence de Victor Hedman, blessé.

Ils seront nombreux à exiger des gros changements à Tampa, mais la direction ferait bien de jouer la carte de la patience. Il y a trop de talent dans cette équipe, et puis un jour, ça finira bien par rapporter. Ce n’est pas une consolation, mais des surprises, ça arrive, même des surprises encore plus grosses. Pensons aux Flames de Calgary de 1986, qui avaient sorti la dynastie des Oilers d’Edmonton et de Wayne Gretzky au deuxième tour.

Ce qui n’empêche pas ce triste constat : le Lightning vient de gaspiller une saison presque parfaite. Le genre de saison qui ne passe pas si souvent dans une vie.

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